Syli National : Lappé ou Kaba Diawara, faites vos jeux !

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Mercredi 12 octobre 2021, la Guinée joue son va-tout dans la campagne qualificative pour la coupe du monde Qatar 2022. Au regard des trois précédents résultats face au Soudan et à la Guinée Bissau (la Guinée n’a pris que trois points en trois matchs, ndlr), la rencontre disputée cette nuit-là à Rabat ressemble à un baroud d’honneur pour une équipe qui cherche plus à éviter d’être ridicule qu’à battre l’ogre du groupe I qui n’est autre que le Maroc.

Malheureusement, puisqu’en football, les victoires n’arrivent pas par l’opération du saint esprit, un Syli incapable de battre les faibles de son groupe, ne pouvait créer le miracle face au Maroc. La sentence est prononcée en mondovision. La défaite 1-4 symbolise autant la supériorité des lions de l’Atlas que l’apathie dont fait preuve la Guinée dans cette aventure ou plutôt cette mésaventure.

Alité dans la ville d’Agadir en raison d’une méningite, Didier Six observe l’humiliation de loin. Malade, à l’image de l’équipe, il regarde à la télévision, le Français assiste impuissamment à la mise en évidence de son œuvre. Aussi, il réalise que ses jours sont comptés puisqu’ayant signé un contrat d’objectif avec la Guinée. L’un des objectifs étant la qualif pour le mondial qatari.

En attendant une note officielle, Six est déjà cloué au pilori dans l’opinion. Sa page est tournée si bien que sa succession est évoquée sans cesse par les médias. Pour le remplacer, deux tendances se dégagent. La première est celle de la continuité avec Kaba Diawara et la seconde, celle du recyclage avec Kanfory Lappé Bangoura. Nous vous présentons ainsi ces deux protagonistes parmi lesquels le choix devrait être fait.

Kaba Diawara, le passif de joueur et l’ambition de l’entraîneur

Ancien international guinéen, l’homme qui fait office de sélectionneur adjoint du Syli aujourd’hui n’a jamais caché son envie d’être investi de plus de pouvoir au sein de la sélection guinéenne. Il a d’ailleurs clairement annoncé son désir de coacher la Guinée au moment où il officie comme adjoint de Six.

Forces

Kaba a toute la légitimité pour postuler à la fonction de sélectionneur de la Guinée. Il connaît les rouages du Syli National. D’abord, en tant que joueur, il a vécu dans le giron de la sélection guinéenne pendant cinq années. Disputant au passage une phase finale de coupe d’Afrique des nations en 2006. Ensuite, Diawara a intégré le staff technique de la Guinée en en 20215. Il a depuis occupé plusieurs rôles. Team manager au départ, il est aujourd’hui le premier assistant de Didier Six.

Sa connaissance du groupe actuel est sans équivoque et sa proximité avec les joueurs n’est pas à prouver. Il est d’ailleurs présenté comme le « grand frère » dont l’écoute active est d’un grand soulagement pour plusieurs joueurs. C’est également lui qui a dans une certaine mesure, contribué en dépit de son rôle de second, à modeler l’équipe actuelle en ramenant plusieurs joueurs intéressants dont Saidou Sow et Mohamed Bayo.

En l’absence de Six, son discours semble avoir trouvé un écho favorable auprès des joueurs qui ont montré un bien meilleur visage que celui affiché sous la houlette de Didier. L’ancien attaquant du PSG et de Marseille n’est pas opposé à l’idée d’aller sur un contrat à court terme qui s’étendrait jusqu’à la prochaine phase finale de CAN. Ce qui éviterait le paiement de toute indemnité en cas de séparation.

Dans un contexte économique difficile, il est également une main d’œuvre à moindre coût pour la Guinée. Depuis Titi Camara, ça serait la première fois qu’un international guinéen s’installe à la tête du Syli National.

Faiblesses

Mais, puisqu’il y a bien un « mais », Kaba n’a pas que des forces. Bien au contraire, c’est un profil avec des faiblesses.

Si la proximité avec les joueurs actuels peut être une force, elle peut également constituer une faiblesse. Des familiarités se sont installées et elles pourraient influer sur l’autorité de l’entraîneur qu’il deviendrait. Toutefois, il reviendra à Kaba d’imposer une distance raisonnable de sorte à instaurer une forme de respect en vue de donner de la force à son discours et d’asseoir son emprise sur le groupe.

