Foniké Mengué : “le combat n’est pas fini, nous allons continuer à lutter pour la démocratie” (Interview)

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Libéré en début de semaine par la junte, Oumar Sylla alias Foniké Manguê qui a passé plus d’un an à la maison centrale de Conakry, s’est exprimé sur ses attentes de la part du CNDR.

Dans cette interview accordée à notre rédaction ce jeudi 9 septembre, le chargé à la mobilisation du front, autrefois opposé à toute modification de la constitution en Guinée, est revenu la poursuite du combat par le FNDC.

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Mosaiqueguinee.com : Comment avez-vous appris ce coup d’État qui a renversé le président Alpha Condé ?

Foniké : J’étais à l’hôpital Ignace Deen quand j’ai entendu des coups de feu et je suis sorti au niveau du balcon et j’ai compris ce qui se passait. Mais je ne pensais pas à un coup d’État, mais plutôt à une mutinerie. C’est quand j’ai vu colonel Doumbouya que j’ai compris que le coup d’Etat a été consommé. Il a pris un sacré courage et il a montré qu’il est un militaire républicain. À chaque fois, je conseillais monsieur Alpha Condé à travers ma page Facebook, en lui disant que notre combat n’est pas contre sa personne mais de principe d’alternance démocratique. Je lui avais dit qu’il avait une chance de rentrer par la grande porte de l’histoire et saisir l’opportunité. Certains ont voulu me corrompre en faisant beaucoup de propositions, mais j’ai toujours refusé.

Qu’est-ce que vous attendez de la junte dirigée par le colonel Mamadi Doumbouya ?

Nous rendons grâce à Dieu qui a libéré le pays. Je suis fier de lui et j’attends qu’il soit le Rawlins de la Guinée. Il n’a qu’à savoir, il a un grand rôle à jouer pour le pays. Aujourd’hui, lui il n’appartient plus aux forces spéciales mais, il appartient à la Guinée. Il doit faire beaucoup attention, être à l’écoute de tous les conseillers et d’être ouvert. Mais surtout d’être juste et être là pour son peuple. Colonel Doumbouya doit savoir s’il est là aujourd’hui, c’est parce que le peuple le veut.

Comment vous vous sentez aujourd’hui, après avoir passé une année en prison ?

Je suis content de retrouver ma famille, mes proches, camarades et tous ceux qui m’ont soutenu. Les conditions de détention sont difficiles et la prison en tant que tel n’est pas facile. Mais c’est ça aussi la vie, il y a des hauts et des bas.

Quel sera désormais le combat FNDC, maintenant que la transition est entamée ?

Le combat n’est pas fini, il ne fait que commencer. Le combat continue et nous allons toujours continuer à défendre la démocratie. Même si notre combat contre le troisième mandat d’Alpha a abouti. La victoire a renversé le mensonge. Le troisième mandat était une malédiction pour la Guinée. On espère qu’il ne sera plus une question de troisième mandat en Guinée. Nous espérons que cela soit fini.

Est-ce que vous êtes prêts à faire partir du gouvernement de transition qui sera mis en place ?

Cette question reviendra au FNDC. En ce moment même, ils sont en train de travailler sur beaucoup de questions et au moment venu, vous allez le savoir. Moi je ne suis pas bien portant, il va falloir que je parte me soigner. Les médecins ne voulaient pas me libérer, ils m’ont dit de ne faire aucun effort. J’attends que mes camarades qui sont en exil reviennent.

Que va devenir Foniké Menguê ?

Fonikè Menguê restera ce jeune qui va se battre pour son pays. Parce que même en prison je dis qu’aucun sacrifice n’est de trop pour sa patrie. Le prophète Mohamed (psl) avait dit que le patriotisme est une forme d’adoration de Dieu, donc je me battrai pour la patrie et à défendre les valeurs de la République, ça au prix de ma vie. Car sans cela, ma vie n’a pas de sens.

Quel message avez-vous à l’endroit de la jeunesse ?

Il faut qu’on mette toujours l’intérêt du pays au-dessus et non l’intérêt des partis politiques ou organisations de la société civile. Je demande à la jeunesse guinéenne de se lever, c’est maintenant ou jamais. Il faut que la jeunesse évite la manipulation des partis politiques.

Interview réalisée par Aïssata Barry

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