Radiation de l’imam Yaya Camara : la défense perd la première bataille devant la Cour suprême

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La Cour suprême a rendu ce jeudi, 1er décembre 2022, sa première décision dans l’affaire de la radiation de l’imam Mamadou Yaya Camara. Elle a rejeté la requête aux fins de sursis à exécution de la décision, introduite par l’avocat du leader religieux, a constaté un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

C’était la première bataille engagée par le camp de l’imam Mamadou Yaya Camara devant la Cour suprême. La défense demandait à la plus haute institution judiciaire du pays de sursoir à l’exécution de la décision du Secrétariat général des Affaires religieuses, interdisant au leader religieux de diriger la prière et de parler au nom de l’islam sur toute l’étendue du territoire guinéen. A l’ouverture du procès, maître Salifou Béavogui, l’avocat de l’imam Yaya Camara, a expliqué les motifs de cette démarche.

 

C’est d’abord parce que, dit-il, Elhadj Yaya n’a jamais été convoqué pour être entendu avant la décision prise le 15 septembre dernier par les autorités religieuses du pays. « C’est subitement qu’il a suivi, à la télévision nationale, sa radiation des effectifs des imams de Guinée », a déploré l’avocat, tout en rappelant que ce n’est pas la première fois que son client est sanctionné par le Secrétariat général des Affaires religieuses. Des sanctions qui, selon lui, n’ont aucun fondement juridique.

Maitre Salifou Beavogui, avocat

« Pour la petite histoire, le 30 mai 2000, il est nommé imam ratib de la grande mosquée de Sonfonia. Et contre toute attente, en 2014, il est suspendu de ses fonctions d’imam pour avoir simplement accepté M. Mamadou Cellou Dalein Diallo dans sa mosquée pour la prière de vendredi. Il est resté dans cet état jusqu’en 2016, année à laquelle il a été nommé imam ratib de la mosquée de Kinifi, dans la commune de Ratoma. En 2019, il a pris position contre le troisième mandat. Suite à cela, il est purement et simplement radié.

Cette décision de radiation a continué jusqu’au changement intervenu le 5 septembre 2022. Et après ce changement intervenu, il a publié une vidéo dans laquelle il dénonce la cherté de la vie. Ce qui lui a valu une deuxième radiation », a rappelé maître Salifou Béavogui, ajoutant que ces « décisions administratives portent atteinte aux dispositions des articles 8 et 23 de la charte de la transition sur la liberté de l’exercice de la religion. Il n’a commis aucune faute lourde en recevant un leader politique pour la prière de vendredi.

Il n’a commis aucune faute lourde en donnant son opinion sur le projet de troisième dont chacun de nous connaît aujourd’hui le point final. Il n’a commis aucune faute lourde en prenant position contre la cherté de la vie ». C’est pour toutes ces raisons, poursuit l’avocat, qu’il a introduit une requête aux fins d’annulation de la décision devant la chambre administrative de la Cour suprême « et parallèlement, en application de l’article 90 de la loi sur la Cour suprême, une demande aux fins de sursis à exécution de la décision a été introduite ».

Après le conseil de l’imam, l’avocat de l’Agence judiciaire de l’État a pris la parole pour présenter ses plaidoiries. Maître Lancei 3 Doumbouya a déclaré que le « recours est manifestement irrecevable ». C’est pourquoi, il a demandé à la Cour « de rejeter cette demande de sursis à exécution de la décision du 15 septembre prise par le Secrétariat général des Affaires religieuses contre Mamadou Yaya Camara ».

Dans la même lancée, le parquet général, par la voix de William Fernandez, a demandé à la Cour de rejeter la demande du camp de l’imam Yaya Camara.  Pour lui, l’imam à été excessif dans sa sortie. « Or l’imam doit être modéré, l’imam doit calmer les esprits… Donc, je vous demande de rejeter cette demande », a requis le parquet général.

La Cour suprême, qui a délibéré sur siège, a rejeté la requête aux fins de sursis à exécution de la décision. Mais le combat n’est pas encore totalement perdu pour le camp de l’imam Yaya Camara, qui attend aussi l’examen de sa requête aux fins d’annulation de la décision, introduite devant la même chambre administrative de la Cour suprême. « Nous allons continuer à nous battre jusqu’à son rétablissement dans ses droits », assure maître Salifou Béavogui.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620 589 527/664 413 227

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