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Au petit matin du 26 janvier 2026, un incendie d’une extrême violence s’est déclaré dans un atelier de menuiserie en bois à Kagbélén, dans la préfecture de Dubréka. Selon la presse locale, le sinistre a causé la mort de plusieurs enfants et fait de nombreux blessés graves.
Ce drame, profondément bouleversant, rappelle avec force une réalité trop longtemps ignorée : la Guinée continue de payer un lourd tribut à l’absence de réglementation structurée en matière de sécurité incendie.
Au-delà de l’émotion légitime, ce nouvel incendie doit être analysé comme un signal d’alerte national appelant une réponse institutionnelle forte, durable et cohérente.
Des drames à répétition, un même constat
L’incendie de Kagbélén n’est malheureusement pas un cas isolé. Ces dernières années, des ateliers de menuiserie, garages automobiles, marchés, entrepôts artisanaux et dépôts informels ont régulièrement été ravagés par les flammes à travers le pays.
À chaque sinistre, les mêmes causes structurelles apparaissent :
Cette répétition tragique révèle une vérité incontestable : la Guinée souffre moins d’un déficit d’intervention que d’un déficit de prévention.
Les ateliers de menuiserie : des établissements à risques particuliers
Les ateliers de menuiserie figurent parmi les activités présentant les risques incendie les plus élevés, en raison notamment :
À l’échelle internationale, les poussières de bois sont reconnues comme potentiellement explosives, capables de provoquer un embrasement généralisé en quelques secondes lorsqu’aucune mesure de prévention n’est mise en œuvre.
Sans encadrement réglementaire strict, ces ateliers deviennent de véritables foyers de danger, souvent implantés au cœur des zones d’habitation.
Dans les pays disposant d’une politique publique structurée de sécurité incendie, ces risques sont encadrés par des textes clairs et contraignants.
En France, par exemple, les ateliers de menuiserie sont soumis :
Ces textes imposent notamment :
Ces exigences ne sont pas accessoires : elles constituent le fondement même de la prévention incendie moderne.
Reconnaître les avancées historiques déjà engagées
Toute analyse honnête impose de reconnaître les progrès majeurs réalisés ces dernières années.
Sous le leadership du Président de la République, Son Excellence Mamadi DOUMBOUYA, la Protection civile guinéenne a bénéficié d’investissements sans précédent.
Jamais dans l’histoire du pays :
Ces efforts traduisent une volonté politique claire : renforcer la capacité de réponse de l’État face aux catastrophes.
Mais l’équipement seul ne permet pas d’éviter les drames
L’expérience internationale est sans équivoque :
Autrement dit, les machines éteignent le feu, les textes réglementaires empêchent qu’il ne se déclare.
Sans cadre juridique clair, même les investissements les plus importants produisent un impact limité.
Une opportunité historique pour le Chef de l’État
En complétant les investissements matériels déjà réalisés par une réforme profonde du cadre réglementaire, la Guinée pourrait franchir un tournant historique.
Doter le pays :
permettrait de structurer durablement la prévention sur l’ensemble du territoire national.
Une telle réforme placerait la Guinée parmi les États africains pionniers en matière de protection civile moderne.
Si le Président Mamadi DOUMBOUYA réussit cette transformation institutionnelle, il laissera une empreinte durable dans l’histoire de la Guinée et de l’Afrique, en érigeant la protection de la vie humaine en pilier central de l’action publique.
Réglementer, contrôler, former : le triptyque indispensable
Toute politique efficace de sécurité incendie repose sur trois piliers indissociables :
Sans ce triptyque, les incendies continueront d’endeuiller les familles guinéennes.
Faire de la prévention un héritage national
Le drame de Kagbélén doit marquer un tournant. Il ne s’agit plus seulement d’intervenir après les catastrophes, mais de prévenir avant qu’elles ne surviennent.
Prévenir, c’est gouverner. Réglementer, c’est protéger.Anticiper, c’est sauver des vies.
Mohamed KOUYATÉ, Expert en sécurité incendie et spécialiste en Changements institutionnels, risques et vulnérabilité sociale
L’article Incendie de Kagbélén : pour que la prévention devienne enfin une politique publique nationale (Par Mohamed Kouyaté) est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
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