Soromaya (Kérouané) : des enfants de Karako privés d’école, faute d’infrastructures et d’enseignants

il y a 2 heures 13
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Karako est une localité située à environ 8 kilomètres de la sous-préfecture de Soromaya et à une soixantaine de kilomètres du chef-lieu de la préfecture de Kérouané. L’accès à l’éducation dans cette bourgade relève du parcours du combattant. Aucun établissement scolaire fonctionnel n’existe, condamnant des enfants à rester en marge du système éducatif, a constaté Guineematin.com à travers l’un de ses reporters.

Privés d’école, les plus jeunes passent leurs journées à appuyer leurs parents dans les travaux champêtres ou à s’adonner aux tâches ménagères. Une réalité qui compromet sérieusement leur avenir et perpétue le cycle de l’analphabétisme dans cette zone rurale.

Pourtant, Karako n’a pas toujours été dépourvue d’infrastructures éducatives.

Moustapha Sanoh, habitant de la localité

« Nous avions une école, mais aujourd’hui nous n’en avons plus. Le bâtiment s’est effondré. Depuis, nos enfants sont privés d’école », a témoigné Moustapha Sanoh, un habitant de la localité, visiblement préoccupé par la situation.

Face à l’inaction et à l’absence de réponse concrète, les habitants ont tenté de prendre leur destin en main. Grâce à des efforts communautaires, une école franco-arabe a été érigée. Mais là encore, un autre obstacle de taille se pose : le manque d’enseignants.

« Nous nous sommes débrouillés pour construire une école franco-arabe. Mais nous n’avons pas encore d’enseignants », a-t-il regretté.

Ce cumul de difficultés met en lumière les inégalités persistantes dans l’accès à l’éducation entre les zones urbaines et rurales en Guinée. À Karako, l’espoir d’un avenir meilleur pour les enfants repose désormais sur une intervention urgente des autorités et des partenaires.

« Nous demandons à l’État et aux bonnes volontés de construire une école primaire pour nous et de trouver des enseignants pour l’école franco-arabe. Nous souffrons énormément. Le seul accompagnement de l’État que nous avons ici, c’est un forage », a lancé Moustapha Sanoh.

Dans l’attente d’une réponse concrète, Karako regarde grandir une génération entière privée d’enseignement scolaire. Entre résignation et espoir, ces enfants continuent de rêver d’un tableau noir, d’un cahier et d’un maître, pendant que le temps, lui, file inexorablement. Faute d’action urgente, c’est tout l’avenir de cette localité qui risque de s’écrire sans école, sans repères et sans perspectives.

Au-delà du cas de Karako, cette situation illustre une réalité plus large et persistante en Guinée, où les difficultés d’accès à l’éducation en zone rurale demeurent un défi majeur. Entre le manque criant d’infrastructures, l’insuffisance d’enseignants qualifiés, l’éloignement des établissements et la précarité des familles, des milliers d’enfants se retrouvent exclus du système éducatif.

Dans ces localités enclavées, aller à l’école relève souvent d’un luxe, voire d’un privilège. Sans une politique volontariste et des investissements ciblés pour réduire ces inégalités territoriales, le fossé entre villes et campagnes continuera de se creuser, compromettant durablement le développement humain et social du pays.

Kaïn Naboun Traoré pour Guineematin.com

Tél. : (+224) 621 144 891

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