A côté de ce point, il y a surtout l’inexpérience qu’on pourrait lui opposer. Certes il est au sein du Syli depuis plus de trois ans mais il n’a jamais été dans un rôle de numéro 1. Titulaire d’un diplôme d’entraîneur européen (UEFA A), l’ancien attaquant n’a quasiment jamais exercé. Ce manque de vécu sur un banc de touche peut constituer une faiblesse surtout en marge d’une phase finale de CAN avec tout le cortège de pression qui va avec.

Lappé, le poids d’un lourd passif et la quête d’une seconde chance

A 59 ans, Kanfory Bangoura n’est plus à présenter. Il a quasiment connu tout dans le football guinéen. Aujourd’hui, l’homme ne cache pas son ambition de revenir au sein de la sélection guinéenne et milite d’ailleurs pour obtenir une seconde chance.

Forces

Il a l’âme d’un entraîneur. Plus de 30 ans dans le métier, Lappé est né pour entraîner et cette vocation a pris le pas sur celle de professeur de Géographie qu’il a jadis été. Le technicien qu’il est a dirigé clubs et toutes les catégories de sélections en Guinée avec des succès mais aussi des déconvenues comme le veut le principe de la vie.

A l’image de Kaba Diawara, celui qui est surnommé Trapattoni est un coach bon marché. Sur le plan économique, c’est un ++ qu’il a dans sa colonne. De quoi être un profil intéressant aux yeux d’un État guinéen qui se veut austère.

Après deux phases finales de CHAN (2016 et 2018), Bangoura est revenu dans les grâces d’une bonne partie de l’opinion en janvier 2021 en raison d’un parcours élogieux au championnat d’Afrique des nations qui s’est joué au Cameroun. A la tête de la sélection locale guinéenne, il a fini avec la médaille de bronze en battant le pays hôte lors de la petite finale. C’est d’ailleurs depuis cette expédition camerounaise que son nom est cité régulièrement pour reprendre le Syli National.

Kanfory Bangoura a aussi l’avantage d’avoir contribué à la formation de plusieurs joueurs qui constituent l’ossature actuelle de l’équipe de Guinée. Il les connaît depuis tout petit et cela pourrait laisser croire que son discours pourrait mieux passer auprès du groupe. Lors de son passage à la tête du Syli A, l’équipe malgré les résultats catastrophiques, a produit du jeu et égayé les supporters. C’est peut-être le fruit de cette complicité qui existe entre le technicien guinéen et certains joueurs cadres.

Faiblesses

Comme Kaba, Lappé a des failles, beaucoup de failles d’ailleurs. Son plus gros handicap, son bilan lors de son passage à la tête du Syli. En 12 matchs, il a concédé 7 défaites, décroché 4 victoires et obtenu 1 nul. Entre l’été 2016 et janvier 2018, il aura eu du mal à bâtir un projet viable. Il reste présent dans la conscience collective comme celui qui a essuyé 5 défaites en 6 matchs pendant les éliminatoires de la coupe du monde Russie 2018. La défaite 1-4 concédée face à la Tunisie à Conakry reste l’une des plus grosses claques reçues par la Guinée chez elle.

A côté des résultats, il y a surtout l’incohérence qui a caractérisé sa gestion comme lorsqu’il sélectionne Ousmane Barry Pato qu’il n’avait plus vu jouer depuis des années. Des joueurs d’un niveau faible comme Ibrahima Aminata Condé et Simon Feindouno étaient devenus réguliers dans ses listes. Les critiques ont été tellement acerbes que des suspicions de copinage ont toujours accompagné l’homme dans sa gestion. Lorsque son nom revient, c’est surtout ce point qui est généralement souligné.

Il est cependant incontestable que Bangoura a progressé depuis cette expérience. Le dernier CHAN a prouvé qu’il s’est amélioré dans la communication et dans la gestion des rencontres. Au point d’avoir le niveau de diriger le Syli National ? C’est tout le mystère qu’il faut percer ou pas.

Kaba Diawara ou Lappé Bangoura, une chose est certaine, l’avenir de la sélection guinéenne sera fortement impacté par la décision qui sera prise. Soit la FGF applique un pansement à la plaie béante du Syli, soit elle crève l’abcès, ouvre la plaie et lui administre un traitement définitif afin de s’en débarrasser pour de bon.

En attendant que la situation se clarifie au sein de l’appareil fédéral qui attend toujours les directives de la FIFA, le flou règne. Quoiqu’il en soit, la balle sera dans les pieds de ceux qui devront décider. A eux, d’en faire bon usage.

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