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Contre toute attente, le Président de la République a renouvelé sa confiance en Bah Oury en le ramenant à la Primature. C’était hier mardi, alors que les indiscrétions laissaient entendre que les discussions étaient encore en cours au sein du cercle restreint de l’homme du palais Mohamed V, dans le but de s’accorder sur un choix parmi les nombreuses propositions qui continuaient d’atterrir à la présidence.
On a l’impression qu’il a été difficile de trancher en faveur d’un changement, alors que le départ du Président de l’UDRG ne faisait l’ombre d’aucun doute. Le courrier -réponse de la présidence concernant sa démission était on ne peut plus clair. À lire entre les lignes, on comprenait, pour ceux qui voulaient comprendre, que le Premier ministre devrait aller planter ses choux ailleurs, dans des termes certes courtois. Une courtoisie dans le ton et dans les mots, qui rompt avec la brutalité et l’humiliation auxquelles les collaborateurs à ce niveau de responsabilité ont souvent été confrontés.
Dans ce courrier, il était demandé à Bah Oury de s’occuper dorénavant de la restructuration et de l’agrandissement de la Génération pour la modernité et le développement (GMD), le mouvement politique qui a porté la candidature du Président Mamadi Doumbouya. Cette mission, de l’avis de plusieurs observateurs, ne faisant pas bon ménage avec la fonction de Premier ministre, sous-entendait un départ inéluctable du locataire du palais de la Colombe.
Malgré tous ces signaux annonciateurs d’un départ définitif du fondateur de l’UFDG, comme par miracle, il est resté. On s’est même précipité à le reconduire, sûrement pour se dérober à toutes les propositions qui irriguaient la présidence jusqu’à agacer le dépositaire du pouvoir de nomination. Des propositions forcément nombreuses dans un pays où les gens ne se fixent plus de limite dans leurs ambitions. Un pays où tout le monde s’estime ministrable ou Premier ministrable, et capable d’en assumer les charges. Quelle tragédie ! Nous y reviendrons une autre fois.
Au regard de l’évolution de la situation, on présume que la démission est intervenue alors qu’aucune alternative crédible n’avait encore été trouvée. Il fallait alors reconduire pour couper l’herbe sous les pieds de ces nombreux démarcheurs de postes qui veillent constamment aux aguets.
Le palais Mohamed V a sans doute été conforté dans cette logique en se disant que, faute de trouver mieux, il ne faut pas changer une équipe qui gagne. Surtout lorsqu’il faut se préparer à affronter une autre échéance électorale importante, en l’occurrence les législatives qui devraient avoir lieu très prochainement.
Certains peuvent reprocher au Président de donner l’impression d’opter pour une continuité avec un Premier ministre de transition, alors que la situation est différente depuis l’élection présidentielle.
Cependant, on ne peut dénier au patron de l’exécutif, depuis son élection pour un mandat à la fois légal et légitime de sept ans, le droit de tenir compte de l’agenda politique à venir dans le choix de son collaborateur à la Primature. Peu importe à cet effet le ressenti d’une opinion obsédée par la rupture et un changement radical.
Mognouma Cissé
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il y a 2 heures
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