Mandiana : où en sommes-nous avec les travaux de construction du pont sur le fleuve Sankarani?

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A environ 20 kilomètres du centre-ville de Mandiana, sur la route qui mène jusqu’aux frontières maliennes, se trouve un gigantesque chantier de construction de pont sur le fleuve Sankarani. Les travaux qui ont été lancés officiellement le 17 février 2020, sont confiés à une entreprise chinoise du nom de China Geo-Engeneering, pour un délai d’exécution de 26 mois. Dix mois se sont déjà écoulés mais l’heure est toujours aux travaux de fondation comme nous l’indique  Hoang Yu Min (Félix ), le directeur des travaux sur ledit chantier.

« Nous sommes sur les travaux de construction des piliers. Au total, nous avons 44 piliers à réaliser pour 10 appuis et deux tulles.  En ce moment donc, nous sommes en train de fourrer le béton dans le trépan. Et à la date d’aujourd’hui, nous avons pu réaliser déjà 33 piliers sur les 44 en termes de fondation. Nous sommes pratiquement à 20 % d’avancement physique des travaux », nous a-t-il indiqué.

Sur le site, les travailleurs et leurs machines occupent une très bonne partie du lit du fleuve Sankarani qui a été complètement ensablée. Mais selon le responsable chargé des questions environnementales du projet, Souleymane Dicko, cela n’a aucun impact pour la santé du fleuve.

« En réalité, il n’y a pas vraiment d’impact. Parce que ce sont des sédiments, de la boue, que nous rejetons dans les eaux. Mais il n’y a aucun produit extérieur, qui rentre dans le fleuve par nos actions. Donc à vrai dire, il n’y a pas d’impact négatif », a-t-il rassuré.

Après le lancement, les travaux sur ce chantier avaient connu un arrêt momentané.  A en croire Hoang Yu Min, cette pause était due à l’apparition de la crise de la COVID-19.

« Nous avons certes démarré ici les travaux en mifévrier 2020.  Mais c’est l’avènement de la COVID, qui nous a contraints à suspendre les travaux sur le chantier. C’est vers la fin de l’année 2020 que nous avons commencé à travailler concrètement sur le chantier. Les travaux de construction du premier pilier ont commencé fin janvier. Et donc depuis fin janvier jusqu’ à aujourd’hui, nous avons pu réaliser 33 piliers. Bientôt ça sera les travaux d’élévation des tuilés », a-t-il mentionné.

Sur 26, il ne reste plus désormais que 16 mois de délai d’exécution. A la question de savoir si les travaux finiront à temps, il répond : « notre délai d’exécution dans le contrat est de 26 mois à compter de la mi-février 2020.  Donc nous sommes censés terminer vers la mi-2021. Nous sommes en train de concentrer tous nos efforts pour que ce délai soit respecté. Jusqu’à présent, on n’a pas songé à un prolongement du contrat malgré que nous sommes confrontés à beaucoup de difficultés, notamment l’augmentation au niveau des prix des matières premières comme le kilo d’acier. Le prix est audessus de ce que nous avons signé dans notre contrat sans compter, les frais d’approvisionnement, de transport, etc. Donc nous sommes aussi en train de voir avec les autorités, comment elles peuvent nous venir aussi en appui, pour éviter que nous soyons obligés de fermer à nouveau le chantier », a-t-il dit.

Avant la fin des travaux, un mini-pont de déviation a été érigé, à côté du chantier pour permettre au trafic de continuer. Les riverains s’en réjouissent, mais se plaignent de la poussière à l’image de Faa Diakité, porte-parole de la notabilité.

« Nous avons été heureux de voir que les travaux du chantier ont repris il y a de cela 6, 7 mois à la veille des élections. Nous sommes très exposés à leur poussière mais eux ils s’en foutent complètement. Ils ne viennent jamais vers nous pour connaître nos préoccupations. Nos enfants qui chôment n’ont pas été recrutés. Ils sont venus avec leurs équipes. Par contre, le petit pont de déviation qu’ils ont fait nous permet aujourd’hui d’aller sans assez de difficultés  à Mandiana ville parce qu’on n’a pas d’hôpital et d’infrastructures de bases ici. . Avant, nous étions obligés de traverser en pirogue. En plus, avant nous étions obligés de vendre nos produits d’anacarde au Mali ou en Côte d’Ivoire, mais cette année, nous avons pu le faire à Mandiana. C’est aussi grâce à cette déviation”, s’est-il réjoui.

En réponse aux plaintes formulées par le porte-parole des sages de la localité, Souleymane Dicko, reconnaît que : « Dans les travaux comme ça, vous savez, la poussière est inévitable. Mais nous avons pensé à des facteurs d’atténuation. Donc nous avons l’habitude de faire des arrosages quotidiens. Mais puisque c’est pratiquement la saison des pluies, ce problème ne se pose pas. En ce qui concerne les jeunes, vous savez qu’ici c’est une zone aurifère. Donc généralement, le personnel vient d’ailleurs mais toujours de la Guinée, Kindia, Labé… parce que les autochtones qui sont là, ont plus l’esprit dans l’extraction d’or. Donc c’est la raison pour laquelle, seulement quelques-uns de nos travailleurs sont de la contrée, la plupart viennent des autres régions de la Guinée », a-t-il expliqué.

Enfin, il faut signaler, que ce projet de construction du pont de Mandiana, sur le fleuve Sankarani est financé par l’Etat guinéen et la Banque Arabe pour le Développement Économique en Afrique à hauteur de 91 milliards 358 millions 387 milles 100 GNF.

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