8 mars à Kindia : à Koliady 1, les femmes maraîchères réclament plus de soutien pour renforcer leur activité.

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À Koliady 1 dans la commune urbaine, les femmes maraîchères cultivent l’espoir malgré de lourdes difficultés.

Dans plusieurs secteurs de la localité situés en banlieue du centre-ville, les jardins potagers de Koliady 1 sont devenus un véritable espace de survie pour plusieurs femmes. À l’occasion du mois de mars consacré aux droits des femmes, ces maraîchères témoignent des réalités quotidiennes qui marquent leur activité : un travail essentiel pour leurs familles, mais confronté à de nombreux obstacles.

Dès les premières heures de la matinée, les parcelles de culture s’animent. Munies d’outils rudimentaires, des femmes s’emploient à entretenir les planches de laitue et d’autres cultures maraîchères. Pour la plupart d’entre elles, cette activité constitue la principale source de revenus.

Mamaïssata Camara explique que le processus de production demande beaucoup d’efforts et d’investissements : << nous commençons par acheter de l’humus pour fertiliser les buttes. Ensuite, nous semons les graines. Quand les plants grandissent, nous les repiquons sur les planches préparées. Après, nous utilisons de l’engrais et parfois des produits pour protéger les cultures. Une fois la récolte faite, nous allons vendre au marché, pour pouvoir nourrir nos familles >>, confie-t-elle.

Cependant, la hausse du coût des intrants agricoles rend l’activité de plus en plus difficile : << les produits coûtent très cher. Un chargement de terreau peut atteindre 120 000 francs et un sac d’engrais environ 480 000 francs. Pourtant, c’est ce travail qui nous permet de payer l’école des enfants, les soins de santé et d’autres besoins. Nous demandons l’aide des autorités et des personnes de bonne volonté >>, lance-t-elle.

Au-delà du coût des intrants, l’accès à l’eau demeure l’un des problèmes majeurs pour ces travailleuses agricoles. Mariame Sylla affirme que l’arrosage des cultures devient particulièrement compliqué, pendant la saison sèche : << je viens au champ dès 6 heures du matin, pour pouvoir trouver un peu d’eau, afin d’arroser mes plants. Après cette heure, il est presque impossible d’en avoir, sauf tard, dans la nuit. Nous sollicitons l’appui de l’État pour résoudre ce problème d’eau et faciliter l’accès à l’engrais >>, explique-t-elle.

Pour Fatoumata Camara, mère de cinq enfants, le maraîchage représente le pilier de la vie familiale : <<c’est grâce à ce jardin que je nourris mes enfants et que je m’occupe de leur éducation et de leur santé. Avant, nous avions un groupement qui nous aidait, mais aujourd’hui, il n’existe presque plus. Chacune se débrouille avec ses propres moyens >>, regrette-t-elle.

Elle souligne également les conséquences des carrières de sable et de graviers situées non loin des champs, qui contribuent à dégrader progressivement les terres cultivées : <<pendant l’hivernage, beaucoup de légumes sont détruits. Les routes sont aussi très mauvaises. Après la récolte, nous sommes souvent obligées de porter les légumes sur la tête, jusqu’à la route principale >>, ajoute-t-elle.

De son côté, Mamata Camara, présidente du groupement Sobè, déplore l’arrêt de l’accompagnement dont bénéficiaient autrefois les femmes du site : <<notre groupement comptait une trentaine de femmes, mais aujourd’hui il n’est presque plus actif, faute de soutien. Pourtant, nous produisons plusieurs variétés de légumes. Avec un appui en outils et en intrants agricoles, nous pourrions améliorer notre production >>, affirme-t-elle.

Malgré ces nombreuses contraintes, les maraîchères de Koliady 1 restent convaincues du potentiel de leur activité. Elles estiment que le maraîchage peut constituer un levier important d’autonomisation économique pour les femmes, à condition de bénéficier d’un accompagnement adapté.

En ce mois dédié à la promotion des droits des femmes, elles espèrent que leurs préoccupations seront entendues et que des solutions concrètes seront apportées pour améliorer leurs conditions de travail et renforcer ce secteur vital pour de nombreuses familles.

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