Naufrage meurtrier à Tassen (Forécariah) : le Colonel Lamarana Diallo au chevet des familles des victimes

il y a 2 heures 19
PLACEZ VOS PRODUITS ICI

CONTACTEZ [email protected]

La mort tragique, par noyade, d’une femme âgée de 70 ans et d’un enfant de 12 ans dans le fleuve Kolontin, reliant le district de Tassen à la Sierra Leone, dans la sous-préfecture de Moussayah, a suscité une vive réaction des autorités préfectorales. Le préfet de Forécariah, le Colonel Mamadou Lamarana Diallo, accompagné d’une forte délégation, s’est rendu sur les lieux du sinistre ce lundi, 26 janvier 2026. Au nom du président de la République, Mamadi Doumbouya, il a présenté les condoléances de l’État aux familles endeuillées et aux populations du district de Tassen. Il a également donné des instructions fermes visant à prévenir de nouveaux drames, notamment à travers le contrôle strict des pirogues, l’interdiction des surcharges et la sensibilisation des usagers, rapporte Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Dans son intervention, le Colonel Mamadou Lamarana Diallo est revenu sur le bien-fondé de cette visite.

Colonel Mamadou Lamarana Diallo, préfet de Forécariah

« Nous sommes venus adresser les condoléances au nom de Son Excellence Monsieur le président de la République, Mamadi Doumbouya, suite au drame enregistré ici, ayant occasionné des pertes en vies humaines. Nous sommes venus jusqu’au niveau du fleuve. Nous avons salué nos parents, les citoyens, et présenté nos condoléances, tout en priant le Tout-Puissant d’accepter les défunts dans Son paradis. Le fleuve qui est derrière moi, le Kolontin, sépare la Guinée de la République de Sierra Leone. Les citoyens que vous voyez en face sont des Léonais, mais c’est pratiquement la même population. Malheureusement, ce sont souvent des drames de ce genre qui se produisent ici ; ce qui nous a motivés à venir constater la situation et réfléchir aux perspectives d’avenir. Nous allons remonter les informations acquises afin de voir si, un jour, nous aurons la chance de réaliser un pont ici, pour aider les citoyens des deux côtés. Car les citoyens de la Sierra Leone et de la Guinée, c’est la même famille. Vous avez vu la pirogue dans laquelle se trouvaient les enfants : ce sont des pirogues très fatiguées, mais c’est avec cela que les populations se débrouillent pour traverser. Femmes, vieilles personnes, enfants, tout le monde les utilise. Nous avons échangé avec les autorités locales, notamment les sous-préfets, le maire et le président du district, afin de voir ce qu’il faut faire dans l’immédiat, notamment trouver d’autres pirogues plus sûres, en attendant la réalisation d’infrastructures adéquates. Le chef de l’État nous a instruit d’aller partout où se trouve un citoyen guinéen, voir ses conditions de vie, écouter ses problèmes et remonter les informations », a-t-il déclaré.

Par ailleurs, le Colonel Mamadou Lamarana Diallo a insisté sur la nécessité de prendre des mesures immédiates pour éviter de nouveaux drames, notamment le respect strict de la capacité des embarcations, l’interdiction des surcharges et l’évitement des traversées en période de mauvais temps. « Le conseil que je donne aux populations, c’est d’éviter les surcharges. Après constat, nous avons compris que le nombre excessif de passagers et de bagages, par rapport à l’état de la pirogue, est la cause principale de l’accident. Une pirogue a une capacité qu’il faut respecter. Désormais, avec la présence d’un poste avancé militaire, nous allons donner des instructions fermes pour empêcher toute surcharge, en attendant la construction éventuelle d’un pont. Il y a aussi des moments où il ne faut pas traverser : lorsque le temps n’est pas favorable, lorsqu’il y a du vent ou que le fleuve est trop rempli. Il faut savoir attendre. Nous avons beaucoup de débarcadères. Il est impossible de construire des ponts partout, même dans les pays développés. Certains débarcadères sont reliés directement à l’océan Atlantique. Donc, il faut que nos citoyens, qu’ils soient Guinéens ou Léonais, fassent très attention. Toute pirogue en surcharge venant de l’autre côté sera sanctionnée. S’il faut verbaliser une fois, deux fois, trois fois, nous le ferons. C’est une seule et même famille : des Guinéens vivent là-bas, des Léonais vivent ici, il y a des mariages, des échanges, et souvent la même langue », a-t-il souligné.

De son côté, Ibrahima Sory Yansané, président du conseil du district de Tassen, explique les circonstances du drame et se réjouit de la visite du préfet.

Ibrahima Sory Yansané, président du conseil du district de Tassen

« C’était le matin du 22 janvier, vers 8h30. J’ai reçu des appels m’informant d’une noyade dans le fleuve Kolontin, qui traverse Tassen vers la Sierra Leone. Arrivés sur place, nous avons appris qu’une petite pirogue transportait six personnes et une moto. Le conducteur de la pirogue était un enfant âgé de 12 ans. La pirogue, mal contrôlée et trouée, a pris de l’eau sous le poids excessif, puis a chaviré. Deux personnes ont perdu la vie : une vieille dame de 70 ans et un enfant de 12 ans, Mohamed Yansané, élève en cinquième année. La dame est décédée au poste de santé de Tassen malgré les efforts du personnel. Le corps de l’enfant a été retrouvé deux jours plus tard, vers 17 heures, flottant à la surface du fleuve. Nous avons immédiatement pris des dispositions avec les forces de défense et de sécurité pour contrôler les pirogues, éviter les surcharges et surveiller les débarcadères à tout moment. Nous avons aussi remonté les informations à nos autorités supérieures afin d’obtenir des flotteurs et des équipements de sauvetage, car actuellement, nous n’en disposons pas. Nous remercions le président de la République pour la nomination du Colonel Mamadou Lamarana Diallo. Avant même son arrivée, il nous avait appelés. Aujourd’hui, le 26 janvier 2026, il est venu en personne nous présenter ses condoléances. C’est la première fois que Tassen reçoit une telle visite, avec une forte délégation. Il nous a montré que ces victimes faisaient partie de sa population. Cela nous a profondément touchés. Il nous a offert six sacs de riz et une somme de 2 500 000 GNF. Mais au-delà de cela, sa présence vaut plus que des milliards pour nous », a fait savoir le président du conseil du district de Tassen.

Mettant l’occasion à profit, Ibrahima Sory Yansané a exprimé les besoins de sa localité. « Tassen n’a pas de routes. Nos principales difficultés sont l’état de la route, l’achèvement du collège, l’absence de marché hebdomadaire et le manque d’activités pour la jeunesse. La jeunesse n’est pas faible, mais il n’y a pas de travail pour l’occuper. Nous avons également besoin d’une maison des jeunes. Ce sont là les quatre grandes difficultés de Tassen. Après Tassen, c’est la Sierra Leone : c’est la ligne rouge », a-t-il indiqué.

Ismael Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 624 69 33 33

The post Naufrage meurtrier à Tassen (Forécariah) : le Colonel Lamarana Diallo au chevet des familles des victimes first appeared on Guineematin.com.

Lire l'article en entier