PLACEZ VOS PRODUITS ICI
CONTACTEZ [email protected]
Depuis la nomination du nouveau Ministre en charge de l’Assainissement, la lutte contre l’insalubrité a changé de dimension dans la capitale guinéenne. Longtemps perçue comme une fatalité urbaine, l’insalubrité fait désormais l’objet d’une riposte frontale, structurée et assumée par l’État. Arrestations pour dépôts anarchiques d’ordures, poursuites contre les auteurs d’incivisme environnemental, réorganisation des acteurs de terrain : le signal est clair, l’impunité n’est plus de mise.
En quelques semaines seulement, des centaines de personnes ont été interpellées à travers les différentes communes de Conakry pour des actes liés à l’insalubrité, notamment le déversement sauvage d’ordures sur la voie publique, l’obstruction des caniveaux et le non-respect des règles élémentaires d’hygiène collective. Ces mesures coercitives, loin d’être arbitraires, s’inscrivent dans une volonté politique assumée de rétablir l’autorité de l’État dans la gestion de l’espace public.
Déjà, les effets commencent à se faire sentir : les ménages, désormais conscients du risque réel de sanctions, modifient progressivement leurs comportements. La peur du gendarme cède peu à peu la place à une prise de conscience citoyenne, indispensable à toute politique durable d’assainissement.
Une approche globale de toute la chaîne de l’assainissement
Au-delà des interpellations, le Ministère a engagé une réforme profonde de l’ensemble de la chaîne de gestion des déchets. L’action gouvernementale ne se limite pas à la répression : elle s’attaque simultanément aux causes structurelles du désordre.
La réorganisation des PME de précollecte est en cours, afin de mettre fin à l’anarchie, à l’irrégularité des services et aux pratiques informelles qui fragilisaient le secteur. Parallèlement, les chefs de quartiers et de secteurs sont désormais pleinement impliqués dans le dispositif, devenant des relais de vigilance, de sensibilisation et de contrôle communautaire. Cette articulation entre l’autorité publique, les opérateurs techniques et les leaders de proximité marque une rupture avec les anciennes approches dispersées.
Dans le même temps, un nouveau modèle national de financement de l’assainissement est en cours d’élaboration. Il vise à doter durablement le secteur de ressources stables, traçables et suffisantes, afin de rompre définitivement avec la dépendance aux subventions irrégulières et aux financements de crise. Ce futur mécanisme, fondé sur une logique de mutualisation nationale, constitue l’un des piliers de la réforme en profondeur engagée.
Le pari stratégique du Chef de l’État : unifier pour mieux gouverner
La dynamique observée aujourd’hui est l’illustration concrète du pari audacieux posé par le Chef de l’État en décidant de regrouper les questions d’assainissement au sein d’un même département ministériel, doté d’une vision, de leviers d’action et d’une autorité renforcée. Ce choix institutionnel, salué par de nombreux observateurs, permet enfin une lecture unifiée des enjeux, une cohérence stratégique et une meilleure coordination des interventions de l’État.
Les résultats commencent à être visibles : dans plusieurs quartiers de Conakry, des tas d’immondices qui faisaient partie du décor depuis des années ont progressivement disparu. Certes, le chemin reste long et les défis demeurent immenses, mais la tendance est désormais enclenchée. L’inaction a cédé la place à l’action, le fatalisme à la responsabilité.
Sensibilisation, fermeté et responsabilité citoyenne : le triptyque du changement
La stratégie actuelle repose sur un équilibre assumé entre :
• La fermeté de l’État, à travers les sanctions ;
• La réforme structurelle du secteur, par l’organisation des acteurs ;
• La sensibilisation des populations, indispensable pour un changement durable des comportements.
L’objectif affiché est clair : faire de l’assainissement non plus une contrainte subie, mais un réflexe citoyen, un élément central de la culture urbaine et du civisme moderne.
Une initiative salutaire à saluer
Il convient de le dire sans détour : la démarche engagée par les autorités mérite d’être saluée, encouragée et accompagnée. Dans un pays où l’insalubrité est devenu au fil du temps un véritable problème de santé publique, d’image et de gouvernance, l’offensive actuelle marque un tournant décisif.
Le combat est exigeant, parfois impopulaire, mais il est nécessaire, courageux et porteur d’espoir. Avec la dynamique en cours, la sensibilisation progressive des citoyens et la mise en place imminente d’un mécanisme moderne de financement, la Guinée est peut-être en train d’écrire les premières pages d’une nouvelle ère de salubrité urbaine.
Mosaiqueguinee.com
.png)
il y a 1 heur
14




















English (US) ·