Kankan : la prière musulmane en maninka au cœur d’une conférence-débat

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Nanfo Ismaël Diaby, chroniqueur islamique et promoteur de l’écriture N’ko

Est-il normal de faire la salat (prière) dans la langue maninka (N’ko) ? La question était au centre d’une conférence-débat qui s’est tenue ce vendredi, 25 juin 2021, à Kankan. Elle a été organisée par l’association des sages de N’ko, vent debout contre la décision de l’imam Ismaël Nanfo Diaby et ses partisans de prier dans leur langue maternelle. Avec ses arguments, le conférencier a cherché à démontrer qu’il n’est pas permis à un musulman de faire la salat (prière) dans une langue autre que l’arabe, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Kankan.

Depuis que l’imam Ismaël Nanfo Diaby a commencé à promouvoir la prière musulmane en maninka (N’ko), les promoteurs de l’écriture N’ko sont divisés. Il y a un camp qui soutient l’imam controversé et ses disciples et un autre qui s’oppose catégoriquement à leur démarche. Et c’est dans ce dernier groupe que l’on retrouve l’association des sages de N’ko. Après avoir fait une déclaration pour désavouer le camp de Nanfo Diaby, cette organisation a décidé d’organiser une conférence-débat autour de cette question. Une occasion pour elle d’expliquer aux participants pourquoi il ne faut pas faire la salat dans la langue N’ko.

Daouda Kalil Konaté, conférencier

« Nous avons invité les gens à apprendre le N’ko et à le vulgariser. Mais nous avons aussi expliqué aux participants qu’il n’est pas bien de prier dans une langue autre que l’arabe parce que cela amène la division entre les musulmans. Dieu a fait descendre le coran en arabe, on ne peut pas traduire avec exactitude les versets dans une autre langue et s’attendre à ce que la prière soit acceptée. Nous avons aussi apporté des preuves montrant que la prière n’est pas autorisée dans une langue qui ne soit pas l’arabe. Nous avons souvent demandé des débats avec l’autre côté, mais ils ont toujours refusé », a dit le conférencier Daouda Kalil Konaté.

Djiba Sidibé, coordinateur régional des associations islamiques

Cette démarche de l’association des sages de N’ko est vivement saluée par Djiba Sidibé, coordinateur régional des associations islamiques de Kankan, l’un des participants à cette conférence. « Au sortir de cette conférence, nous avons été convaincu par des preuves palpables qui montrent qu’il n’est pas permis de prier dans une autre langue que l’arabe. Le savant Souleymane Kanté, l’inventeur de l’écriture N’ko, n’a jamais écrit ou dit de prier en N’ko. Il a toujours dit de prier comme le prophète Mohamed (PSL) le faisait. Il y a des preuves même qui montrent cela. Il y a une partie du coran que lui-même a traduit, c’est écrit en N’ko mais le son sonne en arabe », a-t-il indiqué.

Selon nos informations, l’association des sages de N’ko souhaite avoir un débat qui sera médiatisé avec les promoteurs de la prière en N’ko. Reste à savoir si le camp de l’imam Ismaël Nanfo Diaby acceptera cette invitation.

De Kankan, Abdoulaye N’koya YLLA pour Guineematin.com

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