Une jeune fille « violée » par des médecins à Conakry : témoignage glaçant

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En un laps de temps, sa vie a terriblement basculé. Une jeune fille de 25 ans aurait été violée par deux médecins, à Conakry. Le premier cas de viol aurait conduit à une grossesse, que les mêmes médecins ont décidé d’interrompre par tous les moyens. A cause des interventions chirurgicales qu’ils lui ont fait subir, la victime a finalement perdu son utérus et a eu une fistule obstétricale. Dans une vidéo réalisée par l’ONG « Femmes développement et droits humains » (F2DH), la jeune fille a raconté l’histoire dramatique qu’elle a vécue.

C’est un problème de tension qui a conduit la jeune fille à l’hôpital. Elle s’est rendue dans une clinique privée, située au quartier Entag (en haute banlieue de Conakry), qui est gérée par un médecin qu’elle connaît très bien. Selon ses explications, ce médecin lui avait fait plusieurs avances, qu’elle a refusées. Il aurait profité donc de l’occasion qui s’est offerte à lui pour la droguer et la violer.

« Quand je suis arrivée dans la clinique, j’ai trouvé qu’il y avait du monde là-bas. Quand Patrice (médecin) m’a vue, il m’a dit d’aller dans la chambre où ils ont l’habitude de consulter les gens, je me suis rendue directement là-bas. Il (le médecin) est venu me demander si j’ai pris le petit-déjeuner, j’ai dit non, je n’ai rien pris d’abord. Il m’a laissée là-bas pour sortir. Quelques instants après, il est revenu avec du jus et une injection. Je lui ai dit que je ne prends de jus. Il m’a dit : si tu ne prends pas ça, tu ne pourras pas prendre de médicaments.

J’ai alors pris un peu de jus, après il m’a injectée. Après avoir pris l’injection, j’ai perdu connaissance, je ne savais plus ce qu’il se passait. Et lorsque je me suis réveillée, j’ai trouvé que j’étais nue et je n’ai pas vu Patrice. Ce jour-là, je me suis sentie humiliée. Je suis sortie, sans rien dire, je suis rentrée chez moi. Tellement que j’avais honte, je n’ai pas expliqué à mes parents ce qui m’est arrivé », a-t-elle narré dans la vidéo visionnée par Guineematin.

Quelque temps après, la victime, n’ayant pas vu ses règles, décide de repartir voir le médecin en question. Ce dernier lui fait un test de grossesse et lui dit que le résultat est négatif. Mais quelques jours plus tard, elle commence à ressentir des douleurs et retourne voir encore le même médecin. Cette fois-ci, Patrice lui dit qu’elle est effectivement enceinte. Ne voulant pas porter une grossesse issue d’un viol, la jeune fille s’entend avec son violeur pour avorter. A la demande du médecin, ils vont dans une autre clinique située à Cosa pour faire l’avortement.

« Quand je suis arrivée dans cette clinique, Patrice m’a fait rentrer dans une salle et m’a fait coucher. Il a dit que mon vagin est très petit, donc il s’est couché sur moi ce jour-là encore pour me violer. Ensuite, il a introduit les instruments qui devaient servir à faire l’avortement dans mon vagin, j’ai aussitôt crié, parce que ça me faisait très mal. Lorsqu’il a entendu les gens demander ce qu’il se passait, il m’a tapée. Je suis descendue directement du lit, j’ai dit que je ne peux pas faire ça. Il m’a alors remis 100 000 francs et m’a dit d’aller voir son ami médecin qui s’appelle Célestin pour lui dire de m’aider à avorter, mais sans dire son nom. Il a dit que si je le dénonce, il va dire que je suis sa copine et qu’on sortait ensemble depuis longtemps », confie la fille.

Malheureusement pour elle, cet autre médecin, qui devait l’aider à avorter, abuse aussi d’elle dans sa clinique. Elle rentre chez elle choquée et complètement perdue. Le même jour, son premier violeur l’appelle au téléphone et lui demande de revenir dans sa clinique pour faire l’avortement. Décidée à se débarrasser de cette grossesse non désirée, elle repart le lendemain matin à la clinique. Après plusieurs tentatives d’avortement forcé sans succès, et qui ont beaucoup affaibli la jeune fille, les deux médecins : Patrice et Célestin décident de passer par une césarienne.

Ils font croire à sa famille qu’elle a un kyste et qu’il fallait l’opérer urgemment. Mal faite, l’opération n’a fait qu’empirer l’état de santé de la jeune fille. Dépassés par la situation, les médecins décident de la transférer dans une clinique située à Dabompa. La jeune fille subit deux autres opérations dans cette autre clinique, avant d’être référée finalement au CHU Ignace Deen, où elle est actuellement hospitalisée. Aujourd’hui, elle a perdu son utérus (elle ne peut plus faire d’enfant) et souffre de la fistule obstétricale.

Saisies de cette situation, des ONG qui luttent contre les violences à l’égard des femmes ont engagé une action en justice, qui a conduit à l’interpellation des agents de santé cités dans cette affaire. Elles ont également lancé un appel à l’aide pour aider la victime à se soigner.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tel. : 628 12 43 62

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