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Dans la commune rurale de Tountouroun, relevant de la préfecture de Labé, les travaux de bitumage de la route nationale Labé-Mali, bien que salués par les populations, suscitent de vives inquiétudes. Entre la poussière jugée dangereuse pour la santé, la sécurité des enfants et les enjeux liés à l’indemnisation des concessions impactées, des citoyens tirent la sonnette d’alarme et appellent à une réaction urgente des autorités locales et de la société en charge des travaux. Tel est le constat fait sur place par Guineematin .com à travers son envoyé spécial.

Rencontré sur place, un citoyen ayant requis l’anonymat a exprimé, avec insistance, les préoccupations des riverains face à la poussière soulevée par le passage fréquent des camions transportant le granite. « Ce que nous demandons à la société et aux autorités locales, c’est de nous aider à arroser la route, même si c’est trois fois par jour. Nous sollicitons également des chauffeurs des camions qu’ils réduisent leur vitesse, car nos enfants circulent durant la journée pour se rendre à l’école. Lorsque la poussière est trop dense, ils ne peuvent pas percevoir la dangerosité liée à la vitesse des véhicules. »
Poursuivant, notre interlocuteur rappelle que la situation devient encore plus critique les jours de marché hebdomadaire. « Les lundis, jour du marché hebdomadaire de Tountouroun, la route est littéralement envahie. Cela nous fatigue énormément, surtout les taxis-motos transportant les usagers venant des villages environnants. Or, ces déplacements coïncident souvent avec la circulation des camions de la société GUICOPRES qui transportent le granite vers le centre urbain. Pourtant, toute l’économie locale repose sur ce marché hebdomadaire », a-t-il expliqué.
Il a également déploré le manque d’infrastructures secondaires reliant les villages voisins. « Nous demandons aux autorités de Tountouroun et des personnes de bonne volonté de nous aider à avoir des pistes rurales reliant les villages voisins. Certes, nous avons rencontré certaines autorités de manière non officielle pour évoquer la question de l’arrosage de la route, mais aucune démarche collective formelle n’a encore été entreprise. Individuellement, je suis allé informer les autorités de la gravité de la situation », a-t-il confié.
Sur le plan sanitaire, l’inquiétude est palpable. « Le plus grand danger pour notre santé reste la respiration de cette poussière, qui peut être à l’origine de nombreuses maladies. Nous n’avons aucun autre moyen ni aucune autre voie : cette route est la seule pour nos activités et notre développement », a-t-il insisté.
Un autre citoyen, également rencontré par Guineematin.com et s’exprimant sous anonymat, est revenu en détail sur le processus d’indemnisation des maisons situées sur les emprises de la route en construction. « La société chinoise chargée du bitumage, en collaboration avec les autorités locales, est venue procéder au recensement des maisons touchées. Des croix ont été apposées, les noms des personnes concernées ainsi que leurs numéros de téléphone ont été enregistrés », a-t-il expliqué.
Selon lui, les populations ont ensuite été convoquées au gouvernorat de Labé avant d’être orientées vers la commune. « À la commune rurale, les documents contenant les noms des familles impactées ont été présentés. Les autorités nous ont rassurés quant au paiement des indemnités. Chaque personne a été appelée à tour de rôle pour prendre connaissance du montant qui lui revenait, montant transmis depuis Conakry. Un document attestant ce montant nous a été remis », a-t-il précisé.
Concernant le paiement effectif, il ajoute « Il nous a été expliqué que l’argent serait versé à la banque ECOBANK, où un compte a été ouvert pour chaque bénéficiaire. Les autorités ont clairement affirmé qu’aucune concession ne serait touchée tant que le propriétaire n’aurait pas perçu son indemnité. Même les manguiers seront remboursés, et s’ils ne le sont pas, ils ne seront pas touchés. Tous les foyers impactés seront indemnisés », a-t-il rassuré.
Revenant sur l’état d’avancement des travaux, notre interlocuteur a reconnu l’importance du bitumage tout en insistant sur l’urgence sanitaire. « Le bitumage de la route est une bonne chose, mais la poussière nous fatigue énormément. Elle nuit gravement à la santé des populations riveraines. Il est certes important de goudronner la route, mais avant tout, il faut préserver la santé des citoyens », a-t-il martelé.
Il a, enfin, lancé un avertissement clair aux autorités et à la société chargée des travaux. « Nous demandons aux autorités locales d’exiger de la société chinoise l’arrosage régulier de la route, au moins deux fois par jour. Actuellement, des menaces de manifestations existent, même si nous continuons à sensibiliser les populations au calme. Toutefois, si aucune réaction n’est enregistrée dans les meilleurs délais, les responsables pourraient être surpris », a-t-il prévenu.
De retour de Tountouroun (Labé), Amadou Baïlo Batouala, envoyé spécial de Guineematin.com
Tél. : (00224) 628 51 67 96
The post Route Labé-Mali : entre poussière et indemnisation, les populations de Tountouroun tirent la sonnette d’alarme first appeared on Guineematin.com.
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