Succession à la tête du MEPU-A : des acteurs de l’éducation donnent leurs avis

il y a 2 heures 12
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Alors que les regards sont tournés vers la formation du nouveau gouvernement suite à la démission de l’équipe du désormais ancien premier ministre Amadou Oury Bah, les acteurs du système éducatif s’interrogent sur le profil idéal du prochain ministre de l’Enseignement Pré-Universitaire et de l’Alphabétisation (MEPU-A).

Entre manque d’enseignants, vétusté des infrastructures et programmes caduques, les défis sont immenses.

Ce secteur aussi névralgique, bien que soutenu par le gouvernement, peine à sortir de l’ornière. Pour comprendre les attentes des enseignants, notre rédaction a recueilli les témoignages de certains professionnels de l’éducation.

Pour Mamadou Bhoye Camara, directeur général du groupe scolaire privé Emmaüs Simbaya (Lambanyi), le choix du futur ministre doit faire l’objet d’un consensus national.

« Celui qui dirigera ce département doit d’abord être un homme du sérail, quelqu’un qui connaît « la maison » de l’intérieur pour éviter les écueils. Il doit être au-dessus du clanisme qui mine nos administrations, compétent et intègre », affirme-t-il.

Mamadou Bhoye Camara insiste sur la nécessité de sortir l’éducation des connotations politiques.

« Ça ne doit pas être un politicien. Nous avons besoin de réformes profondes, de la base au sommet, et non de simples réformettes centrées sur les examens. En 20 ans de carrière, je vois que les programmes n’ont pas évolué alors que le monde change. Il faut oser s’inspirer de ce qui marche ailleurs et opérer une véritable révolution pédagogique », a-t-il indiqué.

De son côté, Alpha Gassim Barry, secrétaire général par intérim de la fédération syndicale professionnelle de l’éducation (FSPE), plaide pour un ministre de terrain, capable d’écouter le cri de cœur des enseignants.

« L’éducation, ce n’est pas seulement Conakry. Il faut aller dans les districts et sous-préfectures où les enfants étudient encore sous des hangars, à même le sol, sans manuels pédagogiques », dénonce-t-il.

Le syndicaliste propose des solutions concrètes notamment la réactivation des centres de formation continue (CFC) et la budgétisation directe des établissements scolaires.

« Aujourd’hui, tout repose sur les cotisations des parents, ce qui est insupportable avec la pauvreté actuelle. L’État doit subventionner les écoles selon leur taille », a-t-il martelé.

Pour ce syndicaliste, le choix d’un enseignant de métier est non négociable à la tête du département.

« Un expert extérieur demandera deux ans pour comprendre les problèmes. Si c’est un enseignant de métier, lui, il s’attaque au mal dès le premier jour », a-t-il indiqué.

Enfin, Moustapha Soumah, professeur d’histoire dans la commune de Matam, appelle de ses vœux à la nomination d’un leader plutôt qu’un simple chef.

« Nous avons besoin d’une personne dotée d’une solide formation universitaire et d’une maîtrise des réformes, mais surtout d’un homme de dialogue qui ne néglige aucune revendication syndicale », explique-t-il.

Selon lui, le futur ministre devra être proactif pour anticiper les conflits et défendre la souveraineté éducative de la Guinée.

« Il faut éviter l’arrogance technocratique et l’imposition de modèles étrangers inadaptés. Le ministre doit être capable de dire non à des réformes improvisées et amener les partenaires internationaux à s’aligner sur nos réalités locales et nos moyens », a-t-il conclu.

Alhassane Fofana

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