Me Bea (avocat d’un médecin inculpé): « je crains qu’il n’y est de la récupération ou de l’influence sur la justice »

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Les réactions ne manquent au lendemain de la mort de M’Mah Sylla la jeune dame de 25 ans qui serait abusée par des médecins à Conakry avant d’être évacuée en Tunisie où elle a rendu l’âme après une septième opération sans succès. Le gouvernement et le parquet du tribunal de première instance de Mafanco, ont tous dans des communiqués, indiqué que les auteurs seront sanctionnés et que justice sera rendue dans cette affaire. Deux sorties médiatiques qui inquiètent les avocats des médecins mis en cause. Joint par Mosaiqueguinee.com, Me Salifou Béavogui, après avoir présenté ses condoléances à la famille éplorée, craint que la justice ne soit influencée dans son cours normal par les deux communiqués du gouvernement et du procureur du TPI de Mafanco. Me Bea dit faire confiance au magistrat instructeur et invite l’opinion à se ressaisir.

« Depuis le déclenchement des poursuites contre nos clients, les médecins, nous avons toujours préféré garder le profil bas et laisser la justice faire la lumière sur ce cas. D’entrée de jeu, en tant qu’avocat d’un des mis en cause, je présente mes condoléances les plus attristées à la famille éplorée. Je souhaite que son âme repose en paix. J’adresse les mêmes condoléances à tous. Les faits sont graves et condamnables, c’est regrettable et c’est la tristesse pour sa disparition dans des conditions tragiques. Mais de l’autre coté, je constate et regrette, une avalanche de communiqués, d’abord du gouvernement et de l’autre côté, le communiqué du procureur de Mafanco. Cela est bien en soi mais savons comment fonctionne notre appareil judiciaire. Nous ne voulons pas que ces différents communiqués et les différentes interventions intempestives des uns et des autres soient de nature à influencer le cours normal de la justice. C’est la crainte que j’exprime au nom de mes collègues avocats, de mon client qui est présumé innocent jusqu’à preuve du contraire. Une fois que l’affaire est entre les mains d’un juge d’instruction, chacun doit se ressaisir et laisser ce dernier faire son travail sans influence aucune. D’abord, le dossier est avec un juge auquel nous faisons absolument confiance, et c’est pourquoi nous suivons cette procédure de très près, le magistrat respecte les droits de toutes les parties, donc nous souhaitons que chacun s’éloigne de ce dossier et laisse la justice faire toute la lumière. Qu’aucun coupable n’échappe, mais qu’aucun innocent ne soit condamné comme on est en train de le faire maintenant par la clameur publique. En tant qu’avocat, mon souhait est que chacun se calme, chacun se ressaisisse et qu’on laisse effectivement la justice indépendante parce que les nouvelles autorités ont proclamé haut et fort que la justice sera la boussole de tous les actes que nous posons. Donc, nous voulons que cela soit une réalité dans l’avenir judiciaire de notre pays. Nous craignons vraiment qu’il n’y est de la récupération et que les juges aient peur de faire correctement leur travail », a déclaré Me Salifou Béavogui ce dimanche dans un entretien au téléphone.

Il faut rappeler que trois des médecins mis en cause ont été inculpés pour des faits de viol, avortement administration de substances nuisibles, risque causé à autrui et complicité. Un mandat d’arrêt a été émis contre un quatrième médecin, le nommé Célestin Millimono.

Mosaiqueguinee.com

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