Interview : Halimatou Soumah nous présente sa maison de mode ‘’Limah Fashion’’

il y a 2 mois 117
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Du au haut de ses 21 ans, Halimatou Soumah est une jeune fille au teint ébène, étudiante en 3ème année architecture à l’Institut Supérieur d’Architecture et d’Urbanisme de Guinée. Elle est fondatrice et gérante de Limah Fashion, une maison de mode située au quatrième étage d’un immeuble qui abrite les bureaux de l’Atelier Solidaire à la Belle Vue.  

Dans sa boutique spécialisée dans la création et vente des habits et accessoires à base du textile africain, on trouve des chemises, des robes, des pulls, des bonnets…  Assise derrière sa machine à coudre, sourire sur les lèvres, cette jeune fille exerce son métier avec amour et détermination. Dans cet entretien qu’elle nous a accordé, Halima nous parle de sa passion, la particularité de sa maison de mode, de son entreprise qu’elle tient à cœur et laisse un message à toutes personnes qui aspirent au métier de la mode.

                           

D’où est venue l’idée de créer votre maison de mode ?

La mode c’est quelque chose qui me passionne, l’art en général c’est ma passion, c’est pourquoi mon choix même dans l’architecture. Donc j’ai pratiqué cela depuis la 7ème année où j’ai commencé par faire la couture d’abord. J’ai mon oncle qui est un grand couturier, qui travaillait pour la CBG. Avec lui j’ai appris pleins de choses et j’ai trouvé ma passion, j’ai trouvé ce que j’aimais faire. Après je me suis dit : pourquoi pas le faire ? Parce qu’on ne peut pas que compter sur ce qu’on fait comme études. Si parallèlement aux études, on peut faire quelque chose qui nous plaît aussi, tant mieux.

Parlez-nous de votre entreprise Limah Fashion.

Limah Fashion ce n’est pas qu’une boutique de vente de vêtement, c’est d’abord une maison, une école parce que le projet c’est de faire justement une école. Et à l’école de mode, il y a plusieurs filières.

Ce n’est pas que la couture mais aussi la teinture, le modélisme et le stylisme. Ce sont des domaines qu’on étudie pas ici. Pourtant chez les autres, c’est une opportunité, on n’est pas forcé de faire les cours. On peut choisir de s’orienter par exemple dans les filières de mode artisanale et dans le domaine du textile.

Donc Limah c’est une partie du projet AGUIMO qui est une académie de mode que je projette de créer, avec la mode et l’artisanat. Le but final c’est concilier les arts en fait, l’architecture et la mode, et montrer aux gens qu’il y a un lien direct entre ces deux domaines. En même temps, nous formons des jeunes qui sont inspirés par la mode.

Dites-nous la particularité de votre maison de mode.

La particularité de ce que moi je fais : l’architecture et en même temps la mode, ce sont deux arts. Bon je pense que les autres certes in’ont pas eu la chance de faire des écoles de mode, mais dans ce que je fais, l’architecture est directement liée à la mode.

En fait c’est en faisant l’architecture que j’ai trouvé que je n’allais pas abandonner la mode. Il y a aussi les couleurs que j’étudie : je fais la combinaison des couleurs. Pour le bâtiment il faut la combinaison des couleurs, c’est pareil pour le textile.

Que pensez-vous de la mode en Guinée ?

La mode en Guinée, ce n’est pas quelque chose comme chez les autres. Par exemple en France, on sait comment ils se comportent avec la mode et comment les guinéens se comportent avec la mode. Donc il faudrait que nous les stylistes, les acteurs de la mode puissions mettre ensemble des efforts pour que la mode trouve sa place dans le développement. Parce que la culture guinéenne est très riche, il faut la valoriser et on a nos textiles qui sont notre identité. Parce que moi personnellement le pagne guinéen m’inspire et m’a bercé depuis l’enfance. Actuellement on est fiers d’être habillés en textile guinéen, partir dans des cérémonies, alors qu’avant c’était un complexe pour les gens de s’habiller en textile. Aujourd’hui on a l’avènement de plusieurs stylistes en Guinée…

Un message à toutes les personnes désireuses de se lancer dans la mode ?

D’abord c’est l’engagement. C’est la première chose qu’on rencontre quand on clique sur mon profil. Je dis que l’engagement c’est la plus grande arme que puisse posséder un leader. Il faut avoir l’engagement de pouvoir changer quelque chose, de pouvoir apporter quelque chose de positif dans un domaine particulier….

Il faut que les jeunes retiennent qu’il n’est jamais trop tôt pour commencer quelque chose. Moi j’ai commencé à faire la couture à 11 ans.

Kadiatou Baldé

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