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Depuis que le premier ministre Bernard Goumou a été enlevé, la Guinée fonctionne comme une monarchie absolue. On ne semble plus être dans un cadre républicain. Quand on gère une république, on dialogue. Les questions essentielles se discutent avec les différents acteurs politiques, sociaux, économiques. Mais aujourd’hui, nous avons à la tête de notre pays une équipe qui se sent suffisamment forte, qu’on penserait à une monarchie absolue qui ferait des Guinéens des sujets d’un roi absolu
Comme annoncé précédemment, le Général Mamadi Doumbouya a fixé par décret la date du référendum au dimanche 21 septembre 2025 en Guinée. Au sein de la classe politique, les opinions sont diverses. Si certains se réjouissent de cette annonce, d’autres la prennent avec pincette. C’est le cas du président du Bloc Libéral (BL), Dr Faya Millimouno.
Selon le leader du BL, ce sont les mêmes promesses qui avaient été prises en 2023 mais qui n’ont pas été respectées en 2024. « Je vais prendre pour exemple 2023. C’est dans le discours officiel, l’adresse à la nation à l’occasion de la fin de l’année 2023, que le président a annoncé que le référendum serait organisé en 2024. On a terminé 2024 sans même avoir un projet de constitution. Nous sommes encore à l’étape d’avoir un projet. C’est la même chose qu’on a reconduite à l’occasion de son adresse à la nation le 31 décembre 2024 », rappelle Dr Faya. Avant d’ajouter que c’est un décret qui a été pris sous le feu des critiques.
Poursuivant, il ajoute : « (…) Quand on voit la façon dont les choses sont en train d’évoluer, on se rend compte et le président lui-même se rend compte que ça ne peut pas se réaliser. Mais puisqu’il y a eu beaucoup de critiques parlant des choses annoncées qui ne se sont pas réalisées, alors il ne fallait pas allonger la liste.
Donc aux forceps, même si en prenant strictement des dates, on n’aura pas respecté l’annonce que le président avait faite. Parce qu’au lieu du premier trimestre de l’année 2025, c’est au début du deuxième trimestre de l’année 2025 que ce décret est intervenu (le 1er avril, ndlr). C’est un peu au forceps que tout cela se développe. »
Selon lui, cette date devrait être prise en parfaite concertation avec tous les acteurs de la transition. « Depuis que le premier ministre Bernard Goumou a été enlevé, la Guinée fonctionne comme une monarchie absolue. On ne semble plus être dans un cadre républicain. Quand on gère une république, on dialogue. Les questions essentielles se discutent avec les différents acteurs politiques, sociaux, économiques. Mais aujourd’hui, nous avons à la tête de notre pays une équipe qui se sent suffisamment forte, qu’on penserait à une monarchie absolue qui ferait des Guinéens des sujets d’un roi absolu. Ça ne peut pas marcher ça », martele-t-il.
Pour Dr Faya Millimouno, ledit décret viole des lois de la République. « On n’annonce pas une date des élections, on ne prend pas un décret pour une élection cinq mois à l’avance. Dans aucune loi de la République de Guinée, il n’est prévu. Je ne sais pas ce que ça signifie. Mais toute la lecture que je fais de nos textes, il n’est pas prévu ce genre de décret. Alors voilà, c’est un peu pour ça. Et puisqu’on a prévu un décret, il faut sortir un décret. Même si le décret pourrait ne pas être compris.»