Salaires amputés et primes absentes : les enseignants montent au créneau

il y a 2 heures 12
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Réunis ce jeudi 29 janvier 2026 au siège du Syndicat national de l’éducation (SNE), les enseignants recrutés à la Fonction publique en 2024 ont dénoncé une série de dysfonctionnements administratifs et financiers qui, selon eux, portent gravement atteinte à leurs droits. Le collectif parle notamment d’une baisse injustifiée du salaire de base, du non-paiement des primes statutaires et de l’absence d’effets financiers liés à leur titularisation.

Le porte-parole des 8 024 nouveaux fonctionnaires, Bilo Dioubaté, enseignant de français à l’ENAM relevant du ministère de l’Enseignement technique, a expliqué que les difficultés ont commencé peu après leur engagement officiel. « Après notre engagement officiel le 6 décembre 2024, une décision de mutation est intervenue dès janvier 2025 pour les agents relevant de l’EPIA et des autres ministères. Nous avons ainsi été affectés dans différentes localités à travers le pays. Nous avons rejoint nos postes et exercé nos fonctions dans des conditions souvent difficiles, mais en septembre 2025, les bulletins de salaire publiés ont révélé une anomalie majeure : une baisse injustifiée de notre salaire de base », a-t-il déclaré.

Selon lui, cette baisse est matérialisée par une modification de la valeur indiciaire, sans fondement légal, malgré les démarches entreprises auprès des services compétents.
« Au lieu d’un indice monétaire de 1 372 correspondant à notre statut, nous avons été ramenés à 1 319. J’ai contacté à plusieurs reprises les services compétents et on m’a assuré que la situation avait été corrigée. Pourtant, octobre, novembre et décembre sont passés sans aucune rectification, et même après l’acte de titularisation, les bulletins publiés récemment montrent le contraire : nous ne sommes toujours pas titularisés. »

Face à cette situation, le Syndicat national de l’éducation (SNE) affirme avoir été saisi par le collectif dans la nuit précédant la rencontre. Michel Pépé Balamou précise que le dossier concerne 3 044 enseignants issus du concours Tablette 2024, ayant accompli 13 mois de stage sous la tutelle du ministère du Travail et de la Fonction publique.
« Il était clairement question qu’à l’issue des 13 mois de stage probatoire et de la période d’induction civilo-militaire, ces enseignants soient rétablis dans leur droit de titularisation, c’est-à-dire devenir fonctionnaires titulaires en bénéficiant de toutes les primes liées à l’exercice de la profession enseignante, notamment la prime de craie, la prime de préparation, la prime de documentation, la prime d’incitation et la prime de zone. »

Malgré la signature d’un acte administratif le 31 décembre 2025, le syndicat constate l’absence totale d’effets financiers sur les bulletins de salaire du mois de janvier. « Sur les bulletins du mois de janvier, c’est le blackout total. La valeur monétaire du point d’indice se trouve toujours à 1 319 alors qu’elle devrait être 1 372, les primes de préparation, de craie et d’incitation n’existent pas, et les enseignants sont toujours bloqués à l’échelon 6 au lieu de l’échelon 8, avec un indice salarial à 1 610 au lieu de 1 638 », précise Michel Pépé Balamou.

Le SNE annonce la mise en place d’une plateforme revendicative qui sera transmise aux ministères concernés, tout en privilégiant la voie du dialogue social. Toutefois, le syndicat avertit que le non-respect des engagements pourrait entraîner des tensions. « Nous sommes pour le dialogue social et pour la stabilité du monde du travail, mais la trêve sociale a un prix. Si les engagements déjà signés ne sont pas respectés, cela va accroître la frustration et créer des troubles dans la société », averti le SNE.

MD Diallo pour actuguinee

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