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Depuis la nuit des temps, les forêts constituent un pilier vital pour la subsistance humaine. Couvrant environ 32 % de la superficie terrestre de la Terre, soit environ 4,14 milliards d’hectares, les forêts fournissent des services écosystémiques essentiels, notamment la nourriture, les médicaments, l’eau douce, la purification de l’air et la régulation du climat, entre autres. Ces écosystèmes abritent environ 80 % de la biodiversité terrestre mondiale, dont près des deux tiers de toutes les espèces d’oiseaux. En outre, 1,6 milliard de personnes dans le monde dépendent des forêts pour leurs moyens de subsistance. Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), le secteur forestier emploie environ 33 millions de personnes dans le monde, et pour chaque tranche de 100 emplois dans ce secteur, 73 emplois supplémentaires sont soutenus dans l’économie au sens large, soulignant ainsi son importance.
Cependant, les forêts disparaissent à un rythme alarmant. Selon l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025 de la FAO, environ 489 millions d’hectares de forêts ont été perdus dans le monde à cause de la déforestation depuis 1990. Entre 2015 et 2025, le taux de déforestation a été estimé à 10,9 millions d’hectares par an. L’Afrique affiche le deuxième taux de déforestation le plus élevé au monde, après l’Amérique du Sud. Depuis 2015, le continent a perdu environ 2,96 millions d’hectares par an. Les principaux facteurs de déforestation sur le continent comprennent l’expansion de l’agriculture de subsistance et commerciale, le développement des infrastructures et l’exploitation minière.
Chaque année, le monde célèbre la Journée internationale des forêts (JIF) le 21 mars, afin de sensibiliser à l’importance de ces écosystèmes essentiels. Le thème de cette année, Forêts et économies, met en lumière le rôle vital que jouent les forêts dans le soutien aux moyens de subsistance et dans la promotion de la prospérité économique. Pourtant, trop souvent, les décisions de développement traitent les forêts et les économies comme des intérêts concurrents. Les approches extractives à court terme peuvent produire une croissance affichée du produit intérieur brut (PIB) tout en vidant de sa substance le capital naturel même qui soutient une prospérité durable. Cela engendre des conséquences économiques durables, notamment la baisse des rendements agricoles entraînant une réduction des revenus des ménages et une insécurité alimentaire, des coûts de reprise après sinistre plus élevés, des opportunités de marché perdues et une pauvreté accrue.
Ainsi, protéger les forêts nécessite des efforts concertés de la part des gouvernements, du secteur privé, des communautés locales, de la société civile et du monde universitaire. Des forêts en bonne santé ne sont pas un luxe ou un décor au développement, mais bien une infrastructure qui soutient les économies dont dépendent les communautés et les nations. Reconnaître cela n’est pas seulement un argument environnemental ; c’est un impératif économique.
À travers l’Afrique, BirdLife International, le plus grand partenariat mondial de conservation de la nature, travaille avec ses partenaires pour protéger et conserver les forêts par la restauration ; le déploiement à grande échelle de solutions fondées sur la nature (SfN) à portée locale qui génèrent des emplois et des revenus. Les partenaires de BirdLife sont impliqués dans l’Initiative africaine de restauration des paysages forestiers AFR100, qui vise à lutter contre la déforestation pour combattre le changement climatique tout en renforçant la sécurité alimentaire et en améliorant les moyens de subsistance des communautés locales.
À Mount Bero, en Guinée, et à Rusizi, au Rwanda, plus de 2 000 hectares de terres forestières dégradées restaurées par les communautés améliorent la productivité des sols, renforcent la résilience climatique et élargissent les opportunités de revenus liés aux arbres. Au Burkina Faso, une initiative intitulée Oiseaux, abeilles et affaires (BBB) a promu l’utilisation durable des produits forestiers non ligneux (PFNL) et l’apiculture, devenant ainsi une source de revenus stable pour les communautés locales. Cela démontre en outre que l’exploitation durable des PFNL peut ouvrir une voie vers le développement économique, tout en améliorant l’accès aux ressources naturelles et en favorisant les efforts de conservation.
Une collaboration étroite avec les communautés locales, gardiennes de ces forêts, est un élément essentiel de ce travail. Dans les forêts guinéennes d’Afrique de l’Ouest, BirdLife et ses partenaires ont abouti au renforcement de la protection de 15 zones clés pour la biodiversité (ZCB) ; plus de 500 000 hectares de forêts sous gestion améliorée ; et au renforcement des capacités de 25 organisations de la société civile (OSC) locales en matière de gestion forestière durable. Au Libéria et en Sierra Leone, BirdLife travaille avec les communautés locales pour promouvoir l’écotourisme comme stratégie de conservation des 370 000 hectares de la forêt de Gola, qui s’étend sur la Sierra Leone et le Libéria, améliorant ainsi les moyens de subsistance des communautés locales tout en renforçant la conservation. De plus, nous travaillons avec le secteur privé pour promouvoir des chaînes de valeur vertes et un approvisionnement responsable en produits agricoles afin de soutenir la restauration des paysages et les moyens de subsistance des petits exploitants.
Ces initiatives de protection et de conservation des forêts ne sont pas des points d’arrivée, mais des preuves concrètes : elles démontrent ce qui est possible lorsque l’investissement, l’innovation et le leadership communautaire convergent autour de la nature. En cette Journée internationale des forêts, alors que nous célébrons les innombrables façons dont les forêts alimentent les économies, il est nécessaire d’opérer un changement de mentalité : passer d’une vision des forêts comme ressource à épuiser pour des gains à court terme à une valorisation de celles-ci en tant qu’actifs fondamentaux qui génèrent des rendements durables : sécurité alimentaire, emplois, résilience climatique et patrimoine culturel.
Avec les bonnes politiques, les financements appropriés et des partenariats solides, les économies fondées sur les forêts peuvent devenir des moteurs d’un développement économique résilient, inclusif et durable à travers l’Afrique. En cette Journée internationale des forêts, engageons-nous à faire des économies forestières une réalité : pour les populations, pour la nature et pour la postérité.
L’auteur est coordinateur du programme Forêts en Afrique chez BirdLife International
Email : [email protected]
L’article Les forêts sont indispensables, protégeons-les (Par George Ilebo) est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
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