Destruction des mangroves : un appel à l’action pour restaurer ces habitats côtiers

il y a 18 heures 23
PLACEZ VOS PRODUITS ICI

CONTACTEZ [email protected]

Les mangroves, ces écosystèmes côtiers vitaux, sont aujourd’hui confrontées à une menace de taille : leur destruction progressive porte gravement atteinte à la biodiversité marine et aux activités économiques liées à la pêche. Colonel à la retraite et ancien directeur national des eaux et forêts, Layali Camara met en lumière l’importance de cet écosystème, non seulement pour sa richesse biologique, mais aussi pour son rôle majeur dans la régulation du climat.

« La mangrove est un écosystème particulier, très fragile, et d’une importance capitale tant sur le plan écologique qu’économique », déclare le Colonel Layali Camara. Au-delà de son rôle en matière de biodiversité, la mangrove est aussi un atout contre le changement climatique : sa capacité à piéger le carbone est quatre fois plus grande que celle des écosystèmes terrestres, selon l’expert.

Malheureusement, cet écosystème précieux est de plus en plus menacé. « Aujourd’hui, la mangrove recule face à l’avancée de l’urbanisation et de l’industrie. Sa destruction par le fer, le feu et même la salinisation est devenue une réalité quotidienne », alerte l’expert. Selon lui, « il faut mettre en place des mesures et des sanctions strictes pour protéger ces habitats, des mesures qui existent sur le papier mais qui ne sont pas appliquées sur le terrain. »

En 1956, la superficie de la mangrove était estimée à 350 000 hectares. Aujourd’hui, elle a chuté à 250 000 hectares. Une diminution qui impacte directement les ressources halieutiques, entraînant une régression des stocks de poissons. Ces derniers, n’ayant plus de refuge adéquat, migrent vers des sites mieux adaptés. Le Colonel insiste : « Il est impératif de promouvoir une gestion rationnelle de cette ressource et de favoriser le reboisement des mangroves pour redonner à ces écosystèmes leur pleine fonction écologique. »

Pour lui, le recul de la mangrove est également lié à des activités industrielles, notamment celles des sociétés minières qui détruisent les mangroves lors de la construction de ports pour l’évacuation du minerai.

Face à cette situation inquiétante, le Colonel Layali Camara appelle à une véritable politique de protection et de gestion des mangroves, axée sur des actions concrètes telles que la restauration des sites dégradés et le reboisement. « La solution réside dans la mise en œuvre d’une politique de gestion durable, en concertation avec toutes les parties prenantes, afin d’assurer la protection et la régénération de cet écosystème fragile », ajoute-t-il.

Par ailleurs, il souligne l’importance de la concertation entre les différentes parties prenantes, qu’il s’agisse des autorités publiques, des industriels ou des communautés locales, pour éviter les conflits d’intérêts. « Il ne s’agit pas de tirer profit de la mangrove pour des intérêts particuliers, mais de comprendre son rôle écologique majeur, notamment en matière de séquestration du carbone », rappelle-t-il.

Afin d’assurer une protection efficace de la mangrove, le Colonel Camara plaide pour un contrôle rigoureux des activités industrielles et un suivi de l’application des lois et réglementations existantes. « Il faut que les mesures soient appliquées de manière stricte et sans distinction, pour garantir la préservation de ces habitats vitaux », conclut-il.

À l’heure où le changement climatique et la perte de biodiversité représentent des enjeux mondiaux, la mangrove se présente comme un rempart naturel face à ces défis. Cependant, sa survie dépend d’une action collective immédiate pour inverser sa dégradation et garantir un avenir durable pour nos écosystèmes marins et les communautés qui en dépendent.

Lire l'article en entier