Fusion MEPU-A – METFP: l’analyse de Michel Pépé Balamou du SNE

il y a 2 heures 11
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La refondation de l’école guinéenne exige des réformes structurelles endogènes axées sur l’environnement des apprentissages, l’adaptation de nos programmes d’enseignement à nos réalités mais aussi et surtout aux aspirations des élèves et aux exigences du monde du Travail.

La fusion du Ministère de l’Enseignement Pré-universitaire et de l’Alphabétisation (MEPU-A) avec celui de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle n’est pas une surprise pour les spécialistes et analystes des questions de l’éducation.

En revisitant le passé, nous nous rendons compte de l’existence des programmes idéologiques axés sur la création et l’opérationnalisation   des Collèges d’enseignement rural (CER) qui faisaient des élèves, dès le collège   des agents de développement.

Le contexte des années 60 est certes différent de celui des années  2000 , mais il est nécessaire  de s’inspirer  du passé  pour bâtir l’école  du  présent  et du futur.  Cela ne doit pas être un simple slogan  mais des efforts  de réflexions et d’actions   sur le terrain.

 Cela passe par ​une réforme structurelle vers la professionnalisation avec à la clé  un double  objectif  :

  • Valoriser l’enseignement technique en transformant  ces centres, non plus en  écoles de la seconde chance pour élèves en difficulté, mais en véritables filières d’excellence choisies dès le collège.
  • Créer des passerelles technologiques en mettant en place des lycées techniques et technologiques préparant à des baccalauréats spécialisés ( baccalauréats technique,  scientifique,  professionnel  et industriel).

 Les admis seraient directement orientés vers des cycles d’études supérieures professionnalisantes (de type Bac+2 ou Bac+3).

Ainsi , on arrivera à rompre  avec le cycle  des échecs  et les  écoles techniques ne seront plus le réceptacle de ceux ayant échoué au BEPC ou au Baccalauréat général.

Il nous faut dès lors créer des :

  • écoles professionnelles  post- primaires  dans lesquelles nous ferons  la promotion  des compétences  pré- professionnelles  et introduire  chez les collégiens  des notions  concrètes  du  monde du travail;
  • savoir-faire techniques par l’initiation des élèves  aux arts plastiques,  à l’économie  domestique ou à  des ateliers  manuels  selon les options et les filières.

À  cela , il faut ajouter l’esprit  d’entreprise par la prise  des initiatives et le montage des projets  et la citoyenneté  afin qu’ils puissent comprendre le fonctionnement  des institutions  et les droits /devoirs  d’un citoyen.

 Cependant,  le MEPU-A  qui est considéré  comme le Ministère des examens nationaux et qui pense actuellement à l’organisation des ateliers préparatoires des examens nationaux  et la fermeture  de la plate-forme d’inscription des candidats  au mois de janvier,  cinq mois avant la tenue  des examens nationaux   pourra-t-il être à la hauteur des attentes qui ont prévalu  à cette fusion ?

​​Le scepticisme reste permis au regard du passé. L’échec de la diversification des filières au lycée (passage des trois options classiques aux séries scientifique et littéraire) est un précédent alarmant :

  • les programmes n’ont pas évolué.
  • les enseignants n’ont pas été formés.
  • le matériel didactique est resté inadapté.

​Si un département a peiné pendant 15 ans à diversifier les filières du lycée, saura-t-il piloter la création complexe de lycées technologiques et scientifiques ?

​​Contrairement aux critiques, cette fusion n’est pas démesurée. En 2007, le gouvernement de consensus disposait déjà d’un ministère unique pour l’Éducation et la Recherche. De plus, les chiffres du recensement FUGAS montrent que le secteur pèse 47 % de la fonction publique (42 % pour le MEPU-A  , 3 % pour l’Enseignement supérieur et seulement 2 % pour l’Enseignement technique) . Intégrer ces 2 % est techniquement réalisable.

​Pour garantir le succès de cette transition, trois  conditions sont essentielles :

  • Un pilotage spécifique : créer un Secrétariat d’État chargé de l’Enseignement Technique sous la tutelle du nouveau ministère.
  • Un leadership fort : nommer des cadres compétents ;
  • allouer des moyens financiers conséquents aux structures déconcentrées.

​Enfin, notons que le périmètre a été clarifié : le volet Emploi est désormais rattaché à la Protection Sociale, et l’Innovation rejoint le Ministère de la Communication. Cette spécialisation permet au nouveau pôle éducatif de se consacrer exclusivement à sa mission première : la formation d’une jeunesse qualifiée.

Pépé Michel Balamou

SG SNE

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