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L’année 2026 s’annonce comme un test majeur pour la gouvernance démocratique en Afrique. Selon une analyse inspirée de l’Africa Center for Strategic Studies, onze pays du continent doivent organiser des élections présidentielles – parfois couplées à des législatives – dans des contextes politiques, sécuritaires et institutionnels très contrastés. Entre scrutins compétitifs, élections à l’issue largement prévisible et processus menacés par les conflits armés, le paysage électoral africain de 2026 illustre la diversité, mais aussi les fragilités persistantes, des systèmes politiques du continent.
Sur ces onze pays, seule une moitié environ devrait connaître des élections réellement ouvertes. Dans les autres, la longévité exceptionnelle des dirigeants en place, rendue possible par le contournement ou la suppression des limitations constitutionnelles de mandat, pèse lourdement sur la crédibilité des scrutins. L’Ouganda, la République du Congo, Djibouti et le Soudan du Sud incarnent cette tendance : leurs présidents gouvernent depuis au moins quinze ans, parfois depuis plus de quatre décennies, au prix de coûts économiques, politiques et sécuritaires croissants.
Ehiopie et Somalie : des élections sous l’ombre des conflits
La Somalie et l’Éthiopie organiseront leurs élections dans un climat de violence persistante. En Éthiopie, le scrutin parlementaire de juin 2026 sera le premier depuis la fin officielle de la guerre du Tigré en 2022, un conflit qui a fait des centaines de milliers de victimes. Malgré des réformes électorales ouvrant davantage l’espace politique à l’opposition, les défis sécuritaires et la faible tradition d’élections compétitives rendent l’exercice délicat pour ce pays de 130 millions d’habitants.
En Somalie, l’élection présidentielle prévue en juin 2026 se tiendra alors que le groupe Al-Shabaab a regagné du terrain et que les menaces dans le golfe d’Aden et la mer Rouge continuent de perturber l’un des couloirs maritimes les plus stratégiques au monde. Pourtant, malgré son extrême fragilité institutionnelle, la Somalie se distingue par un renouvellement relativement régulier de son élite politique depuis vingt-cinq ans, un fait rare pour un État longtemps considéré comme failli.
Ouganda : Museveni brigue un 7e mandat
Avec cinq scrutins sur onze, l’Afrique de l’Est sera la région la plus exposée en 2026. Outre les enjeux internes de gouvernance et de sécurité, cette zone est de plus en plus influencée par les rivalités entre puissances du Golfe, ce qui pourrait compliquer davantage les processus électoraux.
En Ouganda, le scrutin présidentiel et législatif du 15 janvier ouvrira le calendrier électoral africain. À 81 ans, Yoweri Museveni brigue un septième mandat, marquant quarante ans de pouvoir quasi ininterrompu. La montée en puissance de son fils, Muhoozi Kainerugaba, nourrit les craintes d’une succession dynastique. Face à lui, l’opposant Bobi Wine incarne les aspirations d’une jeunesse majoritaire – près de 33 millions d’Ougandais ont moins de 30 ans – en quête de démocratie, d’emplois et de lutte contre la corruption.
Congo : l’inamovible Sassou Nguesso
En République du Congo, l’élection présidentielle du 22 mars 2026 devrait reconduire Denis Sassou-Nguesso, 82 ans, au pouvoir pour un nouveau mandat. Les précédents scrutins, marqués par des boycotts de l’opposition, une faible participation et des suspensions de partis, laissent peu de place au doute. Cette immobilité politique, dans un pays où près de la moitié de la population a moins de 18 ans et où le chômage des jeunes avoisine les 40 %, fait peser un risque croissant sur la stabilité à long terme.
Djibouti : Guelleh, pour toujours
À Djibouti, Ismail Omar Guelleh, au pouvoir depuis 1999, se dirige vers un sixième mandat après de nouveaux amendements constitutionnels levant la limite d’âge. L’absence de candidats d’opposition et le boycott persistant des principaux partis renforcent l’image d’un scrutin sans véritable enjeu démocratique, malgré la position stratégique majeure du pays sur le détroit de Bab el-Mandeb.
Soudan du Sud : un cas à part
Le Soudan du Sud constitue un cas à part. Les élections présidentielles annoncées pour décembre 2026 pourraient, une fois encore, être reportées. Faute de recensement, de registre électoral actualisé et de constitution permanente, le président Salva Kiir demeure au pouvoir depuis 2009 sans véritable renouvellement du mandat populaire.
Espoirs fragiles et transitions surveillées en Afrique de l’Ouest et australe
À l’inverse, certains pays tentent de consolider ou de reconstruire leurs institutions démocratiques. Au Bénin, le départ annoncé du président Patrice Talon au terme de son second mandat constitue un signal fort dans un contexte continental marqué par la tentation de la présidence à vie. Toutefois, la validation de seulement deux candidatures pour la présidentielle d’avril 2026, ainsi qu’une récente tentative de coup d’État, soulèvent des interrogations sur l’équilibre réel du jeu politique.
La Gambie vivra, en décembre 2026, un moment décisif. La candidature d’Adama Barrow à un troisième mandat, malgré ses promesses initiales de limitation du pouvoir présidentiel, ravive les craintes d’une rechute autoritaire dans ce pays sorti difficilement de vingt-deux ans de régime Jammeh.
En Zambie, l’élection présidentielle et législative d’août 2026 sera scrutée comme un baromètre de la consolidation démocratique après les dérives du passé. La crédibilité de la commission électorale et la forte mobilisation des jeunes électeurs constituent, pour l’heure, des signaux encourageants.
Des modèles démocratiques contrastés
Le Cap-Vert et São Tomé-et-Principe apparaissent comme des exceptions positives. Forts d’une tradition d’élections compétitives et transparentes, ces deux États insulaires devraient organiser des scrutins respectant les standards démocratiques, avec de véritables enjeux de gouvernance et d’alternance.
Au total, les élections africaines de 2026 mettront en lumière un défi central et récurrent : la nécessité de mécanismes efficaces de contrôle du pouvoir exécutif.
Entre dirigeants réformateurs devenus hyperprésidents, transitions inachevées et conflits armés, l’année électorale à venir rappellera que la démocratie sur le continent reste un processus inégal, fragile et profondément politique, dont l’issue dépendra autant des urnes que des rapports de force institutionnels et sociaux.
L’article Afrique : onze présidentielles en 2026, entre urnes, conflits et présidents éternels est apparu en premier sur Guinee360 - Actualité en Guinée, Politique, Économie, Sport.
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il y a 3 heures
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