Échec des négociations éducatives : une grève illimitée déclenchée à partir du 1er décembre

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Il est 0h35 au ministère de la Fonction publique, à Kaloum. Après plus de treize heures de discussions marquées par de longues interruptions et des tensions croissantes, les négociations entre le gouvernement et l’intersyndicale de l’éducation n’ont finalement pas abouti.

À l’issue de cette nuit de pourparlers, l’intersyndicale a annoncé le déclenchement d’une grève générale et illimitée sur toute l’étendue du territoire national à compter du lundi 1er décembre 2025.

Dans son avis de grève, signé le 27 novembre 2025, l’intersyndicale rappelle une série d’éléments ayant conduit à cette décision :

« Considérant le dépôt du mémorandum du 1er septembre 2025 ;

Considérant la décision issue de l’Assemblée générale extraordinaire de l’intersyndicale du 1er novembre 2025 tenue au siège du SLEG ;

Considérant le préavis de grève du 5 novembre 2025 ;

Considérant la négligence du gouvernement à accéder aux revendications légitimes des enseignantes et enseignants de Guinée ;

Considérant la lenteur de la partie gouvernementale, qui a retardé la signature du statut particulier ;

Considérant la décision issue de l’Assemblée générale extraordinaire de l’intersyndicale du 27 novembre 2025, tenue dans la salle du congrès de la Bourse du travail ;

L’intersyndicale de l’éducation décide du déclenchement d’une grève générale et illimitée à partir du lundi 1er décembre 2025 sur toute l’étendue du territoire national.

L’intersyndicale invite les enseignantes et enseignants de Guinée au respect du mot d’ordre de grève jusqu’à la satisfaction des différents points de revendication. »

Face à la presse, le porte-parole Aboubacar Diesto Camara est revenu sur un marathon de négociations marqué par de longues pauses :

« Nous sortons d’une négociation. Vous constatez qu’il est déjà 0h. Nous avons commencé à 11h28, alors qu’il était prévu de démarrer à 10h. À un moment donné, il a fallu surmonter plusieurs obstacles pour accéder à la salle. Une fois entrés, de 11h jusqu’à maintenant, nous avons enregistré six pauses. Certaines ont duré jusqu’à 2h01, d’autres 54 minutes, d’autres encore 112 minutes.

Malgré tout cela, nous avons fait preuve de bonne foi pour poursuivre les discussions dans l’intérêt des enseignantes et enseignants de Guinée. Mais nous avons également constaté qu’à partir de 22h–23h, le gouvernement a affiché une attitude qui ne nous a pas plu. »

Aboubacar Diesto Camara a également évoqué le retrait du SNAESURS, qui, selon lui, a quitté la salle après des désaccords liés à leur invitation officielle et à l’intégration de certains éléments dans le statut particulier :

« Nous avons vu que nos camarades du SNAESURS ont demandé à se retirer de la salle, après avoir consacré des jours à l’intégration des éléments restants dans le statut particulier. Ils ont commencé par dire qu’ils n’avaient pas été officiellement invités autour de la table par un courrier express. Ils ont également formulé des demandes transversales à l’ensemble du secteur éducatif. Cependant, nous avons constaté, au grand dam de tous, que le SNAESURS s’est retiré sans un mot de la part de la partie gouvernementale. »

À cela s’ajoutent des propositions gouvernementales jugées insuffisantes :

« À partir de 23h, le gouvernement a proposé 5 % d’augmentation sur l’ensemble des primes, ce qui représentait environ 70 000 francs guinéens. Lorsque nous avons rejeté cette proposition, la partie gouvernementale s’est retirée, puis est revenue avec une nouvelle proposition de 10 %, soit environ 193 000 francs guinéens. Nous avons estimé que la bonne foi n’était toujours pas au rendez-vous. Il a fallu attendre 0h pour que le gouvernement nous demande de patienter jusqu’à lundi afin que les ministres concernés rejoignent la table des négociations. Pour nous, il ne s’agissait que d’une manœuvre dilatoire et superfétatoire. L’intersyndicale refuse de se prêter à ce jeu et décide de déclencher une grève générale et illimitée sur toute l’étendue du territoire national. Ce mandat nous a été donné par les enseignantes et enseignants lors de l’Assemblée générale. Je vous remercie. »

Malgré la rupture des négociations, l’intersyndicale se dit toujours disposée à poursuivre le dialogue :

« On peut négocier même pendant la grève. Et lorsque la grève est déclenchée, si la partie gouvernementale fait preuve de bonne foi, il n’y a aucune raison pour que l’intersyndicale ne revienne pas autour de la table. En période de guerre, on peut toujours négocier la paix. C’est de cela qu’il s’agit. »

La grève générale et illimitée prend donc effet ce lundi, laissant planer de fortes incertitudes sur le fonctionnement des écoles à travers le pays, en attendant une éventuelle reprise des discussions.

Mayi Cissé

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