Transition : Mamadi Doumbouya, seul maître des horloges (Éditorial) 

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Le colonel Mamadi Doumbouya a profité de la tribune du conseil des ministres du jeudi dernier, pour mettre le holà sur les spéculations relatives au quiproquo qui entoure la durée du chronogramme de transition. C’était sans doute, en réplique à la récente sortie du président en exercice de la Cédéao, Umaro Sissaco Embalo.

Dans cette déclaration sans fard, le président de la transition s’est montré rétif à toute injonction visant à raboter la durée de la transition à 24 mois. Le colonel Mamadi Doumbouya entend ainsi rester le seul maître des horloges de cette transition, quoi qu’il en coûte.

Cette sortie du colonel Mamadi Doumbouya vient mettre un terme aux conjectures, qui allaient bon train sur le pourquoi du comment de la friture sur la ligne, qu’il y a eu entre Conakry et Bissau. Suite à la récente déclaration du président Embalo devant Macron, dans laquelle, le bissau-guinéen admettait que la junte guinéenne avait accepté le principe de réduction du chronogramme à 24 mois. Obéissant ainsi aux injonctions de la Cédéao.

Des propos qui avaient courroucé le gouvernement guinéen. Si l’on en croit le démenti du ministre Mory Condé, qui avait suivi du tac au tac, cette sortie du président en exercice de la Cédéao. Nos confrères de Jeune Afrique viendront ensuite confirmer la véracité de la déclaration du président Embalo. En mentionnant noir sur blanc, que les deux chefs d’État s’étaient bel et bien entendus sur les 24 mois, comme durée de la transition. A la faveur de la mission effectuée le 20 juillet dernier par les émissaires de l’organisation régionale à Conakry.

Quant à la raison qui aurait froissé la junte, l’amenant à se rebiffer, après avoir pourtant donné auparavant son accord de principe, sur la réduction de la durée du chronogramme, on pointe l’attitude de l’homme fort de Bissau. Qui aurait confondu vitesse et précipitation.

Et c’est comme si ce fut là en quelque sorte le prétexte tout trouvé pour raidir la position des autorités de la transition. On en est certes pas encore à la rupture de ban avec la Cédéao. Mais la tirade du colonel Mamadi Doumbouya vient confirmer la détermination du gouvernement guinéen à ne pas baisser la garde.

Ainsi, le président de la République a profité du conseil des ministres du jeudi dernier, pour réitérer la nécessité de procéder à des réformes censées remettre le pays à l’endroit.  Aussi douloureuses soient elles, le colonel parie de mener ces réformes à termes.

Dans la foulée, le président aurait fait savoir à l’auditoire que c’est maintenant ou jamais, si l’on veut vaincre les vieux démons du passé. Des résistances, il y en aura à tout bout de champ, mais cela ne devrait pas empêcher le CNRD de changer du tout au tout.

« Il n’est donc point question d’accepter qu’un quelconque rythme nous soit imposé », a martelé le colonel Doumbouya. Prouvant ainsi qu’il demeure le seul maître des horloges, pour le moment.

Que les opposants à la junte se le tiennent donc pour dit.

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