Société | Interview avec Alpha Touré, champion de l’engagement citoyen en faveur de la jeunesse guinéenne !

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Notre homme du jour est Alpha Touré. Visionnaire et ambitieux, il s’illustre positivement dans la société civile guinéenne. Président du conseil d’administration de la plateforme Jeunes Solidaires et récipiendaire du prix J-Awards 2022 catégorie Société Civile, Alpha Touré est détenteur d’une Licence en Relations internationales de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia et d’un Master 2 en Politiques publiques de l’Université du Québec à Montréal, au Canada.

Dans l’entretien qu’il a accordé à notre rédaction, il nous parle de sa plateforme, de son parcours et de ses convictions.

M. Touré, pouvez-vous nous présenter la plateforme Jeunes Solidaires, dont vous êtes le fondateur ?
Jeunes Solidaires est une organisation de la société civile (OSC) qui offre un cadre au renforcement des capacités, au réseautage et à la promotion de l’entrepreneuriat jeune et de solutions innovantes en développement durable. Elle est présente en Guinée et dans plusieurs pays à l’international.

Nous intervenons sur deux principaux axes : l’entrepreneuriat et le leadership. En plus de ces deux thématiques, nous en avons deux autres qui sont transversales à chacune de nos activités. Il s’agit de l’engagement civique et de l’environnement.

Intéressant ! Dans ce contexte propre à la Guinée, avez-vous rencontré des difficultés majeures ?
Oui, surtout au démarrage de nos activités. Nous nous sommes confrontés, il faut l’avouer, à des enjeux parfois difficiles à gérer et qu’heureusement nous avons pu surmonter. Ils étaient liés aux mentalités et à l’environnement socio-politique.

Quelle est la particularité de votre plateforme ?
Ce qu’il faut tout d’abord préciser, c’est que Jeunes Solidaires est une organisation de la société civile guinéenne avec plusieurs particularités. En fait, en Guinée, les gens ont pris l’habitude de dupliquer des OSC déjà existantes dans d’autres pays. Je ne veux pas dire que le benchmarking [ndlr : comparaison d’un projet avec les meilleures structures ou pratiques d’un même domaine] est mauvais en soi mais dans ce cas de figure, quelque soit la facilité de communication et de mobilisation de ressources, beaucoup de données que vous collectez risquent d’être erronées, par manque d’immersion et d’enquêtes sérieuses sur les objectifs, les résultats attendus et les stratégies mises en œuvre par les organisations auxquelles vous vous comparez.

Jeunes Solidaires, par contre, a été pensé en partant du contexte guinéen et des besoins des jeunes. C’est pourquoi il a fallu tout construire : structure de gouvernance adaptée aux ambitions de l’organisation, outils de communication, philosophie, mode d’action, etc. C’est là un des plus grands enjeux parce que le changement des habitudes peut parfois être un processus long et ardu.

Pour vous donner une idée de nos particularités, Jeunes Solidaires est une organisation mixte dont les adhérents sont à la fois des personnes physiques et des personnes morales (plus de 65 associations membres). Nos services sont offerts exclusivement à nos membres et nos filiales sont aussi bien présentes à l’intérieur du pays qu’au niveau de la diaspora guinéenne, à l’étranger.

À vous entendre, Jeunes Solidaires a de belles perspectives en vue !
Oui ! Après la réalisation de notre premier plan stratégique 2017-2021, nous sommes actuellement en cours d’élaboration d’un autre plan stratégique pour la période 2022 – 2026.

Vous êtes un activiste chevronné qui avez participé à l’élaboration et à l’exécution de plusieurs projets d’intérêt public, surtout dans le domaine de l’entrepreneuriat jeune en Guinée. Pouvez-vous nous dire pourquoi vous avez choisi d’intervenir dans les domaines de l’entrepreneuriat et du leadership ?
Notre positionnement sur ces deux axes stratégiques résulte d’un certain nombre de constats effectués depuis 2015. Tout d’abord, nous avions noté la prédominance de la politique partisane sur les autres secteurs de la vie guinéenne. Cette logique partisane, ayant une grande influence sur certaines catégories de jeunes, désoriente leurs actions. Au lieu de s’engager dans des activités pérennes ayant un impact sur leur développement personnel et sur celui de leurs localités, ils focalisent plutôt leurs énergies dans des mouvements de culte de la personnalité, pour la recherche de l’argent facile.

