Orientation des bacheliers : Néné Houdia Baldé demande aux nouvelles autorités d’éviter les préjugés sur les universités privées

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Mme Barry Néné Houdia Baldé, présidente de la chambre représentative de l’enseignement supérieur privé (CRESUP)

A chacun sa peine à cette période d’orientation des bacheliers dans les institutions d’enseignement supérieur et les établissements d’enseignement technique et de formation professionnelle en Guinée. Alors que les candidats à ces orientations se plaignent des difficultés d’accès aux programmes sur le site GUPOL, les promoteurs d’Universités et d’Instituts privés se lamentent d’avoir été oubliés par l’Etat. Apparemment, les autorités ne comptent pas, cette année encore, orienter de bacheliers dans les institutions d’enseignement supérieur privées. En tout cas, sur la plateforme d’orientation GUPOL, l’onglet permettant de sélectionner les universités privées est désactivé. Ce qui ne laisse aucune possibilité de choix aux bacheliers pour une formation dans les universités privées.

Dans un entretien accordé à Guineematin.com ce jeudi, 14 octobre 2021, la présidente de la chambre représentative de l’enseignement supérieur privé (CRESUP), Néné Houdia Baldé, a déploré cette situation. Elle estime qu’« une orientation dans les universités publiques uniquement va affecter négativement la qualité de la formation de nos enfants (les étudiants) ».

Décryptage !

Guineematin.com : Que pensez-vous de l’orientation des bacheliers dans les institutions d’enseignement supérieur à travers la plateforme GUPOL ?

Mme Barry Néné Houdia Baldé, présidente de la CRESUP

Néné Houdia Baldé: A chaque rentrée universitaire, les orientations sont devenues un exercice impératif pour ventiler les nouveaux étudiants vers les institutions d’enseignement supérieur du pays. Ces orientations interpellent à la fois L’état, les étudiants et leurs parents. C’est aussi une préoccupation particulière pour les fondateurs des universités privées qui recrutent dans le même vivier.

Guineematin.com : Depuis quelques années, l’Etat n’oriente pas de bacheliers dans les institutions d’enseignement supérieur privées. Pensez-vous que la donne va changer cette année avec les nouvelles autorités (le CNRD) ?

Néné  Houdia Baldé: Nous n’avons aucune notification formelle pour le moment. Cependant, le communiqué tel que diffusé et publié dans les médias d’État ne semble pas s’orienter sur cette voie. Il faut signaler que sur la plateforme GUPOL, l’onglet permettant de sélectionner les universités privées est désactivé, ce qui ne laisse aucune possibilité de choix aux étudiants pour une formation dans les institutions d’enseignement privé.

Guineematin.com : A supposer qu’on n’oriente pas dans les universités privées, quelles conséquences cela pourrait avoir sur les étudiants qui souhaitent aller dans les Instituts et universités privées ?

Néné  Houdia Baldé: Une orientation dans les universités publiques uniquement va affecter négativement la qualité de la formation de nos enfants. On peut citer entre autres: l’augmentation exagérée des effectifs dans les salles de classes, l’impossibilité d’un encadrement pédagogique correct dans le respect des normes du LMD, le manque de suivi dans les évaluations et le risque de bâcler les programmes de formation, le risque de contracter la COVID-19 à cause du non respect des mesures de distanciation sociale, le risque de décrochage scolaire lié aux mauvaises orientations des  étudiants, l’impossibilité de soumettre les étudiants aux travaux pratiques et dirigés faute d’espace et de capacité d’accueil suffisant. Bref, une somme d’ingrédients explosifs menant droit à la médiocrité, source d’instabilité.

Guineematin.com : Les universités privées sont-elles en mesure aujourd’hui d’accueillir des boursiers de  l’État, surtout quand on tient en compte les normes et standards internationaux ?

Néné  Houdia Baldé: Le partenariat public-privé doit être le levier pour une bonne gouvernance universitaire. Aujourd’hui, force est de reconnaitre la qualité des infrastructures réalisées dans les universités privées, notamment en termes de bâtiments, laboratoires, bibliothèques, équipements, innovation et qualification des ressources humaines par l’octroi de bourses de formation et de stages. Dans le souci de qualifier notre système éducatif, le privé peut prêter une main forte au publique et ensemble hisser haut le niveau des notre éducation. Il ne faut pas occulter qu’une collaboration entre institutions d’enseignement publiques et privées est et demeure un atout pour le système éducatif guinéen. L’État doit encadrer et contrôler le privé pour le respect des normes en matière d’enseignement supérieur.

Guineematin.com : Quel appel lancez-vous à l’endroit des nouvelles autorités ?

Néné  Houdia Baldé: Pour refonder l’Etat, il est indispensable d’avoir un système éducatif fort, un partenariat public-privé fécond. C’est pourquoi nous lançons un appel aux nouvelles autorités de notre pays pour souhaiter de tout cœur d’éviter les préjugés et de se rendre elles-mêmes dans les universités privées pour constater les investissements réalisés dans ce domaine pour ce faire une opinion. Nous apprécions leurs faits et gestes qui constituent de sources d’espoir et de motivation pour notre pays qui ambitionne de restaurer la justice sociale et bâtir des institutions solides pour réconcilier notre peuple et amorcer le décollage économique de notre nation. Nous exprimons notre totale disponibilité à travailler avec elles pour la réussite de cette noble et exaltante mission.

A noter que les opérations d’orientation des bacheliers ont démarré le 12 octobre dernier ; et, elles s’achèveront le 22 octobre prochain à minuit.

Interview réalisée par Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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