Le père de la fille « violée » par des médecins témoigne : « la famille de Patrice m’a proposé de l’argent »

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Comme annoncé précédemment, une jeune fille de 25 ans accuse deux médecins de viol suivi de grossesse. Pour interrompre cette grossesse non désirée, les mêmes médecins lui ont fait subir une intervention chirurgicale, qui a été un véritable désastre pour la victime. Elle a perdu son utérus et a eu une fistule obstétricale. Ce jeudi, 14 octobre 2021, un journaliste de Guineematin.com a rencontré le père de la fille, qui est revenu sur cette dramatique histoire. Il a également révélé que la famille de l’un des médecins arrêtés a tenté de le corrompre pour régler l’affaire à l’amiable.

Au chevet de sa fille, qui est hospitalisée au CHU Ignace Deen de Conakry, le père de famille est partagé entre colère et inquiétude. Il se demande toujours comment des médecins, censés soigner sa fille, ont pu commettre des actes aussi ignobles. Selon lui, la jeune fille s’est rendue dans une clinique située à Entag, en haute banlieue de Conakry, pour un problème de tension. Malheureusement, le médecin qu’elle est allée voir, un certain Patrice, a profité de l’occasion pour la droguer et la violer. C’était le début d’une histoire qui allait bouleverser terriblement la vie de la victime.

En effet, explique-t-il, ce viol a été suivi de grossesse. Et lorsqu’il s’est rendu compte que la fille est tombée enceinte, le médecin décide d’interrompre la grossesse. Pendant les démarches en vue de faire l’avortement, Patrice la viole pour une deuxième fois, avant de lui demander d’aller voir un autre médecin, prénommé Célestin, qui en profite aussi pour abuser de la jeune fille. Après avoir « torturé » plusieurs fois la victime dans le but de la faire avorter, les deux médecins décident finalement de faire recours à la méthode radicale : la césarienne. Pour convaincre la famille d’accepter l’opération, ils lui font croire que la jeune fille a un kyste, nécessitant une intervention urgente.

« Ils ont appelé ma mère pour lui réclamer un montant de un million cinq cent mille francs guinéens (1 500 000 GNF) pour l’opération. Ma mère s’est débrouillée pour avoir un million (1 000 000) de francs, qu’elle a remis au médecin. Ils ont opéré ma fille, puis l’ont déposée chez moi. Cinq jours après, son état est devenu critique, je ne peux tout vous expliquer. J’ai tapé du poing sur la table en disant que s’ils n’envoient pas ma fille à l’hôpital, j’irai à la police. Ils nous ont rassurés et l’ont évacuée chez un autre médecin à Dabompa. Ce dernier l’a consultée et nous a dit que ceux qui l’ont opérée en premier ont fait mal le travail. 

Il nous a dit que maintenant, on ne va rien payer, ce sont ceux qui l’ont opérée en premier qui vont assurer les frais. Il a dit que s’ils ne payaient pas, il allait lui-même les traduire en justice. Cet autre médecin l’a opérée par deux fois, sans succès. Finalement, il a commencé à nous réclamer des poules soi-disant que ma fille est suivie par des sorciers et qu’il fallait faire des sacrifices. Quand il a dit ça, j’ai pété les plombs pour dire que je ne suis pas ici pour du fétichisme. Vu que l’état de ma fille ne s’améliorait pas, je lui ai demandé de l’envoyer à Ignace Deen. Il a alors remis ma fille aux médecins qui l’ont violée et a juré de ne plus la toucher », a expliqué le père de famille.

C’est ainsi que les deux médecins ont été obligés de transférer la jeune fille au CHU Ignace Deen. Mais là aussi, ils auraient utilisé leurs connaissances pour se couvrir. « Ma fille est arrivée à l’hôpital Ignace Deen, mais pas avec la bonne procédure. Célestin et Patrice ont contacté une de leurs amies qui est là, du nom de Dr Dialikatou, et son mari pour envoyer ma fille ici. Quand je suis venu demander qui s’occupe de ma fille, Dr Dialikatou m’a dit que c’est son mari. Je lui ai demandé si elle est au courant que ma fille a été violée et qu’on a tenté de lui faire avorter, elle n’a pas répondu. 

J’ai dit alors que je pars pour porter plainte. Dr Dialikatou a aussitôt appelé ses amis pour leur dire qu’ils n’ont qu’à rester à la maison, sinon ils vont être arrêtés. C’est depuis ça que les deux médecins : Célestin et Patrice se sont cachés. Après, je me suis rendu à la direction de l’hôpital pour leur dire que si les deux violeurs ne viennent pas, c’est Dialikatou et son époux qui seront les responsables de l’état de ma fille », a-t-il fait savoir, ajoutant que trois médecins impliqués dans cette affaire ont été arrêtés. Il s’agit de Patrice, l’un des présumés violeurs et les deux qui ont opéré la fille.

Malgré les soins reçus au CHU Ignace Deen, notre interlocuteur est toujours inquiet pour sa fille. Car, dit-il, son état est encore très grave. « Jusqu’à présent, ça ne va pas, elle n’arrive pas à faire ses besoins. Les selles ne sortent que par la partie vaginale. Actuellement, son corps est enflé, elle est couchée. Hier, la famille de Patrice m’a appelé pour qu’on se voie, ils m’ont proposé de l’argent. Mais je leur ai dit que pour le moment, ce que je réclame, c’est qu’on s’occupe de ma fille et qu’on lui rende justice. Les questions de dédommagement ou autre viendront après. Tout ce que je veux d’abord, c’est la santé et la justice pour ma fille », a dit le père de famille.

A noter que les trois médecins arrêtés sont détenus à la gendarmerie de Bellevue, en attendant la fin de l’enquête préliminaire. Quant au nommé Célestin, l’un des présumés violeurs, il reste introuvable.

Diarouga Aziz Balde pour Guineematin.com 

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