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À l’occasion des obsèques organisées, ce dimanche 19 avril 2026, au Palais du Peuple, en hommage à Elhadj Mamadou Sylla, homme d’affaires prospère et acteur politique guinéen, de nombreuses personnalités de premier plan se sont fortement mobilisées pour saluer la mémoire du défunt.
La cérémonie funéraire a été marquée par un moment solennel de recueillement, ponctué de prières et de témoignages retraçant le parcours d’un homme reconnu pour son engagement constant envers l’État guinéen et pour son attachement à ses proches.
Tour à tour, les intervenants, entre autres sa famille biologique et politique, des responsables du gouvernement et du Conseil national de la transition, du patronat guinéen, du monde des écrivains ainsi que de son cercle de connaissances, ont unanimement salué un homme au service de ses concitoyens, décrit comme un rassembleur et un acteur profondément dévoué à la cause nationale.
Dans son témoignage, l’ancien responsable Naby Youssouf Kiridi Bangoura a profité de son temps de parole pour mettre en lumière un épisode méconnu du grand public : la mise à disposition de son stock de fusils de chasse et de munitions au profit de l’État, en pleine crise sécuritaire au début des années 2000, alors que le pays était attaqué à divers endroits, notamment au sud.
Revenant sur ses premières rencontres avec le défunt, dans un contexte particulièrement critique pour la Guinée, l’ancien ministre a déclaré :
« J’ai connu l’honorable Mamadou Sylla en 2000, je crois le 14 septembre 2000. Le contexte était le suivant : notre pays, la Guinée, avait été attaqué à ses frontières sud, à Pamalap, à Madina-Oula, à Fasankoni et à Nongoa. Les quatre points le même jour, le 1er septembre, et des témoins aînés sont là. L’État était dans une situation paradoxale. Après l’intervention de l’armée guinéenne à Bissau en 1999, nous n’avions pas beaucoup d’armes et nous n’avions pas beaucoup de volontaires pour nous en donner, et les délais d’aide étaient de 30 à 60 jours. »
L’ancien secrétaire général à la présidence de la République de Guinée est également revenu sur la réquisition, par l’État, du stock d’armes et de munitions appartenant à Elhadj Mamadou Sylla afin de faire face à la rébellion de 2000.
« Le général Lansana Conté, qui présidait le Conseil de défense et de sécurité, a appelé un certain nombre de cadres auprès de lui pour l’aider à gérer la partie civile de l’organisation. Je crois que le Premier ministre Souaré, à l’époque chef de cabinet du ministère de l’Économie et des Finances, y était, et moi-même en tant que chef de cabinet du ministère de l’Intérieur. C’est le commissaire Amadou Camara, conseiller à la sécurité du président de la République, qui nous a amené Mamadou Sylla, qui avait à l’époque un stock de fusils de chasse et de munitions en cours de dédouanement. L’État avait réquisitionné ce matériel pour le distribuer aux comités villageois de défense. Donc, on avait créé dans chaque localité frontalière des comités villageois de défense. »
Par ailleurs, ce sociologue et écrivain a précisé que la principale préoccupation de l’homme d’affaires était de s’assurer de la légitimité de la décision.
« Donc, on a réquisitionné son matériel. Lui, tout ce qu’il demandait, c’était d’avoir l’assurance que c’est le président de la République qui avait donné l’ordre de réquisitionner sa marchandise. Amadou Camara, mon grand frère, m’a fait venir dans son bureau. On est allés ensemble voir le président Conté. Mamadou Sylla, c’est pour noter son intelligence, dit carrément au président Conté : “Vraiment, tout ce que vous voulez, prenez. Je veux juste me rassurer que c’est vous qui décidez d’utiliser ça pour la guerre. Moi, je n’ai pas de problème, vous payez quand vous voulez.” Cela a, je crois, marqué l’esprit du président. »
Enfin, Naby Youssouf Kiridi Bangoura a révélé qu’Elhadj Mamadou Sylla avait également pris le risque de s’endetter auprès des banques afin d’acquérir du matériel roulant destiné aux forces armées, dans un contexte de grande incertitude.
« Quand il s’est agi, et que mon frère Souaré me permet de le citer encore, de s’équiper, nous avons pensé avec nos économistes qu’il fallait créer deux structures qui allaient faire l’interface entre l’État et le marché des armes. C’était donc Katex Internationale pour l’acquisition d’hélicoptères en Ukraine, et Futurelec, avec des attributions étendues pour acheter du matériel roulant pour les militaires. Ce monsieur a pris le risque, en période de guerre, de s’endetter auprès des banques avec une simple garantie de l’État pour importer à son nom du matériel. En cas d’échec de la défense du territoire national, c’est lui qui aurait payé cette dette », a-t-il raconté.
Mamadou Yaya Barry & Robert Kourouma
L’article Kiridi évoque la réquisition du stock de fusils de chasse et de munitions de Sylla “Patronat” face à la rébellion de 2000 en Guinée est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
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