Un pétrolier « battant pavillon guinéen » saisi en Europe : Conakry dénonce une fraude

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 Pour la deuxième fois en moins de deux mois, un pétrolier battant pavillon guinéen a été intercepté au large de la mer du Nord. Le navire Ethera (IMO 9387279), un pétrolier chimique long de 180 mètres construit en 2008, a été saisi dans la nuit du 28 février au 1er mars 2026 lors d’une opération conjointe des forces armées belges et françaises.
Selon les informations disponibles, les forces spéciales belges ont abordé le navire vers minuit, avec l’appui d’hélicoptères et de moyens navals français, avant de l’escorter jusqu’au port de Zeebrugge, en Belgique. Il s’agit de la première opération militaire belge visant un navire suspecté d’appartenir à la « flotte fantôme » russe.
Conakry parle d’un pavillon frauduleux
 
Au moment de son interception, l’Ethera battait pavillon guinéen, selon la garde côtière maritime. Une information immédiatement contestée par les autorités guinéennes, qui dénoncent une utilisation frauduleuse de leur pavillon.
Interrogé par Guineenews ce lundi 2 mars 2026, le Directeur national de la marine marchande, Paul Moussa Diawara, a assuré que la Guinée n’a accordé aucune immatriculation à ce navire :
« Il n’y a aucun contrat entre la Guinée et un navire international. Avoir le pavillon guinéen signifie être immatriculé par l’autorité maritime portuaire, qui est la Marine marchande. Depuis mon arrivée, nous n’avons donné aucune immatriculation à un navire international. Ce secteur est exposé à la fraude, à la contrebande et à des réseaux criminels. Le pavillon guinéen n’est pas le seul concerné. Les pavillons sénégalais, français ou américain font également l’objet de piraterie et de fraude », a-t-il précisé.
Ce que qu’on sait de cette flotte « fantôme »
 
Le pétrolier Ethera figurait sur la liste des sanctions de l’Union européenne depuis le 24 octobre 2025, ce qui lui interdisait l’accès aux ports européens et à certains services maritimes, en raison de pratiques d’expédition jugées irrégulières et à haut risque liées au pétrole russe. Il était également sous sanctions américaines depuis juillet 2025.
Le navire était surveillé depuis plusieurs mois en raison de comportements suspects, notamment des voyages fréquents entre la Russie et l’Amérique du Sud, la désactivation répétée de son système d’identification automatique (AIS) et des changements réguliers de pavillon, notamment vers l’Isle of Man ou le Panama.
Les 21 membres d’équipage ont été identifiés, sans que leurs nationalités ne soient précisées. Le navire reste actuellement immobilisé à la base navale de Zeebrugge, où l’enquête se poursuit.
Une opération saluée et des investigations en cours
 
L’opération a été saluée par plusieurs responsables occidentaux, dont le ministre belge de la Défense Theo Francken et le président français Emmanuel Macron, qui y voient une action importante contre le contournement des sanctions. Les enquêtes se poursuivent et pourraient aboutir à des sanctions financières, une confiscation du navire ou d’autres mesures judiciaires.
Pour rappel, en janvier 2026, un autre navire battant pavillon guinéen, le M.T. Bandra, avait été arraisonné au large du Venezuela par la marine américaine. Le navire avait finalement été relâché après le transfert de sa cargaison de pétrole sous le contrôle des autorités américaines.
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