Rallongement du congé de maternité : un progrès social ou un frein à l’emploi des femmes ?

il y a 20 heures 24
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Depuis quelque temps, les discussions sur les congés de maternité et menstruels, réclamés par certaines femmes, suscitent de vifs débats dans la cité et sur les réseaux sociaux. À ce sujet, les avis sont partagés, et chacun y va de son argument pour justifier sa position.

C’est le cas d’une internaute qui, en plus des congés de maternité, plaide pour l’instauration d’un congé menstruel d’une semaine. « Personnellement, je souffre énormément pendant les deux premiers jours de mes règles. Je trouve donc qu’il serait justifié d’accorder un arrêt de deux jours, voire un congé spécifique », a-t-elle écrit.

À l’opposé, une autre internaute estime qu’il est légitime d’accorder des congés de maternité, mais considère qu’un congé menstruel serait exagéré. « Les congés de maternité, c’est une chose, et il est légitime de les reconnaître, mais le congé menstruel, c’est exagéré et pourrait être détourné. Certaines femmes pourraient, malheureusement, en profiter en déclarant des douleurs menstruelles plusieurs fois par mois. Cela pourrait entraîner une iniquité au travail et impacter la productivité des entreprises, sans parler de la gestion des absences répétées. Si l’on parle d’égalité, il est important de ne pas abuser de ces mesures et de veiller à ce qu’elles soient appliquées de manière juste », a-t-elle précisé.

Un frein à l’emploi des femmes ?

Parmi ceux qui sont favorables au congé de maternité, certains estiment que six mois, c’est excessif et pourrait freiner l’évolution professionnelle des femmes. « Tout le monde s’indigne, mais posons-nous les vraies questions : quelles seront les conséquences concrètes de telles mesures sur l’emploi des femmes ? La réponse est prévisible. Moins de femmes seront embauchées, ce qui réduira à néant les efforts entrepris depuis des décennies pour atteindre l’égalité professionnelle. Celles qui seront les premières à restreindre l’embauche des femmes seront elles-mêmes des femmes dirigeantes, lorsqu’elles devront optimiser leurs coûts. Ces mesures doivent être adaptées et discutées au cas par cas lors des embauches, en fonction des besoins et des réalités de chaque femme. Elles ne doivent pas être imposées uniformément sans tenir compte des impacts économiques. Sinon, dans quelques années, ne soyons pas surpris de voir de moins en moins de femmes dans les entreprises », a-t-il souligné.

Le défi du retour au travail

Madame Baldé Aïssatou Lamarana, mère de deux enfants et occupant un poste de responsabilité dans une société locale, estime que les congés de maternité sont essentiels pour chaque femme. « Mes congés de maternité ont duré trois mois : un mois avant l’accouchement et deux mois après. Ce congé m’a permis de récupérer physiquement, mais je trouve la durée trop courte. Reprendre le travail alors que mon bébé n’avait que deux mois a été très difficile, d’autant plus que je devais l’emmener avec moi au travail. De plus, je n’ai reçu aucun soutien de mon employeur. Mon salaire de congé de maternité n’a pas été payé, et mon directeur général me rappelait régulièrement que mes congés touchaient à leur fin, ce qui ajoutait un stress supplémentaire », confie-t-elle, en plaidant pour un meilleur accompagnement des femmes en période postnatale.

Un encadrement médical nécessaire

Dr Ben Youssouf Keita, médecin généraliste, souligne qu’après l’accouchement, toute femme a besoin de repos pour récupérer physiquement et moralement. « Pendant la grossesse, qui dure normalement 36 semaines (9 mois), le corps de la femme subit de nombreuses transformations bio-psycho-sociales. La femme accouche dans la douleur, ce qui est déjà une source de stress. Si, après cela, elle n’est pas accompagnée comme il le faut par ses proches et qu’elle est soumise à des pressions psychologiques ou morales, le stress post-partum peut avoir un impact négatif sur sa santé », précise-t-il.

Un défi pour les employeurs

Si le congé de maternité est un droit fondamental, il constitue également un défi organisationnel pour certains employeurs. Mohamed Lamine Diaby, chef d’entreprise, explique : « Je suis conscient qu’accorder un congé de maternité peut impacter la productivité de mon entreprise et engendrer des coûts financiers. Pour éviter cela, j’ai mis en place un plan de remplacement pour les postes critiques, en anticipant les absences par la formation interne d’un(e) remplaçant(e) et l’utilisation de contrats temporaires pour les postes affectés. »

Le cadre légal du congé de maternité

Kalil Camara, juriste, rappelle que le congé de maternité est un droit fondamental inscrit dans le Code du travail et le Code de la sécurité sociale. « Aux termes des dispositions combinées des articles 153.1 et suivants du Code du travail et 105 et suivants du Code de la sécurité sociale, la femme salariée a droit à quatorze semaines de congé, dont six semaines avant la date présumée de l’accouchement », explique-t-il.

Ainsi, le débat reste ouvert entre nécessité sociale et réalités économiques.

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