Lola : la protection des monts Nimba et des chimpanzés au cœur d’une rencontre 

il y a 1 mois 31
CONTACTEZ info@lekaloum.com

« Pour connaître votre ennemi, prenez le miroir,  mettez  devant vous, vous saurez qui est votre  ennemi. Celui qui vous pousse d’aller voler, c’est celui que tu vois dans le miroir,  celui qui vous pousse d’aller couper la forêt,  c’est lui que l’on voit  mais souvent nous voulons  imputer la faute aux autres,  alors nous sommes fautifs »

 

Une réunion de sensibilisation regroupant les  autorités  administratives, la direction du centre de gestion environnemental  des monts Nimba et Simandou  (cegens), le directeur  de l’Institut de recherche environnemental de Bossou (IREB), ainsi que des experts  en  environnement, sur  la protection  des forêts autour  des monts Nimba  et les chimpanzés de Bossou s’est tenue ce jeudi 22 octobre  dans la  salle  de réunion  du bloc administratif de la préfecture de Lola.
Prenant la parole à cette occasion, le lieutenant-colonel Ousmane Diallo   s’est réjoui  de la tenue de cette rencontre  sur  le problème épineux de la protection des monts Nimba et les chimpanzés de Bossou. « Nul n’ignore aujourd’hui la menace qui pèse sur l’humanité  face au réchauffement climatique et la perte des grandes  forêts. J’invite tout le monde  à s’impliquer pour trouver une solution durable ».
Pour sa part, le colonel  Cécé Papa Condé,  le directeur du centre de gestion  environnemental  des monts Nimba et Simandou a mis l’accent sur l’entente entre les différents acteurs.  «  Je m’adresse  aux communautés riveraines. Beaucoup parmi  ces populations riveraines  sont très bien mais certaines au contraire,  sont des créateurs des problèmes. Il y a tellement de problèmes  que  nous avons des difficultés à défendre nos intérêts qui est  le mont Nimba, les monts Nimba,  c’est pour la Guinée  plus particulièrement, c’est pour Lola. Dans beaucoup de parties,  elles ne veulent pas comprendre que la réserve  là c’est pour eux,  c’est votre mont Nimba que nous devons conserver durablement dans notre intérêt  et l’intérêt  des générations   à venir. Si nous ne prenons pas de disposition  nos petits enfants n’auront pas de chimpanzés  mais ce n’est pas  seulement les chimpanzés  mais toutes les autres espèces  animales. »
Selon lui, il y a des années,  la préfecture de Lola  était la plus boisée du pays  mais aujourd’hui  elle est devenue une savane », a-t-il déploré.
« Si on ne fait rien, on cessera de dire la Guinée forestière mais plus la Guinée du sud.  Mais  il est possible  que les forêts reviennent  si  on change nos comportements de destruction. Avant, personne ne pouvait entrer  dans la réserve, mais les conservateurs  ont vu, il fallait que les monts Nimba, aient des labels  qui permettent à la communauté  de tirer profit. Elle est devenue en 1980 la réserve des biosphères. L’aire centrale est une zone  où aucune activité ne doit être faite. Ce n’est pas des actions de recherche  scientifique et dans les zones que nous avons des  chimpanzés de Bossou.
Notre objectif  est la contribution  à la gestion durable  des ressources  naturelles  renouvelables  des écosystèmes, de la diversité biologique  de la réserve  de Biosphère des monts Nimba. Appuyer la communauté riveraine  dans la lutte contre la pauvreté  pour  garantir la protection.
Vous   les associations  et regroupements qui sont formés  pour la sensibilisation c’est d’informer  les populations de quitter  dans les réserves des monts nimba« , a-t-il conclu.
Pour   le directeur de l’IREB, le  docteur  Gaspard Soumah,   l’état des lieux en 2009, a démontré  qu’il y avait une superficie de 18 hectares  qui avait été coupée à Bossou pour l’installation des cultures.
« Avec l’aide de Cegens  et  la sensibilisation, nous avons gardé cette superficie de 320 hectares de forêts  mais à l’intérieur de la forêt,  il y a les plantations de bananes  d’ananas. Aujourd’hui les gens continuent à faire des plantations, ils font des Plants dans les  sous  bois de la forêt   quand ça grandit, il essaye de larguer  certains arbres  pour régler la lumière. On  a constaté  une autre technique  comme les gens savent  quand  ils coupent,  ils ont appréhendé, ils utilisent les produits chimique, ils creusent un trou dans le bois ils mettent le produit chimique. La principale cause  de la diminution des chimpanzés est la maladie, la déforestation ainsi que la fragmentation  des habitats.  Le feu de brousse est une véritable menace  pour  nous,  surtout les feux qui viennent de Ziguépo où les éleveurs sont installés.
Qu’ils comprennent d’elles mêmes  que les ressources que nous défendons  l’eau, la forêt, l’eau c’est pour eux  et s’il n’y a pas de forêts ni d’eau,  il est difficile de vivre« , a-t-il dit.
Quant à  Radar Nishuli,  expert  en gestion des  aires  protégées à l’Unosp, il a indiqué au cours de cette réunion que   « pour connaître votre ennemi, prenez le miroir,  mettez  devant vous, vous saurez qui est votre  ennemi. Celui qui vous pousse d’aller voler celui que tu vois dans le miroir,  celui qui vous pousse d’aller couper la forêt  c’est lui que tu vois  mais souvent nous voulons  imputer la faute aux autres,  alors nous sommes fautifs. Ce qui est arrivé au monde aujourd’hui surtout nous conservateurs,  le même allié que nous avons,  c’est le même ennemi que nous avons. Nous protégeons pour les hommes,  c’est l’homme qui vient détruire ce que nous protégeons pour lui,  c’est ça le danger  et je vais dire vous, dire que la nature est inséparable de l’agriculture.  Si vous aimez la culture forestière, il faut aimer la nature forestière  sinon vous n’existez pas », a-t-il conseillé.
Lire l'article en entier