Dialogue inclusif annoncé ou la bouée de sauvetage face à l’océan de désespérance qui ne cesse d’engloutir nos légitimes espoirs ? (Tribune)

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Il faut qu’on se dise certaines vérités si on veut rendre véritablement service à notre patrie.

Notre pays la Guinée est en crise contrairement aux déclarations d’air de campagne qui nous sont servies ces derniers temps. Il n’est nullement besoin d’être charlatan pour appréhender l’inquiétude grandissante aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain. Je suis d’ailleurs mieux placé pour l’affirmer car il y’a plus d’un mois je suis en périple dans le pays profond et à l’écoute de mes concitoyens.

Cette crise va au delà d’un individu ou d’un groupuscule quelconque. La survie d’une nation en transition militaire passe par le dialogue permanent, l’unité nationale et requiert que du sommet à la base tous soient portés par le même combat et la même détermination pour un pays vertueusement gouverné, reconcilié avec lui même et apte à écrire de nouvelles pages de son histoire.

C’est face à cette situation que fut annoncée la tenue d’un Dialogue inclusif et sérieux comme nous l’avons toujours réclamé par le Premier ministre lors de son dernier point de presse le 20 juin dernier. cette nième messe comme nous en avons l’habitude qui, parce qu’il faut nécessairement faire quelque chose, apparaît dès lors comme la bouée de sauvetage à laquelle beaucoup veulent s’accrocher pour nourrir l’espoir face à l’océan de désespérance qui ne cesse d’engloutir nos légitimes espoirs.

En réalité, nous devons inéluctablement dialoguer pour trouver des solutions à nos problèmes et aplanir nos divergences, malheureusement certains pensent que le dialogue c’est pour in fine asseoir leur domination.

C’est pourquoi, le cadre de dialogue inclusif annoncé doit impérativement être un cadre sérieux, sincère et transparent car c’est l’ultime occasion à ne pas rater. Il ne doit pas être une instance de manipulation de l’opinion permettant au CNRD et son gouvernement qui sont critiqués pour la conduite unilatérale de la transition et des pratiques quasi-autoritaires de reprendre leur souffle. Non plus une instance qui tend à entériner les violations de la charte de la transition ainsi que des droits et libertés publiques.

Il doit surtout être l’occasion pour nous acteurs toutes tendances confondues, dans un sursaut ultime, de mutualiser les efforts et moyens pour faire face aux défis du moment.

Les guinéens sont donc en droit d’espérer de lui qu’il accouche de résolutions à la hauteur des enjeux qu’il n’est pas nécessaire pour moi de rappeler ici tant ils sont connus de tous.

En ce qui nous concerne à la Société Civile, nous attendons de ce dialogue en gestation une tribune d’écoute des uns et des autres, une tribune où chaque acteur guinéen se sent appartenir à la nation.

La Nation guinéenne doit se réconciliée avec elle-même, pour que les acteurs nationaux parlent le même langage et que l’unité nationale soit sauvegardée.

Notre pays est notre bien commun que nous devons préserver. Lutter pour son pays est un acte patriotique qui va au delà d’aimer ou détester un individu car les hommes passent et les nations demeurent.

Ensemble nous pouvons faire bouger les lignes.

Dorah Aboubacar KOITA

Juriste consultant et activiste de la Société Civile Guinéenne

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