CRIEF: jugé pour détournement de deniers publics, Almamy Condé liste ses biens et réfute les accusations

il y a 13 heures 18
PLACEZ VOS PRODUITS ICI

CONTACTEZ [email protected]

Le procès d’Almamy Condé s’est ouvert jeudi 14 mai 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et financières. Cet inspecteur de services financiers et comptables est poursuivi pour des faits présumés de “détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux”. Devant cette juridiction, il a rejeté systématiquement ses accusations. Ce prévenu déclare être victime d’un acharnement de la part de certains de ses anciens collaborateurs. Almamy Condé déclare avoir intégré la fonction publique en 2002. « Depuis cette date, je n’ai bénéficié que d’un seul acte administratif. Celui de ma nomination comme chef de la section des opérations en devises et du compte de contrepartie au Trésor public par intérim, du 5 mars 2012 au 28 avril 2022. A ce poste, je n’étais nullement en contact direct avec les fonds publics. Je n’intervenais ni dans l’ordonnancement ni dans l’engagement des dépenses. Mes prérogatives se limitaient à recevoir les dossiers de dépenses de l’administration centrale afin de les ventiler entre les différents postes comptables compétents à les traiter, notamment le payeur général du Trésor pour les dépenses de l’administration centrale ou l’agent comptable central du Trésor pour les opérations en devises. Entre 2012 et 2022 je percevais un salaire mensuel d’un peu plus de 4 millions de francs guinéens », a-t-il expliqué.

Amené à déclarer ses biens, Almamy Condé affirme avoir acquis un terrain en 2017 à Boulbinet Mosquée pour un montant de 350 000 dollars sur lequel il a construit avec un associé turc, un immeuble R+10, un immeuble R+2 à Matoto, un immeuble R+7 à Kipé acquis à 4 milliards 500 millions de francs guinéens, deux stations-service UTS, l’une située à Khorira, dans la préfecture de Dubréka, et l’autre à Koumban, dans la préfecture de Kankan.

Propriétaire de tous ces biens, la Cour présidée par le juge Alpha Camara a alors cherché à savoir leur origine. Dans sa justification, le prévenu a fait remarquer qu’il évolue dans le secteur agricole depuis plus de vingt ans. « J’ai des plantations à Koumban dans mon village natal situé dans la préfecture de Kankan, ainsi qu’à Boké. Je posséde également un champ de riz de 50 hectares à Forécariah et un autre de 1 500 hectares à Kouroussa. Je dispose d’une rizerie à Kouroussa depuis plus de dix ans », soutient Almamy Condé. D’ajouter : « j’ai une carrière de granite à Bawa acquise en 2014 avec un associé pour environ 100 000 dollars, une ferme avicole à Dubréka »

Parlant de ses biens mobiliers, M. Condé note qu’il a quatre véhicules dont une Toyota Land Cruiser V8 achetée à 12 000 euros, ainsi que cinq tracteurs basés à Kouroussa ». 

Répondant à une question du juge, le prévenu a laissé entendre que l’essentiel de ses biens a été acquis sans actes notariés mais sur la base de la confiance auprès de ses amis soulignant de passage que c’est par amour pour son pays qu’il a qu’il a décidé d’investir en Guinée.

Pendant que la Cour s’apprêtait à poursuivre ses questions à l’endroit du prévenu, les trois avocats qui assurent sa défense demandent un renvoi de l’affaire. Une manière pour eux d’accéder aux pièces de la procédure. Au même moment, ils ont sollicité la mise en liberté de leur client.

Invité à donner son avis, le ministère public ne s’est pas opposé à la première demande. Cependant, il a jugé inopportune la remise en liberté du prévenu Almamy Condé. Par ailleurs, Biwon Millimouno a sollicité de la Cour une saisie conservatoire de tous ses biens. Demande acceptée par la Cour qui, dans un premier temps, a ordonné la saisie conservatoire des comptes bancaires de la rizerie de Kouroussa, des comptes personnels du prévenu ainsi que de plusieurs de ses biens, à savoir: les immeubles R+4, R+2 et le duplex situés à Kountia, l’immeuble R+10 de Boulbinet Mosquée, l’immeuble R+2 de Matoto, l’immeuble R+7 de Kipé, les deux stations-service UTS de Khorira et de Koumban, la carrière de granite de Bawa ainsi que la ferme avicole située à Kobian, dans Dubréka.

Dans la même décision, le juge a ordonné au gouverneur de la Banque centrale de Guinée d’inviter les directeurs des banques primaires de la place à révéler les comptes ouverts dans leurs livres au nom d’Almamy Condé, de ses épouses et de ses enfants, et à fournir, le cas échéant, les relevés desdits comptes.

Dans la même lancée, il a instruit aux conservateurs fonciers de Conakry, de Kindia et de Kankan, ainsi que la Direction nationale des domaines et du cadastre, d’identifier les biens immobiliers appartenant au prévenu, à ses épouses et à ses enfants sur un delai de deux semaines avant de renvoyer l’affaire au 20 mai pour la suite des débats.

Affaire à suivre!

Lebêré Baldé

L’article CRIEF: jugé pour détournement de deniers publics, Almamy Condé liste ses biens et réfute les accusations est apparu en premier sur Mediaguinee.com.

Lire l'article en entier