Droits des femmes : Elite Mining Guinée lance la réflexion sur l’égalité de genre dans le secteur minier

il y a 2 heures 12
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La société Elite Mining Guinée a célébré en différé la Journée internationale des droits des femmes ce lundi à Kaloum, sous le thème : « Droits, Justice, Action pour toutes les femmes et les filles ».

À travers un panel et des échanges réunissant responsables de l’entreprise et actrices de la société civile, la rencontre a permis d’aborder la place des femmes dans le secteur minier, leurs droits ainsi que les défis liés à leur promotion et à leur protection dans leur domaine d’intervention.

Prenant la parole à cette occasion, le directeur de la mine et de la géologie d’Elite Mining Guinée, Kallo Lousseny, a rappelé l’engagement de l’entreprise en faveur de la promotion des compétences nationales et de l’inclusion des femmes.
« Elite Mining Guinée, c’est une société de droit guinéen qui contribue au développement de notre pays et des Guinéens. Vous pouvez facilement remarquer que l’ensemble des travailleurs sont des Guinéens, à commencer par moi qui suis Guinéen », a-t-il indiqué.

Selon lui, la célébration du 8 mars constitue un moment de rappel des responsabilités collectives en matière d’égalité et de promotion des femmes dans le monde du travail.

« C’est un jour qui nous rappelle nos responsabilités, notamment celle de prôner la promotion des femmes dans notre société, l’équité et de leur offrir des conditions de travail avec une inclusion totale. Il ne s’agit pas de les favoriser, mais de les promouvoir et de reconnaître les efforts qu’elles fournissent dans le développement du secteur minier, surtout chez nous à Elite Mining », a-t-il souligné.

Il a également insisté sur la présence croissante des femmes à des postes stratégiques au sein de l’entreprise. « Dans des postes clés, nous avons des femmes. Nous avons deux surintendantes : la surintendante des ressources humaines et la surintendante du camp service. Nous avons aussi des femmes au niveau de la logistique, de la santé et de la sécurité. Tout cela montre que nous pouvons promouvoir ces femmes et encourager nos filles et sœurs à postuler dans ce secteur autrefois considéré comme réservé aux hommes », a-t-il expliqué.

Pour lui, les sociétés minières ont un rôle à jouer dans l’encouragement des candidatures féminines.

« Quand nous lançons des appels à candidatures, nous demandons que les femmes postulent davantage. Dès qu’elles répondent aux critères, elles sont les premières à être présélectionnées avant de passer au test. Nous allons continuer à promouvoir les femmes chez nous. Elles sont les bienvenues. Les conditions de travail dans les mines ne sont pas faciles, mais je travaille avec des femmes ingénieures géologues et des ingénieures mines qui se démarquent par leur courage et leur dévouement », a-t-il affirmé.

Le panel organisé pour l’occasion a également permis de débattre des défis structurels liés à l’intégration des femmes dans l’industrie minière guinéenne. La rencontre a réuni des spécialistes des questions minières, des responsables de l’entreprise ainsi que des actrices engagées sur les questions de genre, afin d’échanger autour des enjeux liés à la promotion et à la protection des femmes dans ce secteur stratégique.

Experte genre et militante féministe guinéenne, Oumou Kairi Diallo a salué l’initiative tout en appelant à une prise en compte plus structurée de la dimension genre dans les politiques minières.

« Nous avons exploré les droits des femmes dans le secteur minier. La question centrale a été de savoir comment se porte l’environnement minier guinéen sur les questions de protection et de promotion des droits des jeunes filles. Il faut noter qu’il existe plusieurs manquements dans le code minier guinéen. Il n’y a aucune disposition qui parle du genre et qui prend en compte cette dimension », a-t-elle déclaré.

Pour la militante, cette absence constitue une faiblesse importante des politiques publiques dans le domaine. « C’est une grande défaillance des politiques minières. En tant que militantes et actrices de la société civile, nous plaidons auprès de l’État pour que ces entreprises et institutions minières puissent se reconnaître à travers des conventions nationales qui prennent en compte la dimension genre et facilitent l’intégration et l’ascension des jeunes femmes dans ce milieu », a-t-elle insisté.

Elle a également évoqué les obstacles sociaux et éducatifs auxquels les jeunes filles sont confrontées, tout en attirant l’attention sur les risques de violences basées sur le genre dans certaines zones minières :

« Si j’avais voulu faire carrière dans les mines, je n’aurais peut-être jamais eu cette possibilité, parce que l’école se trouve à Boké et moi je vis à Conakry. Socialement, mes parents ne m’auraient jamais permis d’aller vivre seule là-bas pour mes études. Pourquoi l’école de formation en mines est-elle seulement à Boké alors que la Guinée est un pays à fort potentiel minier ? Ces questions doivent être repensées pour permettre aux jeunes femmes d’accéder à ces opportunités[..]Les zones minières sont souvent des zones à forte prévalence de violences basées sur le genre. Il faut renforcer les mécanismes de protection pour que les jeunes filles ne soient pas des victimes de l’exploitation minière, mais qu’elles soient les premières bénéficiaires de ses retombées économiques », a-t-elle plaidé.

De son côté, la surintendante des ressources humaines d’Elite Mining Guinée, M’mah Soumah, a salué la richesse des échanges issus du panel.

« Ce panel a été très enrichissant. Contrairement à ce qui se fait d’habitude, nous avons eu un panel avec un monsieur et deux dames qui nous ont apporté beaucoup de solutions pour faire face aux problématiques de discrimination des femmes dans les mines, non seulement pour les femmes employées, mais aussi pour celles impactées par les projets miniers au sein des communautés », a-t-elle expliqué.

Elle a assuré que les recommandations issues de ces discussions seront prises en compte par l’entreprise.

« Nous avons pris des notes et nous comptons revenir l’année prochaine avec des résultats, en nous disant que nous avons réussi notre pari et respecté les engagements qui ont été pris », a-t-elle promis.
La responsable RH a également souligné la nécessité d’actions concrètes pour accompagner les femmes dans les zones minières.
« Les plaidoyers des féministes demandent l’implication de l’État, mais aussi celle des entreprises minières, non pas seulement à travers des actions de communication, mais en mettant en place de véritables initiatives pour protéger les femmes et accompagner celles qui souhaitent intégrer ces entreprises », a-t-elle ajouté.

Selon elle, l’entreprise reste attentive aux enjeux de protection et de prévention.
« Depuis 2019, Elite Mining existe et je n’ai pas encore eu vent d’un cas où une femme a été victime. Peut-être que cela existe, mais cela ne nous a pas été remonté. Notre base vie est récente et nos employés sont encore peu nombreux, une cinquantaine qui font des rotations. Mais ce qui a été dit aujourd’hui nous a mis la puce à l’oreille pour mettre en place des mesures préventives afin d’éviter que ces cas ne surviennent », a-t-elle conclu.
À travers cette célébration en différé du 8 mars, Elite Mining Guinée affirme ainsi sa volonté de promouvoir l’inclusion féminine et de contribuer au débat sur la place des femmes dans l’industrie minière guinéenne.

Mayi Cissé

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