Fusion entre le MEPUA et le METFPE : Pour le SNE, cette fusion s’inscrit dans une démarche de co-construction…

il y a 2 heures 14
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En proie à d’interminables crises, le ministère de l’Enseignement Pré-Universitaire et de l’Alphabétisation (MEPU-A) a été fusionné avec celui de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle (METFPE).

Cette nouvelle architecture gouvernementale est diversement appréciée par les acteurs du secteur de l’éducation.

Michel Pépé Balamou, secrétaire général du Syndicat National de l’Éducation (SNE), a accepté de livrer une analyse approfondie de cette mutation. Pour lui, ce regroupement de deux piliers du système éducatif n’est pas une surprise. Selon lui, le SNE avait même porté cette proposition lors de la Journée Mondiale de l’Éducation, le 24 janvier dernier.

D’après le syndicaliste, cette fusion s’inscrit dans une démarche de co-construction visant à promouvoir un système axé sur les métiers de l’enseignement fondamental du primaire à la 10ème année. L’objectif est double :

– Valoriser l’enseignement technique : Transformer ces centres de formation pour qu’ils ne soient plus perçus comme des écoles de la seconde chance pour élèves en difficulté, mais comme de véritables filières d’excellence choisies dès le collège.

– Créer des passerelles technologiques : Mettre en place des lycées techniques préparant à des baccalauréats spécialisés, permettant aux admis d’être orientés directement vers des cycles d’études supérieures professionnalisantes (Bac+2 ou Bac+3).

À son entendement, l’avantage majeur de cette fusion réside dans un changement de paradigme : les écoles techniques ne seront plus le réceptacle par défaut de ceux ayant échoué au BEPC ou au Baccalauréat général.

Parallèlement, le MEPU-A que Michel Pépé Balamou décrivait comme s’étant mué au fil du temps en un simple ministère des examens, pourra enfin se recentrer sur la qualité des apprentissages. La finalité ne sera plus la simple admission, souvent suivie de redoublements coûteux pour l’État, mais d’acquisition réelle de compétences.

Malgré cet optimisme, le scepticisme reste permis. L’échec de la diversification des filières au lycée (passage des trois options classiques aux séries scientifiques et littéraires) constitue un précédent alarmant. Le syndicaliste a tenu à rappeler les causes de cet échec que sont : Des programmes figés ; Un manque de formation des enseignants ; Un matériel didactique inadapté.

« Si un département a peiné pendant 15 ans à diversifier les filières du lycée, saura-t-il piloter la création complexe de lycées technologiques et scientifiques ? », s’interroge le leader syndical.

Contrairement aux critiques pointant une structure trop lourde, le SNE estime que cette fusion est techniquement réalisable. En 2007, le pays disposait déjà d’un ministère unique pour l’Éducation et la Recherche. De plus, les chiffres du recensement FUGAS révèlent que le secteur pèse 47 % de la fonction publique (42 % pour le MEPU-A contre seulement 2 % pour le METFPE) : l’intégration de ces 2 % est donc largement gérable.

Pour ainsi garantir le succès de cette transition, deux conditions sont jugées essentielles pour Michel Pépé Balamou.

Dune part un pilotage spécifique : La création d’un Secrétariat d’État chargé de l’Enseignement Technique sous la tutelle du nouveau ministère.

D’autre part un leadership fort : La nomination de cadres compétents et l’allocation de moyens financiers conséquents aux structures déconcentrées.

Enfin, le leader syndical note avec satisfaction que le périmètre a été clarifié. Le volet emploi est désormais rattaché à la protection sociale, et l’innovation rejoint le ministère de la communication. Cette spécialisation doit permettre au nouveau pôle éducatif de se consacrer exclusivement à sa mission première, à savoir la formation d’une jeunesse qualifiée.

Alhassane Fofana

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