Pour cette catégorie de jeunes, nous avons pensé que l’offre de services d’une ONG devait aller au-delà de simples activités de sensibilisation ou d’ateliers de formation de masse et plutôt viser celles favorisant un démarrage effectif d’entreprises ou une création d’emplois, grâce à un processus continu de formation et d’accompagnement. C’est pourquoi nous avons opté, dès la création de Jeunes Solidaires, pour un changement de paradigme au niveau de la société civile guinéenne.

Au-delà des projets interminables de sensibilisation, des ateliers de renforcement des capacités et des discours soporifiques, il faut des programmes plus concrets, plus adaptés aux besoins des bénéficiaires, plus impactants et plus durables.

L’autre approche que nous privilégions à Jeunes Solidaires est la mise en œuvre de projets qui prennent en compte l’engagement citoyen, l’autonomisation et l’impact environnemental. D’où notre ambition de faire de nos pairs jeunes de véritables entrepreneurs sociaux capables de trouver des solutions innovantes et respectueuses de l’environnement, adaptées à des problèmes spécifiques, et tout ceci dans une perspective de création de richesse, d’auto-emploi et de participation au processus de développement de la Guinée.

Si vous deviez nous donner deux mots qui représentent bien Jeunes Solidaires, quels seraient-ils ?
Synergie. Actions.

Quel est votre leitmotiv ?
En tant que Guinéen, j’ai le devoir citoyen d’être utile à mes compatriotes et de participer activement au développement de mon pays. Dans cette perspective, je reste convaincu que l’engagement associatif peut être l’un des moyens les plus efficaces pouvant m’aider à y arriver. Avec les organisations associatives, notamment Jeunes Solidaires, je contribue ainsi à la création d’opportunités d’emploi, de formation, de voyages d’échange d’expériences, de création d’entreprises dans plusieurs secteurs, … Bref, à l’insertion socio-professionnelle de mes pairs jeunes.

Il y a quelques mois, vous avez été récipiendaire du prix J-Awards 2022 (le plus grand prix de reconnaissance de la jeunesse guinéenne) dans la catégorie Société Civile, ce qui fait de vous l’activiste de l’année. Avez-vous des commentaires sur cette distinction ?
Vous savez, on ne s’engage pas pour avoir une récompense. Mais lorsque vous êtes récipiendaire d’un tel prix, cela est extrêmement important au niveau symbolique. Ce prix peut aussi être considéré comme une reconnaissance de nos efforts et un indicateur d’appréciation de nos actions par nos compatriotes. C’est donc avec beaucoup d’humilité et de reconnaissance envers la structure organisatrice mais également envers tous les membres de Jeunes Solidaires (à qui je dédie le prix) que j’ai reçu cette distinction.

Avez-vous un dernier mot ?
À Rarili News, j’exprime toute ma reconnaissance pour l’opportunité que vous nous offrez de parler de nos activités chez Jeunes Solidaires. À mes pairs jeunes, singulièrement ceux de la société civile, je les invite à la collaboration, au partage d’expériences et à la synergie d’actions.

Chacun de nous peut en effet avoir des compétences dans plusieurs domaines, entreprendre de belles initiatives, mais sans la l’association avec d’autres énergies, il sera difficile d’avoir un plus grand impact.

C’est pourquoi j’encourage tout le monde à privilégier, dans ses domaines d’intervention, les projets fédérateurs avec d’autres acteurs, la co-construction et le partage d’opportunités.

Finalement, je tiens à remercier tous nos partenaires techniques et financiers, qui ont soutenu nos activités depuis la création de Jeunes Solidaires. Je rappelle également à mes ami.e.s jeunes solidaires de la Guinée et de toutes nos antennes de l’extérieur (Allemagne, France, Chine, USA, Canada, etc) que nous devons maintenir le cap, continuer à mettre nos énergies positives, notre temps et notre créativité au service de notre organisation.

Puisque nous avons le pouvoir de changer les choses, nous devons continuer à renforcer notre engagement citoyen pour nous-mêmes, pour nos jeunes et pour notre pays !

Fatima Koné

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