La communauté internationale face à la transition dans un pays failli: cas de la Guinée

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Auteur : Youssouf Sylla, analyste.

La rupture dans la marche constitutionnelle d’un pays, lui-même membre de la communauté internationale interpelle forcément celle-ci. Elle se retrouve alors placée entre l’obligation d’appliquer rigoureusement les principes qui la guident et qui sous-tendent son existence d’une part, et la nécessité d’adaptation de ces principes à la situation de chaque pays en crise d’autre part. Il y a des cas ou l’application rigoureuse des principes est nécessaire pour dissuader tout candidat à une éventuelle déconstruction constitutionnelle par la force et des cas ou l’adaptabilité des principes est nécessaire pour extraire une population à bout de souffle des mains d’une extrordinaire dérive autoritaire, comme ce fût le cas en Guinée, le 5 septembre 2021. Ainsi, lorsqu’elle est interpellée pour résoudre une crise constitutionnelle dans un pays, la communauté internationale doit au préalable  déterminer  « le contexte pays » avant de déployer l’une ou l’autre approche de solution qui convient.

Le « Contexte pays » de la Guinée

Historiquement, la Guinée est caractérisée par une longue tradition d’exercice autoritaire du pouvoir politique qui a favorisé au fil du temps, la main mise d’une oligarchie sur les ressources publiques, la vassalisation de la justice par le pouvoir exécutif et l’érection de l’impunité des violations massives des droits humains en une indérogeable tradition républicaine. Au lieu de renverser cette tendance, le dernier régime n’a fait que la renforcer. Ainsi, le 5 septembre 2021, c’est bien un Etat défaillant que le CNRD prenait en charge.

En trois mois d’exercice de pouvoir, les autorités de la transition ont réussi à présenter aux guinéens un Etat rassembleur, leur donnant l’opportunité de définir les contours de leur destin commun. Le gouvernement mis en place est en quelque sorte le reflet du paysage socio politique du pays et la jeunesse, longtemps mise de côté est appelée à jouer un rôle de premier plan dans la vie publique. La lutte contre l’impunité s’organise par la mise en place de juridictions spécialisées. De nombreux autres chantiers, comme la mise en place de l’organe qui sera investi du pouvoir législatif, attendent d’être ouverts. Bref, une nouvelle Guinée est en gestation.

L’approche internationale qui sied à ce « contexte pays« 

Entre l’approche axée sur l’application rigoureuse des principes et l’approche axée sur l’adaptation des principes, c’est bien la seconde approche qui convient à la situation actuelle de la Guinée. Il ne sert à rien pour la communauté internationale, représentée par la CEDEAO en Afrique de l’ouest, de brusquer le processus de la transition politique en Guinée. Elle doit plutôt accompagner avec une vigilance accrue cette transition à l’intérieur d’un délai raisonnable consensuellement défini par les forces vives du pays qui comprennent mieux que quiconque les défis à relever. En cette période critique de l’histoire de la Guinée, la CEDEAO doit se montrer comme un allié sûr, en mettant son expertise technique au service des nouvelles autorités dans le cadre de la réalisation des objectifs de la Charte de la transition. Elle doit enfin par une action diplomatique décisive rallier la  communauté internationale à la cause d’une transition pacifique en Guinée.

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