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Désemparée et plongée dans une extrême précarité depuis plus de deux ans, dame Fatoumata Fofana, enseignante à l’école primaire publique Maman Henriette Conté, située à la Cimenterie, fait partie de cette vaste cohorte d’enseignants dont les salaires sont bloqués depuis 2023.
Malgré de multiples dénonciations et des remontées d’informations auprès des autorités compétentes, ces enseignants continuent de souffrir, déplorant ce qu’ils qualifient d’indifférence totale des pouvoirs publics.
Une mère de famille à bout de souffle
Mère de quatre enfants et abandonnée par son époux, cette enseignante vit dans un dénuement total. Locataire, elle est sommée depuis plusieurs mois de libérer son logement pour non-paiement. Elle a déjà reçu plusieurs préavis d’expulsion. Pour survivre et subvenir à ses besoins les plus élémentaires, elle dépend de la générosité de certains parents d’élèves et de proches.
Malgré cette situation dramatique, elle n’a pas abandonné le chemin de l’école. Ponctuelle et dévouée, elle se distingue par son courage et son souci de former les enfants de Guinée. Chaque matin, elle doit débourser des frais de transport pour rejoindre son établissement, situé loin de son domicile. Un engagement dont témoignent les responsables de l’école où elle officie.
Aujourd’hui, face à l’aggravation de sa situation, cette fonctionnaire ne réclame qu’une chose : le rétablissement de ses droits à travers le déblocage de son salaire.
« Mon cœur saigne » : Le cri du cœur d’une enseignante
Rencontrée dans sa classe de CM2, dame Fatoumata, bien que déboussolée, reste fidèle à son poste. Interrogée sur son sort, elle n’a pu retenir ses larmes.
« Je ne sais même pas par où commencer. Mon cœur saigne. Ce n’est pas seulement à cause de l’abandon de mon mari, mais parce que je me retrouve seule avec mes enfants. Je travaille depuis deux ans sans salaire, mais je continue de venir. Si j’abandonne ces élèves, j’aurais trop de peine. Certains viennent même me voir chez moi. Parfois, si je ne suis pas là, c’est simplement que je n’ai pas eu les frais de transport. Je refuse de les abandonner comme on nous a abandonnés », confie-t-elle.
Les raisons du blocage : Un recensement biométrique manqué
Selon ses explications, le blocage de son salaire est lié à l’opération de recensement biométrique initiée par la fonction publique. À l’époque, elle se trouvait au chevet de sa mère convalescente à Forécariah.
« C’est à cause du recensement. Ce jour-là, j’étais auprès de ma maman qui était gravement malade. Les recenseurs sont passés et je n’ai pas pu me faire enregistrer. Depuis, mon salaire est bloqué. J’ai pourtant entrepris de nombreuses démarches au ministère et au FUGAS, sans succès jusqu’à présent », explique-t-elle.
Si elle a fini par réussir à se faire enrôler ultérieurement, la situation administrative reste au point mort. Interrogée sur les explications fournies par les autorités, elle reste prudente.
« Vous savez, c’est la Guinée, on ne peut pas tout dire au risque de se créer des problèmes », a-t-elle lâché.
Un appel à l’aide avant le Ramadan
À l’approche du mois de Ramadan, l’inquiétude grandit. Son concessionnaire l’a de nouveau interpellée la semaine dernière pour le paiement des arriérés de loyer.
« Ce que je demande aux autorités, c’est d’avoir pitié de nous, les mères de famille. Aidez-nous à débloquer nos salaires. C’est humiliant pour une enseignante de devoir demander à manger à ses amis après avoir travaillé. C’est une honte pour moi, mais je n’ai plus d’autre choix », a-t-elle martelé.
Alhassane Fofana
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il y a 2 heures
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