Présumé détournement de 119 milliards à la BNIG : la demande d’irrecevabilité de la constitution de l’État jointe au fond

il y a 2 heures 21
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Les débats dans l’affaire Alpha Mohamed Kallo, Ibrahima Tounkara, Maurice Eugène Alecaut, Afriland First Bank SA, la société Ejico SARL, la société Djoliba Pêche, tous poursuivis pour détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux, faux et usage de faux, atteinte à la liberté d’accès et à l’égalité des candidats dans les marchés publics, complicité et recel, ont continué ce lundi 26 janvier 2026 devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).

Comme ses co-prévenus, Afriland First Bank, représentée par Bangaly Kaba, a été entendue par la Cour. Aussitôt notifié des charges qui pèsent contre lui, le prévenu les a niées. Interrogé alors sur ses rapports avec la Banque Nationale d’Investissement de Guinée (BNIG), dont le directeur est accusé de détournement de 119 milliards de francs guinéens, Bangaly Kaba précise :

« C’est un rapport d’actionnariat dans le capital de la BNIG à hauteur de 10 milliards de francs guinéens. C’est le seul rapport qui existe entre Afriland First Bank et la BNIG », a-t-il déclaré.

Il est reproché à Afriland First Bank d’avoir, sur la base du contrat, perçu 6 milliards de francs guinéens. Ce que conteste formellement le prévenu, qui dit n’avoir jamais conclu un tel accord avec la BNIG.

« Je voudrais qu’on me prouve que les 6 ou 10 milliards dont on parle sont venus dans les comptes intitulés Afriland Frist Bank », lance le prévenu.

Cependant, Bangaly Kaba précise qu’Afriland Management, qui est une structure d’Afriland Group basée en Suisse, aurait apporté son assistance technique à la Banque Nationale d’Investissement de Guinée (BNIG), conformément à l’accord qui les lie, sans aller en profondeur.

Dans le but de prouver les relations entre Afriland et la BNIG, le procureur a questionné sur les 10 % du capital de la BNIG qui devraient être versés à Afriland First Bank.

« Les 510 milliards, ça vous dit quelque chose ? », interroge Amiata Kaba. « Oui », a répondu le prévenu. « Expliquez nous alors », sollicite le magistrat.

Dans sa narration, Bangaly Kaba reconnaît qu’Afriland First Bank a décroché un contrat dit “Dépôt à terme” (DAT) de 510 milliards de francs guinéens pour une durée de trois (3) mois non renouvelable, qui s’est soldé par un désaccord.

« C’est vrai Afriland avait eu des soucis mais à la date d’aujourd’hui, Afriland ne doit rien à la BNIG suite à un compromis qui a été trouvé grâce à l’implication des plus hautes autorités de l’époque », a-t-il révélé.

Alors que les débats suivent leur cours normal, la défense dégaine l’article 491 du CPP, soulevant ainsi l’irrecevabilité de la constitution de l’État dans cette affaire.

« La BNIG est une société anonyme. Elle n’est pas une filiale de l’État. L’État guinéen doit être extirpé de cette procédure pour que nous puissions avancer. Car, une société anonyme ne peut être représentée que par son directeur général et non par l’État. Je vous prie d’appliquer l’Acte uniforme portant sur les sociétés commerciales (OHADA). Nous demandons à la Cour de faire application de l’article 491 du CPP en écartant carrément l’État », a plaidé la défense.

L’Agent judiciaire de l’État s’estime gêné par l’argument de son adversaire. Pour l’avocat, l’État est en plein droit de défendre ses intérêts dans cette affaire.

« L’État est actionnaire majoritaire de la BNIG. La BNIG a été créée par décret. Vous ne pouvez pas dénier à l’État le droit de réclamer son dû. C’est lui qui a créé la BNIG, nommé le directeur par décret, l’a dotée de véhicules, mis des fonds dans cette banque. Quand des marchés sont octroyés sans respect des procédures légales, vous ne voulez pas que l’État réclame son dû ? », s’interroge Maître Pépé Antoine Lamah, qui demande à son tour l’application des articles 7 et 153 de la législation relative à la lutte contre la corruption et les pratiques assimilées.

Invité à donner son avis sur la demande d’irrecevabilité de la constitution de l’État guinéen dans la présente procédure, le procureur a requis de joindre cette demande au fond.
Ce qui a été acté par la Cour, présidée par Yagouba Conté, avant d’envoyer l’affaire au 4 février 2026 pour la comparution de l’actuel directeur général de la Banque nationale d’investissement (BNIG), ainsi que celle des autres prévenus absents à l’audience de ce jour.

Lébêré Baldé

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