Traite d’êtres humains à N’Zérékoré : ouverture des audiences de 83 prévenus au TPI

il y a 2 heures 14
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Les audiences relatives à l’affaire présumée de traite d’êtres humains impliquant 83 personnes se sont ouvertes ce mercredi 14 janvier 2026 au Tribunal de Première Instance (TPI) de N’Zérékoré. Incarcérés à la demande du parquet, les prévenus sont poursuivis pour escroquerie, traite d’êtres humains et association de malfaiteurs, au profit d’une société de vente en ligne, présentée comme une activité de marketing de réseau.

Dès l’ouverture des débats, la salle d’audience a été marquée par une forte affluence, témoignant de l’attention particulière que suscite cette affaire dans la capitale de la région forestière. À la barre, plusieurs prévenus ont tenté de se défendre, certains allant jusqu’à reconnaître leur implication, tout en exprimant des regrets.

L’un des accusés a ainsi nié avoir procédé à des recrutements directs, tout en admettant un rôle indirect : « Je n’ai recruté personne dans la société. J’ai seulement demandé à mon oncle de payer les produits. Mais lui n’a jamais rejoint la société, malgré son paiement. Je regrette et je demande pardon », a-t-il déclaré devant le tribunal.

Un autre prévenu, se présentant comme une victime d’influence familiale, a expliqué avoir été entraîné dans le réseau par son frère :

« J’étais en aventure. Mon frère m’a appelé pour me dire qu’il avait trouvé une opportunité pour moi. J’ai payé 10 millions. C’est ainsi que je me suis retrouvé à N’zérékoré. Je devais aussi créer mon cercle d’influence », a-t-il affirmé.

Cette notion de « cercle d’influence » a suscité l’intervention du procureur, qui a demandé des éclaircissements. Le magistrat a reproché au prévenu de chercher à manipuler la conscience de personnes vulnérables, en les attirant dans un système aux contours frauduleux.

Visiblement déstabilisé, l’accusé a maintenu que l’initiative provenait exclusivement de son frère.

Ces audiences font suite à l’annonce, le mardi 13 janvier 2026, par le parquet du TPI de N’Zérékoré, de l’interpellation de 83 personnes lors d’une opération menée, le mercredi 7 janvier 2026. Selon les autorités judiciaires, les suspects opéraient majoritairement sous couvert du marketing de réseau, utilisé comme façade pour des activités criminelles organisées.

Les enquêtes révèlent des faits particulièrement graves : recrutement frauduleux, séquestration, exploitation de victimes, dont deux mineurs. Parmi les cas les plus marquants figure celui d’une jeune fille portée disparue depuis plus d’un an et retrouvée à la suite des interpellations.

« Elle était recherchée par ses parents qui ignoraient totalement sa destination. C’est après l’arrestation de ces personnes qu’elle a été retrouvée dans l’une des unités », a confié un cadre du parquet.

Le parquet évoque également le cas d’une autre victime, profondément traumatisée, qui ne parvient plus à identifier son lieu d’origine. Un jeune homme aurait, quant à lui, été attiré par une fausse promesse d’emploi dans les mines. Ses parents auraient versé 1 000 dollars américains, avant que le jeune ne soit privé de son téléphone et coupé de toute communication.

Selon le parquet du Tribunal de première instance (TPI) de N’zérékoré, la majorité des victimes ont été recrutées sous le prétexte d’emplois miniers liés au projet Simandou, avant d’être piégées dans un réseau structuré de traite d’êtres humains.

Les audiences vont se poursuivre dans les prochains jours et devraient permettre de mieux situer les responsabilités individuelles et collectives dans cette affaire d’ampleur, qui relance le débat sur la vigilance des populations, face aux promesses d’emploi et d’enrichissement rapide, dans la région forestière.

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