Meurtre du soldat de 2ème classe Kémo Sacko : « c’est lui qui s’est suicidé », se défend l’accusé

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Condamné en première instance à 15 ans de réclusion criminelle par le tribunal de formation spéciale militaire de Kankan, pour le meurtre du soldat de 2ème classe Kémo Sacko, l’accusé Mohamed Soumah (également soldat de 2ème classe) a comparu hier, vendredi 15 octobre 2021, devant la Cour d’Appel de Conakry. A la barre, ce militaire a plaidé non coupable des faits mis à sa charge. Il a déclaré que la victime (Kémo Sacko) s’est involontairement donnée la mort dans une manœuvre visant à l’impressionner et l’intimider après une dispute. Le ministère public a finalement requis 5 ans de prison à son encontre. Ce qui constitue, si la Cour suit les réquisitions du parquet, une réduction de peine pour l’accusé. Il pourrait donc sortir de prison le plus tôt que prévu, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Dans cette affaire, les faits reprochés à Mohamed Soumah remontent au mercredi 20 septembre 2017 dans la préfecture de Dinguiraye, précisément à la frontière Guinée-Mali. Il est accusé d’avoir tué son collègue de service, Kémo Sacko, un soldat de 2ème classe. Il a été arrêté et placé sous mandat de dépôt le 28 octobre 2017 par le parquet militaire. Et, le 6 juin 2018, il a été condamné à 15 ans de réclusion criminelle par le tribunal de formation spéciale militaire de Kankan, en dépit du fait qu’il ait clamé sans cesse son innocence dans cette affaire. Mais, son avocat, Me M’Bomby Mara, a très vite relevé appel de cette décision de première instance. Et, ce vendredi, son procès en appel s’est ouvert à la Cour d’Appel de Conakry.

Devant cette juridiction supérieure, l’avocat de Mohamed Soumah est revenu sur les motifs de cet appel en formulant des griefs contre la juridiction de première instance qui a statué sur cette affaire à Kankan. Me M’Bomby Mara a aussi dénoncé la « peine excessive » qui a été infligée à son client.

« Le tribunal militaire a détourné les faits. Le tribunal n’a pas commis des experts sur la mort de  Kémo Sacko. Le tribunal militaire n’a pas cherché à connaitre le passé de Kémo avant sa mort. Il (Kémo Sacko) s’est bagarré ce jour (mercredi 20 septembre 2017) avec sa copine et il était sous l’effet de l’alcool. Il détenait l’arme lorsque Mohamed Soumah lui reprochait du fait qu’il s’est bagarré avec sa copine… Nous trouvons également que la peine de 15 ans de réclusion est excessive », a déclaré Me M’Bomby Mara.

Appelé à la barre, l’accusé Mohamed Soumah a clamé son innocence de la Cour. Il a plaidé non coupable des faits articulés contre lui, tout en martelant que Kémo Sacko (la victime) s’est suicidé.

« Ce jour, je suis venu à la frontière. J’ai mis le barrage à 6 heures. A 8 heures, j’ai vu Sacko venir. Je lui ai fait des reproches par rapport à son retard. Il m’a fait comprendre qu’il s’est bagarré avec sa copine. Il m’a demandé de le laisser aller chez docteur pour faire une assise avec sa copine. Je l’ai laissé partir. Entretemps, docteur est venu passer là où je suis sans me saluer. A son retour, il m’a dit que ce que Sacko lui a fait aucun militaire ne lui a fait ça. Après, le docteur a continué. Dès que Sacko est revenu, je l’ai conseillé. Mais, il m’a insulté. On s’est disputé. Pendant qu’on se disputait, il avait l’arme PMAK en bandoulière, il m’insultait, il me traitait de maudit, de batard. Il me traitait de tous les noms. J’ai appelé la hiérarchie, le colonel Lanciné Keïta et le chef de poste Amara Soumah, pour les informer. Pendant qu’on se disputait, il a enlevé l’arme sur ses épaules. Il a fait des tirs de sommation sur la terre, en direction de ma moto. J’ai fui à une certaine distance et j’ai dit : Sacko qu’est-ce que tu veux faire ? Il m’a dit qu’il va me montrer qu’il est forestier et qu’il est invulnérable. Il a mis l’arme sur sa côte et il s’est tiré dessus. Quand il s’est tiré dessus, il n’est pas tombé sur le champ. Il a fait au moins 20 pas avant de tomber. La balle est entrée par la poitrine et sortir par le dos. Il (Kémo Sacko) est allé s’asseoir sur une chaise avec l’arme en disant : Hé! Hé! C’est ainsi que je suis venu derrière lui pour retirer l’arme. J’ai appelé la hiérarchie pour leur dire qu’un de mes éléments s’est tiré dessus. Donc, ce n’est pas moi qui ai tiré sur lui. Plutôt, c’est lui qui s’est suicidé » a expliqué Mohamed Soumah.

Dans ses réquisitions, le ministère public a demandé à la Cour d’accorder « assez de circonstances atténuantes » à l’accusé et de réduire au tiers la peine qu’il a écopée en première instance. « Le parquet demandé à la Cour de condamner Mohamed Soumah à 5 ans d’emprisonnement », a dit l’avocat général.

De son côté, l’avocat de la défense, Me M’Bomby Mara, a plaidé l’acquittement pure simple de son client « pour crime de meurtre non constitué à son encontre ».

Finalement, la Cour a mis l’affaire en délibéré pour décision être rendue le 29 octobre prochain.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620 589 527/664 413 227

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