Dramane Dédé Diawara : “Ahmed Sékou Touré n’a jamais dissous un parti en Guinée”

il y a 1 heur 12
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Passionné par l’histoire de la Guinée et polémiste confirmé, Dramane Dédé Diawara lit sans relâche et parcourt le monde pour nourrir ses recherches. Sur Facebook, il plonge ses lecteurs dans un passé souvent méconnu, toujours étayé par des preuves rigoureuses et incontestables. Chaque affirmation qu’il avance est minutieusement documentée. Il offre également à ses détracteurs l’opportunité d’exprimer leurs observations, sans jamais céder aux préjugés communautaires. Dans son dernier écrit, il revisite une fable longtemps répétée : le président Ahmed Sékou Touré aurait dissous les partis politiques pour instaurer le parti-État. Lisez !

1- ) Ahmed Sékou Touré n’a jamais dissous un parti en Guinée.

2-) Le Bloc africain de Guinée (BAG) et la Démocratie socialiste de Guinée (DSG) n’ont jamais été interdits, ni dissous. Ils sont morts de leur propre mort après 1958.

3-) Le parti unique n’a jamais été imposé aux Guinéens, il s’est imposé de lui-même. Il n’y a pas eu d’acte administratif pour dire qu’un parti unique est décrété en Guinée. Pour preuve, aucun Guinéen ne s’est désigné comme candidat à la première élection présidentielle de Guinée, en janvier 1961. Or, les responsables du BAG et de la DSG étaient en fonction.

4-) Le parti unique a précédé le Parti-État. Ce sont les circonstances du parti unique qui ont donné le Parti-État. À défaut de lire et de comprendre les tomes du PDG, vous pouvez vous référer aux contributions de Jean Suret-Canale pour comprendre l’évolution idéologique et institutionnelle de ce parti.

5- ) Le Parti-État, ce n’était pas seulement la suprématie d’un parti ou le culte autour de la figure du responsable suprême de la Révolution. Le Parti-État, c’était aussi les élections à tous les niveaux, des PRL (villages et quartiers), aux arrondissements, aux régions et dans les fédérations. Le Parti-État, c’était les élections à l’école, dans les corporations et les coopératives. Le Parti-État, c’était l’émulation entre les régions, les villes , les compétitions sportives, artistiques et culturelles, les quinzaines. Le Parti-État, c’était une abondante littérature, certes monolithique, mais diversement riche. Un foisonnement d’ingénieurs, de journalistes et hommes de culture de talent. Le Parti-État, c’était la conception des politiques publiques depuis la base vers le sommet, et non l’inverse. Le Parti-État, c’était la lutte contre les sociétés castées. Il n’y a jamais eu autant de mobilité sociale en Guinée que sous le régime du Parti-État. De fils paysan ou d’ouvrier, on pouvait se retrouver responsable de haut niveau , à l’échelon du parti ou de l’État.

On ne peut donc pas réduire l’histoire du Parti-État à la suprématie d’un chef et d’un parti ou aux dérives du PDG. Cest trop caricatural et cela reviendrait à simplifier à l’extrême la doxa du Parti-État. Pour rappel, la République populaire de Chine, citée en exemple par beaucoup de concitoyens et africains, a bel et bien un régime de Parti-État. Elle doit son évolution à cette stabilité institutionnelle.

L’on m’opposera que le modèle économique chinois est libéral. Ça ne l’est devenu que depuis Den Xiaoping, soit plus de 28 ans après la création de la République populaire de Chine par Mao Zedong. En revanche, la structure politique de la Chine est monolithique. À partir du début des années 1980, le PDG n’avait- il pas entamé un virage économique ? Les normes ont cessé d’exister en avril 1981 et le petit commerce était autorisé. Ahmed Sékou Touré avait commencé à faire de plus en plus appel à des capitaux étrangers, notamment de pays capitalistes. C’était la fin progressive de l’économie entièrement contrôlée par l’État. C’est cette transition nécessaire qui a brusquement été interrompue par le CMRN.

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