8 mars : “Si une femme insiste sur l’égalité absolue avec l’homme, alors donnez-lui la houe”, dit Siré Bawakaly Kaba, promotrice du N’Ko

il y a 8 heures 38
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À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, célébrée le 8 mars, plusieurs voix se sont exprimées à Kankan autour de la condition féminine et de la place des femmes dans la société. Parmi elles, Mme Siré Bawakaly Kaba, promotrice de l’alphabet N’Ko et prêcheuse, a livré une analyse mêlant références culturelles, religieuses et sociales.

Rencontrée à son domicile au quartier Senkenfara, cette trentenaire rappelle que le 8 mars reste avant tout une journée de lutte et de reconnaissance pour les femmes à travers le monde.

« C’est une journée universelle qui concerne toutes les femmes, quelles que soient leur origine, leur culture ou leur condition sociale. C’est aussi un moment de fierté et de solidarité pour montrer nos capacités et nos réalisations », explique-t-elle.

Comprendre les réalités culturelles

Pour la promotrice de l’alphabet N’Ko, certaines critiques formulées contre les traditions africaines ou les religions proviennent souvent d’une mauvaise compréhension des réalités culturelles.

« Pour être un véritable intellectuel, il faut d’abord maîtriser sa culture et ses traditions avant d’adopter des idées venues d’ailleurs », affirme-t-elle.

Selon elle, la société africaine se trouve aujourd’hui à la croisée de plusieurs influences : les lois héritées de la colonisation, les références religieuses et les traditions locales. Cette coexistence de systèmes différents peut parfois engendrer des contradictions dans la manière d’appréhender les droits et les devoirs de chacun.

Le rôle historique des femmes dans le Mandé

Pour illustrer ses propos, Mme Siré Bawakaly Kaba évoque l’histoire du Mandé, notamment celle de Soundiata Keïta. Elle rappelle qu’à l’époque de l’exil du fondateur de l’empire du Mali à Mema, une délégation comprenant deux femmes avait été envoyée pour le convaincre de revenir libérer le Mandé.

Selon elle, cet épisode témoigne de la place importante qu’occupaient déjà les femmes dans la société traditionnelle et de leur participation aux décisions majeures.

Elle estime que l’organisation sociale reposait alors sur une répartition des rôles fondée sur les capacités et les responsabilités de chacun.

Égalité ou équité ?

Abordant la question de l’égalité entre les hommes et les femmes, Mme Siré Bawakaly Kaba estime qu’il est nécessaire de distinguer l’égalité absolue de l’équité.

« Si une femme insiste sur l’égalité absolue avec l’homme, alors donnez-lui la houe pour aller travailler sous le soleil dans les champs », déclare-t-elle, estimant que certaines tâches physiques particulièrement pénibles ne correspondent pas toujours aux réalités biologiques des femmes.

Pour elle, les traditions africaines et l’islam ont plutôt cherché à organiser une complémentarité entre les rôles des hommes et des femmes, dans une logique de protection et d’équilibre social.

Les hommes appelés à assumer leurs responsabilités

La promotrice de l’alphabet N’Ko estime toutefois que les difficultés rencontrées aujourd’hui par de nombreuses femmes sont en grande partie liées au désengagement de certains hommes.

« Dans l’ordre naturel des choses, l’homme doit travailler pour subvenir aux besoins de sa famille et mettre sa femme à l’abri. Mais aujourd’hui, beaucoup ont abandonné cette responsabilité », regrette-t-elle.

Selon elle, cette situation conduit de plus en plus de femmes à assumer seules les charges familiales et l’éducation des enfants.

L’éducation comme levier d’émancipation

Enfin, Mme Siré Bawakaly Kaba appelle les autorités à renforcer les politiques en faveur de l’éducation des femmes. Elle considère que l’instruction constitue un facteur déterminant pour leur épanouissement et leur participation au développement de la société.

« Si nous connaissions mieux notre culture, nos traditions et notre religion, nous saurions quel chemin mène au véritable équilibre entre les hommes et les femmes », conclut-elle.

Karifa Kansan Doumbouya, correspondant à Kankan 622 47 09 60

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