Être ministre, ce n’est ni un jeu, ni du business, c’est une grande responsabilité ! [Tribune]

il y a 2 heures 12
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Être ministre, ce n’est ni un jeu, ni du business, c’est une grande responsabilité ! [Tribune]

On a tellement banalisé la fonction de ministre en Guinée qu’on en est arrivé à croire que n’importe qui peut y prétendre, pourvu qu’il ait quelques actions à son actif, très visibles sur les réseaux sociaux, même si leur impact réel est faible. On aime brûler les étapes et viser le sommet alors que la base n’est pas solide.

Depuis la fin de l’élection présidentielle, chacun y va de ses affinités et de ses analyses pour plébisciter des personnes qu’il estime être les profils idéaux pour tel ou tel ministère. À les entendre, on croirait que tout le monde peut être ministre.

Peu de gens ont malheureusement la lucidité et le courage de dire non, alors même qu’ils savent pertinemment ne pas avoir le background nécessaire. Tout simplement parce qu’au-delà des enjeux du poste, c’est devenu l’un des moyens d’enrichissement les plus faciles et les plus rapides. Et plus malheureusement encore, notre entourage nous y encouragera, tant pis si on y laissera notre honneur.

La manière de gouverner, qui consiste à confier de hautes fonctions à des personnes qui n’en ont ni les compétences ni les aptitudes requises, a fini par faire croire qu’être ministre est un jeu. Or il n’en est rien. Être ministre, c’est être un agent du pouvoir gouvernemental chargé de prendre des décisions stratégiques d’envergure nationale et internationale. C’est un niveau de responsabilité qui exige des aptitudes intellectuelles, techniques, humaines et managériales considérables… et, dans certains cas, une réelle expertise.

Je me demande donc sérieusement comment quelqu’un qui n’a jamais rien géré de sa vie, pas même un petit poulailler, peut prétendre diriger un ministère.

La Guinée n’est pas encore un pays pleinement accompli dont le développement relèverait du simple confort. Notre besoin de développement est vital, et ce n’est pas avec la médiocrité que nous y parviendrons. Nous avons besoin d’hommes et de femmes dont les parcours et les expériences ne souffrent d’aucun tâtonnement. Il est temps de sortir de ce mode de fonctionnement gouvernemental fondé sur le calcul et la récompense politique.

Notre génération est pressée : pressée de tout avoir, et très vite, tout en rechignant face aux exigences que cela suppose. Pressée d’atteindre le sommet en sautant les étapes. Mais à quoi bon, si c’est pour y aller et échouer lamentablement, alors qu’on pourrait prendre le temps de s’outiller convenablement ?

Jeunes, prenons garde à l’imposture, à la facilité et à la médiocrité. Acceptons d’apprendre, de consolider nos compétences et de travailler de manière sérieuse et rigoureuse. Chacun peut, à son échelle et dans la limite de ses facultés, contribuer au développement du pays tout en renfonçant ses capacités. Les grandes responsabilités viennent avec le travail et la persévérance : voilà le vrai mérite.

J’espère de tout cœur que le président et le premier ministre privilégieront le mérite et l’expérience à la place de la récompense politique. Il faut absolument rompre avec la médiocrité et l’amateurisme au sommet de l’Etat. Il faut y exiger l’excellence et la rigueur.

Toullaye Diallo

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