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À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes célébrée le 8 mars, la rédaction de Mediaguinee s’est entretenue au téléphone avec la magistrate Juliette Mamy. Dans cette interview, elle revient sur la signification de cette journée, son parcours dans la magistrature, les défis liés à la condition féminine en Guinée et adresse un message d’espoir et de responsabilité aux jeunes filles et aux femmes engagées dans la société.
Mediaguinee : Que signifie pour vous la Journée internationale des droits des femmes célébrée chaque 8 mars ?
Juliette Mamy : Merci vraiment pour cette interview. Vous me permettrez, avant de répondre à vos questions, de rendre un vibrant hommage à toutes les femmes, en particulier aux magistrates de Guinée.
Pour répondre à votre première question, pour moi, la Journée internationale des droits des femmes est avant tout un moment de réflexion, de reconnaissance et d’engagement. C’est une occasion de saluer les combats menés par les femmes à travers le monde pour l’égalité, la dignité et la justice, mais également de mesurer le chemin qui reste à parcourir.
Mediaguinee : Vous êtes magistrate. Comment avez-vous choisi et embrassé ce métier ?
Juliette Mamy : Mon choix de devenir magistrate est né d’une profonde conviction : celle de servir la justice et de contribuer à la protection des droits des citoyens. Très tôt, j’ai été sensible aux questions d’équité, de respect de la loi et de défense des plus vulnérables. Le métier de magistrat m’est apparu comme une vocation qui permet d’agir concrètement pour la justice et l’État de droit.
Mediaguinee : Vous êtes également fille, épouse et mère de famille. Croyez-vous à une réelle égalité entre les hommes et les femmes, telle que réclamée par les structures de défense des droits des femmes ?
Juliette Mamy : Je crois profondément à l’égalité en dignité et en droits entre les hommes et les femmes. Cependant, l’égalité ne signifie pas forcément la négation des différences naturelles ou sociales. Elle signifie plutôt que chaque femme doit avoir les mêmes opportunités d’accès à l’éducation, aux responsabilités, à la justice et à la participation à la vie publique.
Mediaguinee : Dans le contexte guinéen, quelles solutions ou propositions suggérez-vous pour améliorer les conditions de vie des femmes ?
Juliette Mamy : Pour cette question, plusieurs pistes me paraissent essentielles :
- renforcer l’accès des femmes à l’éducation, qui demeure la clé de l’autonomie et de l’émancipation ;
- promouvoir l’autonomisation économique des femmes, notamment à travers l’entrepreneuriat et l’accès au financement ;
- renforcer la protection juridique des femmes en luttant contre les violences basées sur le genre et les discriminations ;
- encourager la participation des femmes aux instances de décision dans l’administration, la politique et les institutions publiques.
Mediaguinee : Quel conseil donneriez-vous aux jeunes filles pour réussir leur avenir et s’affirmer dans la société ?
Juliette Mamy : C’est une question très importante. Je dirais aux jeunes filles de croire en elles-mêmes, de ne jamais renoncer à leurs ambitions et de faire de l’éducation leur priorité. La persévérance, la discipline et l’intégrité sont des valeurs essentielles pour réussir.
Mediaguinee : Beaucoup appellent à la légalisation complète de la polygamie et du mariage coutumier en Guinée. Quel est votre avis sur cette question ?
Juliette Mamy : Cette question est complexe car elle touche aux réalités sociales, aux traditions et au cadre juridique. Il est important que toute réforme en la matière se fasse dans le respect des droits fondamentaux, de la dignité de la femme et de la stabilité de la famille.
Mediaguinee : Quel message souhaitez-vous adresser aux femmes afin qu’elles soient davantage au centre des grandes décisions publiques ?
Juliette Mamy : Je voudrais dire aux femmes qu’elles doivent croire en leurs capacités de leadership et s’impliquer davantage dans la vie publique. Les femmes ont une vision, une expérience et une sensibilité indispensables à la construction d’une politique publique équilibrée.
Il est donc essentiel qu’elles s’organisent, se forment, s’engagent dans les espaces de décision et soutiennent mutuellement leurs initiatives. Nous, les femmes, devons nous soutenir, croire en notre potentiel et aider les futures générations.
Merci vraiment pour ce moment.
Interview réalisée par Christine Finda Kamano
L’article 8 mars – « Les femmes doivent croire en leur leadership » (Juliette Mamy, magistrate) est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
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il y a 18 heures
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