Le MEPU-A et le METFPE désormais fusionnés : le SNEFAG exprime ses attentes

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À la suite de la fusion du ministère de l’Enseignement Pré-Universitaire et de l’Alphabétisation (MEPU-A) avec celui de l’Enseignement Technique (METFPE), les acteurs de l’enseignement franco-arabe sont sortis de leur silence.

Représentant environ 25 % du système éducatif guinéen, ce secteur, « longtemps marginalisé » a formulé des attentes précises envers le futur ministre de ce département.

Par l’intermédiaire du secrétaire général du Syndicat national des enseignants franco-arabes de Guinée (SNEFAG), Docteur Ibrahima Mansaré, ces recommandations s’articulent autour de plusieurs axes stratégiques :

1. Justice éducative et fin de la « phobie » du profil

Le SNEFAG appelle à une réelle égalité des chances. Les lauréats du profil franco-arabe doivent bénéficier des mêmes privilèges que ceux de l’enseignement général, notamment l’accès aux bourses d’études et aux écoles d’excellence comme le Prytanée Militaire.

« Un lauréat est un mérite de la République, peu importe sa langue de composition », soutient le syndicat.

2. Renforcement des capacités et infrastructures

-Formation des maîtres : Le syndicat exige la réouverture effective des filières franco-arabes au sein des Écoles Normales d’Instituteurs (ENI), particulièrement à Kindia et Boké, pour pallier la pénurie d’enseignants qualifiés ;

-Investissement public : Face à la dominance du secteur privé et communautaire, l’État est invité à construire des établissements publics franco-arabes modernes dans chaque préfecture.

3. Réformes institutionnelles et pédagogiques

Direction Générale : La finalisation du projet de création d’une Direction Générale dédiée à l’enseignement franco-arabe est jugée cruciale pour un suivi pédagogique adapté.

Modernisation des programmes : Une révision des curricula est demandée pour garantir que les élèves soient compétitifs sur le marché de l’emploi francophone tout en préservant leur identité linguistique.

Outils didactiques : Le SNEFAG préconise la conception de nouveaux manuels scolaires de langue arabe, adaptés aux réalités socioculturelles guinéennes.

4. Situation sociale des enseignants

Le syndicat exige la régularisation du statut des enseignants contractuels communautaires arabophones du MEPU-A, leur intégration à la Fonction Publique et le paiement de leurs arriérés de salaires.

Pour le SNEFAG, le choix du prochain ministre sera déterminant. Le profil idéal doit répondre à quatre critères majeurs :

Un Technocrate de terrain : un cadre ayant gravi les échelons, capable de comprendre la réalité d’une salle de classe en zone rurale. Il devra mettre fin au capitalisme éducatif en rendant l’école publique plus attractive.

Un Visionnaire du numérique : un profil à l’aise avec la transition digitale (Smart Schools, Learning Passport) et l’intégration de l’Intelligence Artificielle dans l’apprentissage.

Un Diplomate social : un réformateur capable de maintenir un dialogue permanent avec l’intersyndicale (SNE, SLECG, SNEFAG) pour garantir la stabilité et éviter les années blanches.

Un promoteur de l’Enseignement Technique : le ministre devra réussir la révision des options du Baccalauréat et le déploiement des lycées techniques, y compris pour le profil franco-arabe, tout en renforçant les partenariats Public-Privé (PPP) pour la formation des jeunes filles, a-t-il martelé.

Alhassane Fofana

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