Affaire Bienvenu Lamah et cie : le parquet demande la requalification des faits en crimes contre l’humanité

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L’étau se resserre autour du colonel Bienvenu Lamah. Jusqu’ici poursuivi pour complicité de meurtre, assassinat, viol et torture, l’officier fait face à une nouvelle offensive du parquet.

Au grand dam du prévenu et de ses conseils, le ministère public a sollicité la requalification des faits en crimes contre l’humanité, invoquant la responsabilité hiérarchique du prévenu.

Dans son réquisitoire, l’accusation a mis en avant la gravité des actes et la connaissance manifeste qu’avait l’accusé des infractions commises.

Pour le ministère public, les exactions commises revêtaient un caractère organisé, planifié et méthodique. Elles visaient une population civile identifiée par son opposition à la candidature de Moussa Dadis Camara à l’élection présidentielle. Le parquet estime que les faits reprochés entrent expressément dans le champ des articles 194 et 198 du Code pénal guinéen, ainsi que de l’article 7 du Statut de Rome.

L’argumentation repose sur le rôle central du colonel à l’époque des faits : en sa qualité d’instructeur et d’unique autorité du centre de formation de Kaliah, il aurait exercé un contrôle effectif sur les recrues impliquées dans le massacre du stade.

« Le colonel Bienvenu Lamah savait, ou ne pouvait ignorer, que ces recrues allaient commettre des actes constitutifs de crimes contre l’humanité. Par ces motifs, le ministère public requiert qu’il vous plaise de requalifier les faits de complicité de meurtre et d’assassinat en crimes contre l’humanité, sur la base de la responsabilité du supérieur hiérarchique », a déclaré le substitut du procureur dès la reprise de l’audience.

Les avocats de la partie civile ont immédiatement appuyé cette demande, rappelant qu’une requalification peut être sollicitée à toute étape de la procédure. Pour eux, les faits poursuivis sont tangibles.

À l’inverse, la défense a accueilli cette requête avec une vive opposition. Les conseils du colonel Bienvenu Lamah soutiennent qu’aucun acte criminel ne peut être imputé à leur client. Selon eux, les conditions juridiques de cette requalification ne sont pas réunies. Ils affirment que le colonel n’occupait pas de fonctions de commandement effectif et n’avait aucune connaissance de la répression sanglante du stade de Conakry.

Me Zézé Kalivogui a notamment fustigé une démarche qu’il juge irrégulière à ce stade avancé du procès. Il a rappelé que son client est un justiciable ayant déjà bénéficié d’un non-lieu en première instance et devant la Cour d’appel de Conakry, rendant, selon lui, cette nouvelle offensive du parquet infondée.

Le tribunal a mis cette question en délibéré pour décision être rendue à l’audience du mardi 13 janvier 2026.

À suivre !

Alhassane Fofana

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