Farenghia : sur les traces de Niara Bely, entre mémoire de la traite et secrets oubliés

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Dans la ferveur du Festival Rio Pongo, les initiateurs ont entrepris, ce vendredi, 28 novembre 2025 une immersion à Farenghia, un lieu où l’histoire, la mémoire et le mystère se rencontrent.

Plus qu’une simple étape touristique, cette visite s’est imposée comme une confrontation solennelle avec le rôle qu’a joué cette localité, point névralgique du fleuve Rio Pongo, dans la traite négrière transatlantique.

Le fief d’une courtière puissante

Selon les traditions et les enseignements recueillis sur place, Farenghia fut le fief de la puissante courtière Niara Bely. Sa figure, mélange de légende et de réalité historique, plane encore sur les lieux. La visite a permis d’explorer les sites qui témoignent à la fois de son influence considérable et de la souffrance qu’elle a engendrée.

Les traces de l’horreur et du pouvoir

L’un des sites les plus poignants est la « pierre à trois pattes ». Impressionnante et hautement symbolique, elle est présentée comme ayant servi de point d’embarquement – une sorte de « navire de pierre » – pour transporter les esclaves vers l’embouchure du fleuve. Elle marquait la dernière étape à terre d’un aller sans retour vers l’océan.

Il nous a été rapporté que, même après l’abolition, elle continua d’être utilisée pour le transport des populations environnantes, scellant ainsi son rôle de lien entre les époques. Son immobilisation totale et définitive fut la conséquence d’un interdit rituel.

L’exploration s’est poursuivie avec le recueillement sur les tombes des descendants de Louis Lightburn et de Niara Bely. Lightburn, l’un des premiers négriers de la région, était le partenaire commercial et l’époux de Niara Bely. Ces sépultures ancrent l’histoire de Farenghia dans le commerce global de l’époque et se dressent comme des marqueurs physiques de familles qui ont prospéré grâce à l’exploitation humaine.

Mystères et savoir-faire de l’arrière-pays

Au-delà de la cruauté du commerce des esclaves, la visite a révélé d’autres aspects de la vie et de la puissance de Niara Bely.

Nous nous sommes ainsi rendus au bosquet où, selon la tradition, elle faisait fabriquer le fameux savon noir. Ce lieu souligne son rôle non seulement dans la traite, mais aussi dans les savoir-faire locaux et l’économie du quotidien.

Le moment le plus énigmatique fut la découverte du rocher présenté comme la « tablette de Niara Bely ». Ce rocher est réputé être l’instrument sur lequel elle pouvait prédire l’avenir, ajoutant une dimension de pouvoir divinatoire et de sorcellerie à sa figure historique déjà complexe. Ces éléments montrent comment l’histoire de la traite est inextricablement mêlée aux mythes et aux croyances locales.

Un espace de transmission et de résilience

Cette visite s’est voulue un hommage à la mémoire des victimes de la traite et un puissant rappel : la promotion du riche patrimoine de Boffa doit inclure, sans concession, la reconnaissance et l’enseignement des blessures profondes qui ont façonné cette région.

Farenghia n’est pas un lieu que l’on oublie, c’est un lieu qui instruit.

Mosaiqueguinee.com

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