CELLCOM hors de la zone de couverture: Abdoulaye Barry interpelle l’Etat à prendre ses responsabilités !

il y a 21 heures 92
PLACEZ VOS PRODUITS ICI

CONTACTEZ [email protected]

Depuis plusieurs années, la société de téléphonie mobile CELLCOM traverse une période particulièrement difficile. Ses employés évoluent dans des conditions de travail précaires, une situation qui s’est davantage détériorée ces derniers mois.

En effet, les salaires des travailleurs accusent plusieurs mois d’arriérés, plongeant de nombreuses familles dans une situation de grande vulnérabilité. Dans un entretien accordé à notre rédaction ce mercredi 7 janvier 2026, Abdoulaye Barry, Secrétaire général de la Fédération syndicale autonome des télécommunications (FESATEL), a dénoncé cet état de fait et interpellé les autorités compétentes.

Selon lui, si le nouveau propriétaire de l’entreprise n’est pas en mesure d’honorer ses engagements, il devrait soit céder la société à un autre investisseur, soit procéder à sa liquidation.

« La situation à CELLCOM est difficile, très difficile. CELLCOM fonctionne encore, je pense, avec une licence 3G, alors que nous sommes déjà à l’ère de la 5G ; la technologie évolue rapidement. Sa licence est même arrivée à expiration et n’a pas pu être renouvelée. Il y a certes un nouvel actionnaire qui a racheté l’entreprise, mais depuis son arrivée, les travailleurs sont payés en retard et il y a eu des pertes d’emplois. On ne comprend pas. Le régulateur, l’ARPT, n’a pas joué pleinement son rôle. Lorsqu’un investisseur veut entrer dans le secteur des télécommunications, il doit se conformer à un cahier des charges avec des exigences précises. Est-ce que ce cahier des charges a été soumis au nouvel acquéreur de CELLCOM ? Nous n’en savons rien. Ni la délégation syndicale, ni la fédération n’ont été associées ou informées. C’est subitement que nous avons appris, à travers une note, l’arrivée d’un nouveau propriétaire », a-t-il dénoncé.

Abdoulaye Barry précise que les syndicats n’avaient pas élevé le ton à l’époque, « parce que les emplois n’étaient pas menacés ». Mais aujourd’hui, regrette-t-il, des postes ont été supprimés et de nombreux autres sont en danger.

« Depuis l’arrivée de notre compatriote guinéen à la tête de l’entreprise, c’est la souffrance totale. Et il est regrettable que les autorités du secteur n’interviennent pas, alors qu’elles sont parfaitement informées de la situation. Que ce soit le directeur général de l’ARPT, Madame la ministre des Postes et Télécommunications ou encore le ministre du Travail et de la Fonction publique, tous sont au courant. Pourtant, des Guinéens sont aujourd’hui brimés dans leurs droits : ils travaillent un mois sans être payés, deux mois sans salaire. Ce n’est pas acceptable. Dans des pays comme le Sénégal ou la Côte d’Ivoire, une telle situation n’est pas tolérée, parce que les autorités s’impliquent réellement. En Guinée, malheureusement, nos autorités savent tout, mais ne réagissent pas », a-t-il déploré.

Le Secrétaire général de la FESATEL appelle l’État à s’impliquer davantage dans la gestion des entreprises du secteur des télécommunications. Il précise que, malgré les multiples démarches entreprises, le salaire d’au moins un mois reste toujours impayé.

Il invite ainsi l’État à prendre ses responsabilités face aux sociétés « qui ne peuvent ni payer leurs travailleurs, ni investir pour assurer leur survie ». « La meilleure solution, c’est de mettre l’entreprise en liquidation, régler les droits des travailleurs et fermer, comme cela a été fait par le passé avec Intercel », a-t-il conclu.

Par ailleurs, Abdoulaye Barry a indiqué avoir saisi l’Inspection générale du travail concernant la situation des employés de CELLCOM, dans l’espoir de trouver une issue favorable à cette crise sociale.

MohamedNana BANGOURA

Lire l'article en entier