Et si la Guinée n’avait obtenu son indépendance que le 5 septembre 2021

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Colonel Mamadi Doumbouya, président de la Transition

Trois mois se sont écoulés depuis la chute du régime d’Alpha Condé et l’avènement du comité national pour le rassemblement et le développement au pouvoir. Quatre-vingt-dix jours au cours desquels le nouvel homme fort de la Guinée a montré aux Guinéens que vouloir c’est pourvoir.

Dire que le 5 septembre 2021 est la date de la véritable indépendance de la Guinée ne relève ni de la démagogie ni de culte de personnalité. Les faits sont là pour attester cette assertion. Même si, comme M. Alpha Condé, le colonel Mamadi Doumbouya est revenu de l’extérieur pour diriger la Guinée, il semble mieux connaitre la Guinée que son prédécesseur. Ou plus exactement les maux dont souffre la Guinée. L’homme est en train de prouver au monde entier que c’est moins les diplômes qui comptent que le patriotisme.

Le premier acte fort posé par le président de la transition fut celui d’arracher le pouvoir entre les mains d’un pouvoir qui était au sommet de sa puissance sans effusion de sang. Sans pillages. Dès les premières heures de la prise du pouvoir, le nouveau chef, connaissant parfaitement les pratiques peu catholiques de certains soldats indélicats, a mis en garde ces derniers contre toute tentation de pillages et de règlement de comptes. Dans les jours qui ont suivi les brebis galeuses ont été sévèrement sanctionnées. Ce fut le tout premier succès du nouveau pouvoir.

Le deuxième acte fort fut la démilitarisation de la capitale avec à la clé le démantèlement des PA sur l’axe Hamdalaye Kagbelen que les uns qualifiaient de l’axe de mal et les autres de l’axe de la démocratie. Le départ de ce symbole de troisième mandat et ses corolaires de répression n’a pas empêché le soleil de se lever à l’est pour se coucher à l’ouest. Après ce démantèlement un nostalgique du système renversé, déplorant ce démantèlement, indique que même à Paris l’armée est déployée dans les rues au besoin. Argument balayé d’un revers de la main par un autre qui dénonce un amalgame. Rappelant au militant déguisé l’affaire d’Alexandre Benalla. Lequel Benalla a failli faire basculer l’Elysée pour avoir simplement malmène un manifestant.

Le troisième acte posé par le CNRD est aussi celui de rétablir un droit élémentaire du citoyen, avec à la clé, la levée de l’interdiction de sortie du territoire injustement imposée à certains citoyens qui ne font l’objet d’aucune procédure judiciaire. Mais aussi et surtout le retour au bercail d’autres, qui étaient jusqu’ici contraints à un exil forcé. Les cas les plus illustratifs sont ceux de deux anciens présidents de la transition. Moussa Dadis Camara et Sékouba Konaté sont autorisés à revenir au pays, sans toutefois que cette volonté de décrisper la situation n’entrave la procédure en cours concernant les tristement célèbres massacres du 28 septembre 2009.

Le quatrième acte posé par le CNRD est une véritable révolution. C’est un acte qui ne laisse aucun observateur averti indifférent. Cette décision courageuse est relative à un autre démantèlement. Cette fois il s’agit de barrages routiers. Dont le plus tristement célèbre du KM 36 qui avait été déménagé à Kouriah. Présenté tous les temps et sous tous les régimes comme une sentinelle de la sécurité de capitale, ce barrage n’était rien d’autres qu’un lieu d’arnaque et de racket contre les pauvres citoyens. Désormais, et comme dans tous les pays civilisés, des équipes de terrain sont postées le long de la route pour assurer la sécurité des usagers.

Ces équipes devront redorer le blason de la Guinée en mettant fin à cette pratique guinéenne qui consiste à percher plusieurs passagers sur le porte-bagage. Il faut noter que même des petits pays comme la Gambie ou la Guinée Bissau la surcharge est formellement interdite. Les citoyens de ce pays se marrent quand ils voient les taxis en provenance de la Guinée et qui sont bourrés comme une boite de sardine. L’Etat guinéen pourrait exiger, en contrepartie de la fin des tracasseries et de racket, l’arrêt définitif de la surcharge. Jusqu’ici les taximen avaient comme excuse pour justifier cette pratique les frais élevés qu’ils payent sur la route.

L’autre chantier ouvert par le CNRD est le démantèlement du réseau fameux de la Fonction publique. Ce département était devenu comme une entreprise privée où le plus offrant avait pris le dessus sur le plus méritant. Il aura fallu le colonel Doumbouya pour avoir l’audace et la témérité de démanteler ce système mafieux où certains salariés sont morts, d’autres sont en aventure à l’étranger et d’autres encore travaillent dans le privé. Sans compter les militants qui ignorent le B.A=BA.

Il est inutile de dire que l’auteur d’un bilan aussi élogieux que pharaonique doit avoir des ennemis. Le colonel en est conscient. Mais il sait aussi qu’il n’y a pas de comparaison possible entre une minorité mécontente et qui a appartient à l’élite corrompue et l’écrasante majorité de la population guinéenne qui pousse un ouf de soulagement. C’est pourquoi il devra concilier deux choses : baliser le chemin de la construction d’un véritable Etat de droit et de la démocratie et mettre en place une transition dont durée n’excède pas deux ans.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

Téléphone 664 27 27 47

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