Kindia : 143 destins scolaires suspendus aux caprices du ciel

il y a 2 heures 12
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Agée de 7 ans, une élève interpelle : « Nous sommes des enfants. Certains parcourent de longues distances pour étudier ici. Nous demandons l’aide des autorités. »

À 45 kilomètres de Kindia, le village de Köneya semble oublié des cartes scolaires. Ici, le « temple du savoir » n’est qu’un simple hangar. Dans cette localité enclavée, 143 enfants, dont 70 filles, tentent de construire leur avenir dans une précarité qui défie l’entendement.

Un calvaire au rythme des saisons

Faute de murs, les élèves sont livrés aux éléments : chaleur étouffante, nuages de poussière et, dès les premières pluies, l’arrêt brutal des cours. Cette discontinuité pédagogique condamne les enfants à une éducation au rabais, malgré leur soif d’apprendre.

Les parents, conscients que l’école est l’unique levier de désenclavement, ne cachent plus leur détresse. « Étudier sous un hangar n’est pas normal. Nous n’avons pas eu la chance d’aller à l’école, mais nous voulons cette opportunité pour nos enfants », plaide Yamoussa Camara, un habitant. Leur doléance est précise : la construction de six salles de classe pour offrir un cadre digne à la future génération.

Car le tableau est d’autant plus sombre que le ratio d’encadrement est critique. Amadou Baïlo Bah, enseignant communautaire, porte à lui seul le poids de cette école depuis trois ans. « Je suis l’unique enseignant pour 143 élèves. J’enseigne le matin et le soir », confie-t-il. Sa rémunération, précaire, dépend uniquement de la solidarité des parents.

Même les plus jeunes mesurent la dureté de leur condition. Agée de 7 ans, une élève interpelle : « Nous sommes des enfants. Certains parcourent de longues distances pour étudier ici. Nous demandons l’aide des autorités. »

Alors que le pays affiche sa volonté de moderniser son système éducatif, Köneya fait figure de zone d’ombre.

À Köneya, l’avenir ne tient qu’à quelques poteaux de bois et une toiture de fortune. Sans une intervention urgente, le droit fondamental à l’éducation restera, pour ces 143 enfants, une promesse envolée par le vent de la brousse.

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